Il s’agit du premier service de transport en commun à Iqaluit depuis plus de 20 ans. Le service, opéré par l’entreprise IQ Transit Ltd., marque un retour attendu après l’abandon du précédent réseau municipal en 2004, en raison de coûts élevés et d’un faible achalandage.
Selon les informations publiées en ligne, le trajet actuel compte actuellement 14 arrêts « virtuels » sans signalisation officielle, obligeant les utilisateurs à se repérer à l’aide de photos. Comme ce service est assuré par le privé, le rôle de la Ville d’Iqaluit se limite à accompagner le projet, notamment en matière de permis et de soutien administratif.
Pour l’entreprise, ce système fonctionne bien pour les usagers, qui peuvent localiser les emplacements grâce à des photos de points de repère disponibles sur le site web et l’application. « Il s’agit d’une approche moderne du transport qui permet de garder notre service flexible et accessible », explique Jacinto Marques, fondateur et chef de la direction d’IQ Transit Ltd.
La compagnie travaille aussi à traduire les panneaux d’arrêt, les annonces et le site en ligne en inuktitut. Cette étape est jugée essentielle pour assurer l’accessibilité à l’ensemble de la population.
Des réactions partagées
Sur les réseaux sociaux, les réactions sont généralement positives. Plusieurs internautes saluent une option « excellente » et « nécessaire », certains y voyant une solution prometteuse. Toutefois, certaines critiques sont exposées quant à l’accessibilité du service et à son extension à d’autres secteurs de la ville. En réponse, l’entreprise affirme analyser de nouveaux emplacements et que des zones comme le Plateau, Happy Valley et Tundra Valley figurent parmi les ajouts envisagés. D’autres annonces pourraient suivre.
Sans fournir de données précises, la compagnie évoque une hausse de l’achalandage et un fort engagement en ligne depuis le lancement. Une période de gratuité, offerte lors de la mise en place du service, a également pu encourager les premiers usagers à l’essayer.
Le tarif régulier est fixé à 5 $ par trajet pour les adultes, 4 $ pour les aînés tandis que les enfants de 10 ans et moins voyagent gratuitement. À titre comparatif, une course en taxi coûte environ 9,50 $.
Actuellement, l’offre est limitée aux jours de semaine, de 7 h à 18 h, sans service la fin de semaine. Un seul autobus est en fonction, mais un second pourrait être ajouté selon l’achalandage. Un véhicule d’appoint, accessible aux personnes à mobilité réduite, pourrait aussi être mis en circulation au besoin.
La question des infrastructures d’attente se pose également, alors que les usagers doivent composer dans un climat rigoureux une bonne partie de l’année. L’entreprise affirme que l’installation d’abris est envisagée, sans échéancier précis. « C’est certainement quelque chose que nous souhaitons explorer à mesure que le service se développe », déclare le fondateur. Interrogée sur les défis rencontrés jusqu’à présent, il parle surtout d’une « période d’adaptation ».
Des enjeux de cohabitation
Du côté des entreprises, ce nouveau mode de déplacement suscite un optimisme prudent quant à ses retombées. L’amélioration du transport collectif pourrait faciliter l’accès aux établissements, notamment dans les secteurs centraux, et soutenir l’activité économique, souligne Rowena House, directrice générale de la Chambre de commerce régionale de Baffin. « Pour certains résidents, une offre plus fiable et abordable pourrait aussi simplifier les trajets vers des magasins qu’ils fréquenteraient autrement moins souvent », poursuit-elle.
Elle insiste toutefois sur la nécessité d’une intégration réfléchie avec les options existantes. « Les taxis continuent de jouer un rôle essentiel à Iqaluit et il sera important que les deux services fonctionnent bien ensemble afin de répondre aux besoins des résidents, des travailleurs et des entreprises », ajoute-t-elle.
La Ville d’Iqaluit rappelle que ce nouveau service s’inscrit parmi d’autres modes de déplacement déjà utilisés dans la communauté, comme les véhicules privés, les taxis et le transport actif.