Le projet vise à permettre de « se connecter, apprendre et passer du temps ensemble ». L’objectif est aussi de renforcer le tissu local en proposant des activités et des événements adaptés.
Le précédent centre, l’un des plus anciens bâtiments de la collectivité, a été complètement détruit par un incendie en mai 2022. L’établissement abritait de nombreux services essentiels, dont des repas, des activités récréatives et un environnement sécuritaire où les jeunes pouvaient se retrouver après l’école.
La perte de cette infrastructure a entraîné des conséquences immédiates. « Sans le centre jeunesse, il n’y a vraiment pas grand-chose à faire dans la communauté », soulignait alors l’administration municipale à l’époque.
L’installation de Cambridge Bay permettait de se retrouver entre jeunes et de renforcer le lien communautaire.
Un vide à combler
Sous l’annonce publiée sur Facebook, plusieurs résidents ont salué l’initiative, soulignant le manque d’espaces sécuritaires pour les jeunes de la communauté.
D’autres ont toutefois exprimé des inquiétudes, évoquant des problèmes rencontrés dans le passé avec des installations semblables et appelant à des mesures pour assurer la durabilité du projet. Une aire de jeux intérieure, des espaces d’activités ou d’implication pour les adolescents ont été proposés comme idée à mettre en place.
À Cambridge Bay, les programmes jeunesse sont coordonnés par le service des modes de vie sains de la municipalité. « Nos activités ont lieu principalement à deux endroits. L’un à l’école secondaire, où nous avons accès à un gymnase, et l’autre dans un centre temporaire ouvert en soirée », explique Fred Muise, responsable de ces programmes à Cambridge Bay. Ce dernier accueille aujourd’hui entre 25 et 30 participants par jour, soit environ la moitié de la fréquentation de l’ancien établissement.
Pour le responsable, la création d’un centre permanent pourrait avoir un impact important dans la communauté :
« Ce sera un espace qui leur appartient, où ils peuvent grandir, développer leur confiance et tisser des liens », souligne-t-il. Un lieu qui permettrait aussi de regrouper les activités tout en renforçant le sentiment d’appartenance, afin que les jeunes se sentent « comme à la maison. »
Le futur bâtiment devrait être près de deux fois plus grand que l’ancien et offrir des espaces dédiés aux pratiques artistiques, culturelles et technologiques.
Un enjeu reconnu par le gouvernement
Au ministère des Services à la famille du Nunavut, Ann Lehman-Allison rappelle que les jeunes et les jeunes adultes représentent environ la moitié de la population. « S’assurer qu’ils ont accès à l’aide dont ils ont besoin est une priorité pour le ministère ».
Le Programme Youth Initiatives Funding accorde 2,4 millions de dollars annuellement pour soutenir des organismes communautaires qui offrent de l’accompagnement et des activités aux jeunes nunavummiut. « Ces initiatives renforcent la capacité locale à répondre aux réalités des personnes à risque et favorisent le bien-être des familles ».
Le soutien aux jeunes vulnérables et leur participation comme conseillers figurent aussi parmi les priorités identifiées dans le nouveau mandat Ikajuqtigiikta. Le projet du centre à venir, évalué à environ 6 millions de dollars, est financé par une combinaison de fonds municipaux, territoriaux et fédéraux, ainsi que par des contributions d’assurance et de la Kitikmeot Inuit Association (KIA).
Sa réalisation est attendue comme une réponse concrète à un manque exprimé depuis plusieurs années par la communauté.