Delaney Drachenberg, militant·e trans vivant au Nunavut depuis 2013, et sa mère, Catherine Lightfoot, alliée de longue date de la communauté queer et pour qui la cause de la santé mentale des jeunes est très importante, sont derrière la fondation de la Nunavut Pride Society.
Après la tenue d’une première rencontre à Iqaluit qualifiée comme ayant été un « succès », le duo travaille maintenant à mettre en place les bases de l’organisme et à créer un conseil d’administration.
Rejoindre tous les Nunavummiut
De façon prioritaire, Delaney Drachenberg désire former des comités dans chacun des hameaux afin d’organiser annuellement des défilés et un barbecue de la Fierté ainsi que d’autres petits événements tels que des repas collectifs.
« Ceux-ci favoriseront les liens, sensibiliseront à la Fierté et créeront des espaces sûrs pour ceux qui font partie de la communauté, qui sont des alliés ou qui sont en questionnement. »
Le but est d’offrir aux personnes queers du Nunavut des lieux où elles pourront s’affirmer librement et partager leurs histoires, sans craindre d’être isolées ou réduites au silence.
Bien que rien ne soit confirmé pour le moment, des résidents de différentes collectivités ont déjà démontré leur intérêt pour soutenir la Nunavut Pride Society. Dans les années passées, les communautés de Rankin Inlet et d’Iqaluit ont préparé des événements pour célébrer la Fierté. La création de partenariats avec des organisations à travers le pays est également dans les plans.
À Iqaluit, une quinzaine de participants étaient réunis à la bibliothèque le 12 août dernier pour discuter principalement des objectifs de la Société ainsi que du financement nécessaire à la réalisation des activités. Cinq personnes supplémentaires avaient aussi signalé leur intérêt, mais n’ont pas été en mesure d’assister à la rencontre. Delaney Drachenberg considère cette étape franchie comme un « très bon début ».
Brandon Villeneuve, qui était présent pour ce premier rendez-vous, affirme que des organisations comme celle-ci sont essentielles, car elles rappellent aux gens qu’il y a du soutien et qu’ils ne sont pas seuls. Il pense que le simple fait de savoir que d’autres partagent les mêmes expériences peut faire une énorme différence.
« Pour moi, c’était important d’y assister parce que je veux être solidaire et aider là où je le peux. J’ai des amis dans la communauté LGBTQ+, et j’ai aussi vu à quel point les personnes peuvent être traitées injustement. Être présent est une petite façon de se tenir à leurs côtés et de montrer que l’acceptation et le soutien comptent. »
Par sa mission, l’Association des femmes inuit du Nunavut Amautiit supporte également la communauté 2SLGBTQI+ et appuie fortement la mise sur pied de la Nunavut Pride Society. Pour Jasmine Oldham qui agit à titre d’administratrice de l’organisation, cela représente un pas important dans l’affirmation des voix et du leadership des Inuit sur le territoire.
« Nous avons hâte de marcher à leurs côtés pour créer des espaces inclusifs ancrés dans les valeurs inuit, le respect et la bienveillance communautaire. »
Davantage de soutien réclamé
L’augmentation des ressources pour la communauté 2SLGBTQI+ représente pour Delaney Drachenberg un besoin criant. Par exemple, il n’y a aucune clinique de diversité de genre au Nunavut pour les personnes transgenres, ce qui les oblige à se rendre à Ottawa ou dans d’autres provinces pour des soins et des chirurgies. « Ce n’est qu’un exemple où le territoire fait défaut. Nous nécessitons également plus de soutien pour nous assurer que la communauté soit vue, entendue et reconnue, car il y a actuellement des difficultés causées par la colonisation ».
Malgré qu’iel croit que le fait d’habiter dans une région éloignée peut apporter des défis additionnels et une expérience qui semble plus complexe que celle qui pourrait être vécue dans le sud, Drachenberg révèle avoir rencontré certains des individus les plus tolérants qu’iel connaisse à Iqaluit. « Bien qu’il y ait des barrières et des obstacles supplémentaires, il y a aussi du bon à trouver ».