Bien ancré dans le calendrier printanier d’Iqaluit, l’événement propose chaque année une programmation variée alliant traditions inuit, compétitions sportives et initiatives locales. L’an dernier, des concours de construction d’igloos, des courses de traîneaux à chiens, des soirées musicales ainsi qu’un bingo communautaire figuraient à l’horaire.
Certaines activités se démarquaient aussi par leur originalité, notamment un défilé de mode pour les aînés, dont les créations étaient réalisées à partir de sacs de poubelle. D’autres, comme des jeux-questionnaires pour les jeunes ou des portes ouvertes du service des incendies, venaient compléter l’offre déjà variée et accessible. Autant d’initiatives qui illustrent la créativité locale et l’implication de bénévoles et d’organismes de la communauté.
Du point de vue de la Ville d’Iqaluit, Toonik Tyme demeure avant tout un grand rendez-vous. « C’est un temps où la communauté se réunit pour célébrer la culture et l’identité inuit », souligne Geoffrey Byrne, gestionnaire des communications à la ville d’Iqaluit.
Une mobilisation bien réelle
Si le festival représente un moment rassembleur, il repose aussi sur une forte mobilisation sur le terrain. « Il était clair que les organisateurs étaient débordés l’an dernier. À partir de là, nous avons décidé de nous engager davantage pour redonner de l’élan à la course », explique Karen Flaherty, à l’origine d’une campagne de financement indépendante visant à soutenir la course de motoneige qui relie Iqaluit à Kimmirut.
Cette initiative, menée « par et pour les Inuit », illustre le rôle clé de l’engagement local dans l’organisation de certaines activités. La collecte commence d’ailleurs à porter ses fruits. Selon une publication Facebook récente, environ 50 000 $ ont été amassés jusqu’à présent pour la course, bien que les montants finaux restent à confirmer, certaines contributions étant encore attendues.
La participation à des événements implique aussi des coûts importants pour les communautés. À Pangnirtung, les familles de joueurs de hockey mineur sont appelées à débourser 200 $ par enfant afin de financer les billets d’avion vers Iqaluit.
En parallèle, l’appui de partenaires aide à alléger ces coûts, notamment par l’achat de nouveaux chandails en vue du tournoi.
Une programmation encore incertaine
Chaque année, des acteurs locaux contribuent à la programmation en mettant de l’avant leurs propres activités, ancrant ainsi le festival dans son milieu. Certaines initiatives ne sont toutefois pas reconduites d’une année à l’autre. C’est notamment le cas de l’organisme SmartICE, qui offrait l’an dernier une sortie sur la glace avec démonstrations d’équipement, et qui n’est pas de retour cette année.
De son côté, le groupe culturel Alianait, qui avait collaboré avec Toonik Tyme lors de la précédente édition pour présenter un concert, indique ne pas avoir été approché pour l’instant afin de prendre part à cette édition.
Les responsables du festival n’avaient pas répondu à nos demandes au moment de publier.
Malgré des informations encore limitées sur la programmation de cette année, Toonik Tyme continue de reposer sur une mobilisation essentielle de la communauté.