le Mercredi 29 avril 2026
le Mardi 28 avril 2026 11:35 Actualités

Karliin Aariak : « La mobilisation des francophones est un exemple »

Karliin Aariak est de retour au poste de commissaire aux langues du Nunavut pour un mandat de cinq ans. — Courtoisie
Karliin Aariak est de retour au poste de commissaire aux langues du Nunavut pour un mandat de cinq ans.
Courtoisie

De retour à la tête du Bureau du commissaire aux langues du Nunavut, Karliin Aariak entame un nouveau mandat de cinq ans dans un contexte où les enjeux linguistiques demeurent au cœur des préoccupations. Entrée en poste le 8 avril dernier, elle a accepté de répondre aux questions du Nunavoix sur les priorités de son Commissariat.

Karliin Aariak : « La mobilisation des francophones est un exemple »
00:00 00:00

Le Nunavoix : Qu’est-ce qui vous a motivé à revenir au poste de commissaire aux langues du Nunavut ?

Karliin Aariak : Après avoir occupé le poste par intérim en 2019, puis effectué un mandat de cinq ans, je souhaitais laisser la chance à d’autres d’assumer ce rôle. Toutefois, après un an sans candidat retenu, j’ai jugé important de poursuivre le travail afin d’assurer le respect des droits linguistiques au Nunavut, comme prévu par la loi.

Quel est le rôle du Bureau du commissaire aux langues dans la protection et la promotion des langues au Nunavut ?

Le principal mandat du Bureau du commissaire aux langues est de veiller à ce que les droits linguistiques des Nunavummiut soient respectés et protégés, conformément aux lois en vigueur.  Il est essentiel d’informer la population de ses droits. Si une personne estime que ses droits ont été enfreints, elle peut déposer une plainte auprès de notre bureau. 

Il importe aussi de sensibiliser les gouvernements, les municipalités et le secteur privé à leurs obligations prévues par le cadre législatif du Nunavut, afin d’en assurer le respect.

Concrètement, comment la Loi sur les langues officielles et la Loi sur la protection de la langue inuit orientent-elles votre travail ?

La Loi sur les langues officielles du Nunavut et la Loi sur la protection de la langue inuit définissent le mandat de notre bureau ainsi que celui du commissaire aux langues. Elles précisent également les rôles d’autres acteurs, notamment le ministre responsable des langues au gouvernement du Nunavut et l’Inuit Uqausinginnik Taiguusiliuqtiit, l’organisme chargé de la langue inuit.

Ces lois imposent par ailleurs des obligations aux organisations, en particulier aux municipalités, au secteur privé et au gouvernement fédéral, afin d’assurer la prestation de services en inuktut.

Quelle place souhaitez-vous accorder à la communauté francophone dans votre mandat ?

Comme lors de mon précédent mandat, et encore aujourd’hui, la communauté francophone est tout aussi importante, et ses droits linguistiques sont reconnus au même titre que ceux liés à la langue inuit, tels qu’ils sont établis dans la Loi sur les langues officielles du Nunavut. 

En fait, la reconnaissance des droits des francophones aujourd’hui, ainsi que la mobilisation de cette communauté, qui a contribué à les renforcer, représentent un exemple dont la communauté inuit peut s’inspirer.  La mobilisation francophone pour faire valoir ses droits linguistiques est le fruit d’un engagement profond à les faire valoir par voie légale.

« L’inuktut, le français et l’anglais sont reconnus de manière égale dans la Loi sur les langues officielles, à laquelle les institutions territoriales et les organismes publics doivent se conformer. »

— Karliin Aariak, Commissaire aux langues officielles du Nunavut

Comment conciliez-vous le soutien à l’inuktut, notamment sa revitalisation, tout en veillant à ce que les autres communautés linguistiques se sentent respectées et incluses ?

L’inuktut, le français et l’anglais sont reconnus de manière égale dans la Loi sur les langues officielles, à laquelle les institutions territoriales et les organismes publics doivent se conformer.

Les plaintes peuvent provenir de toute communauté linguistique reconnue, ce qui reflète l’équilibre recherché entre les différentes langues. Il est également important de noter que l’inuktut comprend l’inuktitut et l’inuinnaqtun. 

Quelles seront vos principales priorités pour les prochaines années ?

Le nombre de plaintes reçues montre qu’il reste du travail à accomplir dans le territoire.  Ces plaintes peuvent également refléter dans quelle mesure le territoire respecte, ou non, les lois linguistiques. Le mandat du Commissariat consiste aussi à informer les Nunavummiut de leurs droits linguistiques, et il est important de poursuivre ces efforts de sensibilisation. 

Il y a des réalisations issues de mon précédent mandat, mais certains enjeux restent à régler.  Je souhaite continuer à collaborer dans toutes les instances auprès desquelles mon bureau a un rôle à jouer, soit le gouvernement du Nunavut et ses organismes publics, le gouvernement fédéral, le secteur privé et les municipalités. 

Le maintien des échanges avec l’ensemble des acteurs du milieu linguistique est tout aussi essentiel afin d’assurer une cohésion dans les actions menées, là où nos rôles peuvent se croiser.