le Mercredi 29 mai 2024
le Mercredi 20 décembre 2023 13:00 | mis à jour le 28 février 2024 15:45 Société

16 jours d’activisme et de sensibilisation contre la violence fondée sur le genre

Afin de souligner la Journée nationale de commémoration et d’action contre la violence faite aux femmes, une marche et une cérémonie se sont tenues à Iqaluit le 6 décembre dernier. — Crédit : Pauktuutit
Afin de souligner la Journée nationale de commémoration et d’action contre la violence faite aux femmes, une marche et une cérémonie se sont tenues à Iqaluit le 6 décembre dernier.
Crédit : Pauktuutit
Le 25 novembre, l’organisation Pauktuutit Inuit Women of Canada a lancé une campagne de 16 jours pour lutter contre la violence fondée sur le genre. Les statistiques du Nunavut à ce sujet sont alarmantes alors que les femmes inuit sont victimes de violence à un taux plus de 14 fois supérieur à la moyenne nationale.

Elisapee Sheutiapik, membre du conseil d’administration de Pauktuutit, a pris la parole lors de l’événement, auquel ont également participé Rosemary Cooper, directrice générale, et le personnel de Pauktuutit d’Ottawa et du bureau régional d’Iqaluit.

Crédit : Pauktuutit

La violence fondée sur le genre se définit comme tout acte de violence basée sur le genre qui entraîne, ou est susceptible d’entraîner, un préjudice ou des souffrances physiques, sexuelles ou psychologiques envers les femmes.

À travers le pays, et d’une façon plus significative au Nunavut, ce type de violence demeure une préoccupation constante et urgente et continue d’avoir un impact sur la sécurité et le bien-être des femmes inuit et de leurs enfants.

En lançant une campagne de 16 jours, Pauktuutit Inuit Women of Canada souhaitait sensibiliser la population à cette forme de violence, aider à bâtir un avenir qui en serait exempt, mettre l’accent sur les répercussions ressenties par les femmes inuit au Canada et inspirer le changement.

Une publication par jour pendant 16 jours

Pauktuutit Inuit Women of Canada souhaite mettre en lumière les expériences des femmes inuit, plaider en faveur d’actions concrètes et promouvoir une approche fondée sur les distinctions pour mettre en œuvre les appels à la justice de l’Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées.

« Notre campagne met l’accent sur des publications quotidiennes sur les médias sociaux afin de faire la lumière sur divers aspects de la violence fondée sur le sexe, y compris des statistiques, des plans d’action, des cadres, des initiatives éducatives et des projets spécifiques répondant aux besoins des femmes inuit », déclare l’organisation Pauktuutit Inuit Women of Canada.

À travers ces publications, l’accent est mis sur les défis uniques auxquels sont confrontées les femmes, les filles et les Inuit de diverses identités de genre, et sur la façon dont ces défis sont enracinés dans des contextes historiques et coloniaux.

L’organisation présente aussi des projets, des initiatives et des efforts de plaidoyer spécifiques pour lutter contre la violence fondée sur le genre et promouvoir l’équité entre les sexes.

Par exemple, l’une des publications informe d’un projet de recherche mené par Pauktuutit Inuit Women of Canada pour étudier les systèmes de justice pénale en réponse à la violence fondée sur le sexe à Inuvialuit, au Nunavut et au Nunavik.

Cela permet d’accroître la sensibilisation et la compréhension des besoins, des défis et des lacunes en matière de services auxquels de nombreuses femmes inuit sont confrontées.

La campagne abordait aussi le sujet de l’autonomisation des femmes inuit en promouvant l’indépendance économique, l’éducation et le soutien communautaire en tant qu’éléments cruciaux pour leur permettre d’échapper à des situations de violence.

L’organisation souhaitait enfin faire entendre sa voix en faveur du rôle vital de refuges adaptés à la culture inuit.

À ce sujet, Pauktuutit Inuit Women of Canada a publié le rapport « Planning for the Future » qui fournit une analyse approfondie des services disponibles, des obstacles et des opportunités auxquels les femmes inuit qui quittent des situations de violence font face lorsqu’elles sont à la recherche d’un refuge.  

L’organisation continue de collaborer avec des partenaires inuit et fédéraux pour déterminer ce qui est nécessaire pour fournir des refuges sûrs et culturellement adaptés et un soutien au logement de transition aux femmes inuit.

Bien que certains progrès soient constatés dans la lutte contre la violence fondée sur le sexe à l’égard des femmes inuit, d’importants défis demeurent.

« Les taux élevés de violence auxquels sont confrontées les femmes inuit dans l’Inuit Nunangat ainsi que l’impact plus large des traumatismes intergénérationnels, mettent en évidence la nécessité d’initiatives soutenues et ciblées », déclare l’organisation.

Puisqu’il n’y a pas suffisamment de données propres aux Inuit pour assurer une surveillance précise des taux de violence fondée sur le sexe, une stratégie en ce sens est présentement en cours de travail.

Cela permettra d’accroître la représentation des Inuit dans les données actuelles et d’orienter les initiatives visant à réduire la violence fondée sur le sexe chez les Inuit.

Plusieurs obstacles propres au Nunavut

Le Nunavut présente des taux disproportionnellement élevés de violence fondée sur le sexe qui sont attribuables aux traumatismes intergénérationnels causés par les politiques coloniales et les efforts visant à éliminer les valeurs, les principes et la position culturels dans l’histoire du Canada.

Ces statistiques démontrent le besoin urgent d’une intervention et d’un soutien ciblés sur le territoire.

Les femmes Nunavummiut rencontrent des obstacles géographiques qui engendrent des difficultés concernant l’accès aux refuges et aux services de soutien en raison de l’éloignement de nombreuses communautés.

Le coût élevé de la vie, les possibilités d’emploi limitées, en particulier dans les collectivités éloignées et les petites collectivités, l’accès limité à l’éducation et à la formation, les problèmes de logement et les coûts de transport font partie des obstacles économiques. 

Afin de souligner la Journée nationale de commémoration et d’action contre la violence faite aux femmes, une marche et une cérémonie se sont tenues à Iqaluit le 6 décembre dernier.

 

IJL – Réseau.Presse – Le Nunavoix