le Mercredi 29 mai 2024
le Mercredi 25 octobre 2023 14:30 | mis à jour le 8 mars 2024 14:35 Local

Laisser sa trace

  Crédit : Sophie Gariépy
Crédit : Sophie Gariépy
Pablo Picasso a déjà dit, en parlant de son art, qu’il n’essayait pas de reproduire la nature, mais plutôt de travailler comme elle. Lourd programme qui illustre bien l’abandon de soi requis pour pouvoir mettre en dessin, en musique, en sculpture ou autres sa sensibilité, ses idées, sa vision.

Antoine Gariépy est un nouvel artiste en résidence au Franco-Centre. Son art : les tatouages!

Crédit : Sophie Gariépy

Antoine Gariépy, nouvel artiste en résidence au Franco-Centre, est de ceux qui ressentent l’inspiration dans l’immensité naturelle de leur environnement. Et son art ne pique pas seulement la curiosité…

L’encre d’Antoine est assez polyvalente : il accepte toutes sortes de projets et s’adapte facilement aux goûts de ses clients.

Crédit : Gabrielle Poulin

L’art dans la peau

Antoine Gariépy tatoue depuis près de six ans. Cependant son parcours est parsemé d’expériences qui auraient pu l’amener vers des endroits complètement différents. Le tronc commun? L’art!

Musicien, il a fait partie d’un groupe métal puis enregistre maintenant ses compositions personnelles. Animateur, il a étudié en dessin animé puis en animation 3D, produisant au passage d’excellents courts-métrages disponibles au visionnement sur sa page personnelle.

Muraliste, graphiste, sa palette de talents impressionne, et d’aussi loin qu’il puisse se souvenir, il a toujours été reconnu comme celui qui dessinait, l’artiste en devenir ou plutôt, l’artiste depuis toujours.

Crédit : Courtoisie Antoine Gariépy

Lever l’encre

Gariépy semble loin des considérations matérielles, mais il demeure lucide : « Le tatouage est le seul art pour lequel les gens sont prêts à payer! » Il précise : « Parce que c’est sur eux autres… Ils vivent avec! »

Après plusieurs années entre Chibougamau, sa ville natale où se trouve son bureau de tatoueur, et Montréal, où il possède un appartement, il ressent le besoin de bouger. Libre, après tout, il est son propre patron, il choisit d’amener son gagne-pain sur la route.

Un tour du monde en tatouant? Rien d’impossible pour l’artiste qui en est à sa deuxième étape à Iqaluit après un arrêt de quelques semaines en Colombie-Britannique où il a tatoué des dizaines de travailleurs saisonniers d’origines diverses dans la vallée de l’Okanagan.

Ensuite? L’Asie du Sud-est l’intéresse. « Partout où tu vas, il y a des gens qui veulent se faire tatouer, je n’ai aucune inquiétude pour trouver de la clientèle! »

Un coup de pouce de son réseau

On n’arrive pas à Iqaluit par hasard! Antoine a bénéficié des contacts de sa sœur Sophie et de son conjoint Jason qui habitent la ville depuis plusieurs années. Il fut bien pris en charge :  appartement et voiture prêtée par des amis qui partaient pour le Sud quelques semaines, liste de clients potentiels trouvés par bouche-à-oreille, local prêté par le Franco-Centre, il n’est pas seul dans l’aventure.

Les premières semaines sont rassurantes, les clients sont au rendez-vous : « Trois-quatre par semaine avec de beaux projets de tatous, ça me suffit. Je n’ai pas de deadline, j’ai le goût d’expérimenter l’hiver aussi… »

Son expérience le démontre : « Quand je tatoue une personne, il y en a deux autres qui arrivent! » Cette courbe exponentielle pourra le garder occupé longtemps!

Et si on veut lui faire plaisir? « Je fais tout ce qu’on me demande ou presque, mais j’aime bien avoir carte blanche. » Ses intérêts sont variés : le fantastique, la mythologie, les créatures, les dragons, les anges déchus, tout ce qui est épique!