le Dimanche 3 mai 2026
le Mardi 28 avril 2026 10:53 Communauté

Décès de Louis Tapardjuk : le Nunavut perd une figure marquante

Louis Tapardjuk a consacré sa vie à la défense de la langue et de la culture inuit. — Courtoisie
Louis Tapardjuk a consacré sa vie à la défense de la langue et de la culture inuit.
Courtoisie

Le Nunavut est en deuil de l’un de ses élus de longue date. Louis Tapardjuk, ancien député et maire d’Igloolik, est décédé le 7 avril 2026 à l’âge de 73 ans. Il était reconnu pour son engagement envers la langue et la culture inuit.

Décès de Louis Tapardjuk : le Nunavut perd une figure marquante
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Originaire d’Igloolik, où il a grandi avant d’en devenir maire, Louis Tapardjuk est demeuré étroitement lié à sa communauté tout au long de sa carrière. Son parcours s’est inscrit à la fois dans la vie politique du territoire, notamment comme député de la circonscription d’Amittuq de 2004 à 2013, et dans la défense des intérêts inuit.  

L’ouvrage Fighting for Our Rights: The Life Story of Louis Tapardjuk, publié en 2016 par Nunavut Arctic College Media retrace son rôle dans le développement du Nunavut ainsi que son combat pour la reconnaissance des droits et la promotion de l’inuktut.

Au fil des années, Louis Tapardjuk s’est imposé comme une figure influente de la vie politique nunavummiut. Il a participé aux négociations ayant mené à la création du Nunavut, siégé à l’Assemblée législative et exercé plusieurs fonctions liées à la culture, à la langue et à la jeunesse.  

Il a également fait partie du conseil d’administration de la Qikiqtani Inuit Association (QIA). Plus récemment, il occupait la présidence de l’Inuit Uqausinginnik Taiguusiliuqtiit, l’organisme responsable de la promotion et de la protection de la langue inuit au Nunavut, poursuivant ainsi son action de longue date pour sa préservation et son rayonnement.

Un héritage salué à travers le territoire

Le Premier ministre du Nunavut, John Main, estime que les contributions de Louis Tapardjuk à la préservation de la langue et de la culture inuit « sont inégalées ». Il évoque notamment ses débuts à Igloolik, où il participait, pour la station de recherche, à la documentation du savoir et des traditions orales inuit, à une époque de profonds bouleversements pour les communautés.

Toujours selon le Premier ministre, cet engagement s’est poursuivi sur la scène politique, notamment dans la défense du droit à l’autodétermination et la promotion de la langue et des pratiques inuit au sein des institutions.

De son côté, la Qikiqtani Inuit Association (QIA) a souligné l’importance de son héritage, rappelant qu’il a consacré sa vie au service public et au renforcement de l’identité inuit. Son président, Olayuk Akesuk, a salué, par voie de communiqué, un leader « respecté et influent », dont l’attachement à sa communauté, à la langue et à la culture « continuera de guider les générations futures ».

Plusieurs figures publiques ont également tenu à rappeler l’empreinte durable qu’il laisse derrière lui.

L’ancien commissaire du Nunavut, Piita Irniq, qui l’a connu dès 1958, se souvient d’un homme « toujours engagé à aider les autres », et soucieux de faire une place à la culture et aux traditions inuit au sein du gouvernement. Il souligne qu’il a « joué un rôle majeur dans la construction du Nunavut ».

Sur les réseaux sociaux, l’ancien leader inuit Tagak Curley a, pour sa part, mis en lumière son attachement à la langue, rappelant qu’il s’exprimait uniquement en inuktut au sein du cabinet et répondait aux questions ainsi à l’Assemblée législative.

Son petit-fils, Randy Qattalik, évoque enfin un homme profondément engagé. « Mon grand-père était un ardent défenseur du progrès culturel des Inuit. Il incarnait les principes de l’Inuit Qaujimajatuqangit, notamment par sa sagesse, sa gentillesse et sa patience. Son dévouement est inspirant. Il nous manquera énormément ».