La loi sur la santé mentale qui est actuellement utilisée au Nunavut a été adoptée à l’origine par les Territoires du Nord-Ouest en 1999 et comprend des dispositions qui remontent aux années 1960, ce qui ne reflète plus les pratiques ou les besoins uniques des communautés.
La nouvelle législation a été élaborée à la suite de vastes consultations auprès d’aînés, de personnes ayant une expérience vécue, d’organisations inuit, d’employés de première ligne ainsi que d’autres ministères comme celui de la Culture et du Patrimoine, afin de s’assurer qu’elle n’est pas seulement adaptée aux réalités du Nunavut, mais aussi, respectueuse de la culture et des traditions inuit.
Un système de santé « plus compatissant »
Les changements introduits comprennent notamment la mise sur pied de mesures d’intervention précoce qui placera l’accent sur la résolution des problèmes de santé mentale avant qu’ils ne s’aggravent; une plus grande implication familiale encourageant la collaboration des proches dans les décisions de soins et l’inclusion des méthodes inuit en matière de guérison.
Charmaine Deogracias, gestionnaire des communications au ministère de la Santé du Nunavut, affirme qu’en gardant les soins plus près du domicile, en reconnaissant le rôle des infirmières et en incluant des stratégies de prévention du suicide et de postvention, la loi appuie un système de santé mentale plus compatissant et plus efficace pour tous les Nunavummiut.
En juillet 2025, le gouvernement du Nunavut et Nunavut Tunngavik inc. (NTI) annonçaient une nouvelle crise du suicide sur le territoire, une déclaration qui avait également été réalisée 10 ans plus tôt. En réponse à ce défi, Charmaine Deogracias souligne que la réglementation à venir comprend des dispositions précises sur le sujet :
« Cela reflète le besoin urgent de s’attaquer à cet enjeu au Nunavut et encourage une approche plus proactive, empathique et coopérative en matière de bien-être psychologique. La loi reconnaît l’importance des stratégies fondées sur la culture et de la participation communautaire dans la prévention du suicide et le soutien aux familles et aux collectivités après un deuil. »
Contactés pour commenter sur la façon dont ce nouveau cadre pourra faire une différence notamment en ce qui a trait à l’intervention en situation de crise, NTI et Isaksimagit Inuusirmi Katujjiqatigiit Embrace Life Council n’avaient toujours pas effectué de retour au moment de mettre cet article sous presse.
Informer les communautés
Ayant débuté au cours du mois dernier et devant se conclure le 9 octobre 2025 à Iqaluit, les sessions d’information communautaires ont entre autres comme objectif, selon Charmaine Deogracias, de sensibiliser la population à la loi et à ses répercussions, à s’assurer que les Nunavummiut comprennent leurs droits et les services qui leur sont offerts et à promouvoir des traitements adaptés à la culture en harmonisant ce nouveau cadre avec l’Inuit Qaujimajatuqangit. « Ces séances constituent une étape importante dans l’établissement de la confiance, de la transparence et de la compréhension des soins de santé mentale au Nunavut ».
Pour le gouvernement, il s’agit d’une occasion de recueillir des commentaires qui peuvent éclairer la façon dont la réglementation est mise en œuvre dans la pratique : « Le ministère accorde une grande place à la voix des Nunavummiut et continuera de veiller à ce que l’esprit et l’intention de la loi reflètent les valeurs inuit et les besoins de la communauté ».