le Dimanche 23 juin 2024
le Mercredi 22 mai 2024 13:00 | mis à jour le 22 mai 2024 15:12 Société

Un programme d’éducation autochtone mène de jeunes Ontariens à la découverte d’Iqaluit

  Crédit : Courtoisie
Crédit : Courtoisie
En compagnie de cinq adultes accompagnateurs, treize jeunes de la 10e à la 12e année, provenant de six écoles du Conseil scolaire catholique du district des Grandes Rivières (CSCDGR) étaient à Iqaluit le mois dernier. Pour le Conseil, qui s’affaire depuis 2015 à mettre une emphase particulière sur l’éducation autochtone au sein de leurs écoles et dans la pratique d’activités, Iqaluit est certes la destination la plus grandiose visitée jusqu’à maintenant.
Un programme d’éducation autochtone mène de jeunes Ontariens à la découverte d’Iqaluit
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Visite à l’École des Trois-Soleils et à l’École secondaire Inuksuk, découverte de la danse du tambour, du chant de gorge et des jeux inuit, confection de mitaines, construction d’un igloo étaient parmi les activités au programme.

Crédit : Courtoisie

Le voyage du groupe en provenance du Nord de l’Ontario, nommé « Destination Iqaluit », visait à découvrir la communauté, se familiariser avec la culture inuit et prendre conscience de l’importance de l’inclusion et de la réconciliation.

Au CSCDGR, un poste de responsable des dossiers des Premières Nations, Métis et Inuit a été créé en 2015 en réponse aux appels à l’action 62 et 63 de la Commission de vérité et de réconciliation du Canada et pour répondre à la vision et aux attentes du ministère de l’Éducation de l’Ontario.

Une visite préalable

Le CSCDGR possède un comité d’éducation autochtone comprenant des élèves autochtones, des organismes autochtones, des parents, des grands-parents, des gens de la communauté et des employés du Conseil qui travaille à trouver des façons de faire découvrir davantage l’éducation autochtone aux élèves et au personnel.

Évoquée pour la première fois en 2018, l’idée du voyage à Iqaluit avait été mise sur pause en raison de la pandémie, puis est revenue dans les plans l’année dernière.

« Ce n’était pas un voyage humanitaire ; c’était vraiment un voyage pour comprendre l’importance de la réconciliation et une compréhension interculturelle pour faire vraiment tomber nos préjugés », explique la responsable des dossiers des Premières Nations, Métis et Inuit au CSCDGR, Angèle Beaudry.

L’idée était de voir de quelle façon un travail dans les gestes et les pensées peut être réalisé afin d’en venir à davantage d’égalité envers tous les gens qui demeurent au Canada.

En octobre 2023, trois des membres du comité organisateur s’étaient rendus une première fois à Iqaluit pour faire la connaissance de résidents, explorer les lieux et faire des approches avec les écoles.

« On a tissé des liens, rencontré des personnes, on est allé faire du bénévolat dans la ville, on est allé vérifier où on était pour habiter, s’assurer que les jeunes seraient en sécurité et qu’ils seraient bien. On est allé aux endroits qu’on pensait que ça serait bien pour les jeunes comme l’Assemblée législative, le centre touristique, le musée, l’église. De là, on a rencontré ces gens-là et on leur a dit “On veut revenir avec les élèves, c’est un rêve, on travaille là-dessus” », résume Diane Levesque-Raymond, conseillère en construction identitaire du CSCDGR.

Le voyage du groupe en provenance du Nord de l’Ontario, nommé « Destination Iqaluit », visait à découvrir la communauté, se familiariser avec la culture inuit et prendre conscience de l’importance de l’inclusion et de la réconciliation.

Crédit : Courtoisie
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Pas le temps de s’ennuyer !

Arrivé en pleine cérémonie de clôture du Festival Toonik Tyme, où ils ont pu entendre l’inuktitut, le groupe a pu apprécier la soirée de festivité, ce qui a bien amorcé cette semaine chargée.

Visite à l’École des Trois-Soleils et à l’École secondaire Inuksuk, découverte de la danse du tambour, du chant de gorge et des jeux inuit, confection de mitaines, construction d’un igloo étaient parmi les activités au programme.

Une tournée de la ville en autobus, la visite de l’Assemblée législative du Nunavut, du Musée Nunatta Sunakkutaangit, des églises et du Centre touristique Unikkaarvik, de la baignade au Centre aquatique, une soirée Impro-Poutine au Franco-Centre étaient aussi à l’horaire.

Une excursion en chien de traîneaux a permis de voir des paysages qui ont coupé le souffle au groupe tout en en apprenant davantage sur la culture inuit.

Le vendredi, Stef Paquette, un des accompagnateurs, a offert un concert au Franco-Centre pour toute la communauté.

Le groupe s’est aussi rendu à l’épicerie pour constater la réalité des coûts d’alimentation et les défis des personnes qui demeurent à Iqaluit.

« On a parlé quand même des choses politiques et des choses qui couvrent la réalité de cet endroit à comparé à peut-être qu’est-ce que nous, on fait face ici, qui sont pas mal des défis mineurs comparés à la réalité de cette communauté inuit », souligne Angèle Beaudry.

L’accueil chaleureux reçu tout au long de la semaine a été l’un des éléments marquants du voyage.

« Ce qui m’a impressionnée le plus est l’accueil que nous avons reçu des gens locaux. Durant chaque activité, ils étaient toujours contents de nous voir, prêts à nous apprendre de leur culture et à répondre à nos questions », affirme Hailey Migneault, participante.

En guise de remerciement pour l’incroyable hospitalité, le groupe a offert des jeux de poche « cornhole » pour chacune des écoles secondaires.

Faire connaitre la culture inuit

De retour de ce voyage marquant, les jeunes participants peuvent maintenant partager cette expérience inoubliable.

« On a dit qu’on va aller à la rencontre du peuple inuit pour les connaitre, mais en revenant, on a dit à nos élèves : “Vous allez être des ambassadeurs pour faire connaitre le peuple inuit aux personnes dans notre Conseil et au-delà dans nos communautés parce qu’on a été choyés d’aller les rencontrer ; maintenant, on veut les faire connaitre” », affirme Diane Levesque-Raymond.

Des présentations dans les écoles élémentaires et secondaires pour parler du voyage et répondre aux questions sont prévues.

« La culture inuit est tellement intéressante et contient beaucoup de belles histoires et légendes que j’ai pu apprendre. Maintenant, je peux faire connaitre les Inuit et leur région extraordinaire », a offert comme commentaire l’un des participants lors d’une rencontre de rétroaction.