le Mardi 8 septembre 2026
le Mardi 8 septembre 2026 15:53 Local

Une nouvelle étape de développement pour Les Petits Nanooks

Une salle du CPE Les Petits Nanooks, à Iqaluit. Cinq enfants intégreront la pouponnière en septembre, portant à 40 le nombre de jeunes accueillis, sur une capacité autorisée de 52. —  Courtoisie CPE Les Petits Nanooks
Une salle du CPE Les Petits Nanooks, à Iqaluit. Cinq enfants intégreront la pouponnière en septembre, portant à 40 le nombre de jeunes accueillis, sur une capacité autorisée de 52.
Courtoisie CPE Les Petits Nanooks

Le CPE Les Petits Nanooks poursuit sa croissance. La garderie francophone d’Iqaluit réorganise ses groupes afin d’accroître progressivement sa capacité d’accueil, alors que plusieurs familles attendent toujours une place.

Une nouvelle étape de développement pour Les Petits Nanooks
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En septembre, cinq bambins intègreront la pouponnière du CPE Les Petits Nanooks. L’établissement accueillera alors 40 jeunes, sur un maximum autorisé de 52.  

Les groupes demeureront organisés selon quatre tranches d’âge : les poupons et bébés, les 2-3 ans, les 3-4 ans et les 4-5 ans. 

« Le CPE continue de grandir et on réorganise justement nos groupes pour mieux répondre aux besoins des familles », souligne la directrice générale, Hawa T. Diallo 

D’autres admissions pourraient avoir lieu au cours de l’année. La direction procédera toutefois graduellement, en observant le fonctionnement des groupes et en s’assurant que les éducatrices se sentent à l’aise d’accueillir davantage d’enfants. Elle souhaite ainsi préserver la qualité de l’encadrement et le bien-être du personnel, tout en respectant les ratios établis.

Une capacité accrue depuis 2023 

Avant la mise en service de ses nouveaux locaux en 2023, le CPE disposait de 16 places. Aménagés dans le cadre du projet d’agrandissement de l’École des Trois-Soleils, financés par le gouvernement du Nunavut et Patrimoine canadien, ceux-ci lui ont permis de renforcer ses effectifs. Sa capacité potentielle atteint désormais 52, avec la possibilité d’accueillir des enfants plus jeunes.  

Pour François Ouellette, président du conseil d’administration depuis 2024, cette croissance représente un gain majeur pour la communauté francophone d’Iqaluit. Elle a cependant obligé l’établissement à développer parallèlement son fonctionnement et sa gouvernance.  

Lui-même parent, il connaît la garderie depuis plus d’une décennie. Son fils, aujourd’hui âgé de près de 17 ans, l’a fréquentée dès l’âge de deux ans, tandis que sa fille de trois ans y est inscrite depuis 2024. À ses yeux, le CPE est né d’un besoin auquel une initiative communautaire est venue répondre.     

Une équipe complète, mais des défis persistants 

Le CPE compte 12 employés à temps plein : des éducatrices responsables des différents groupes d’âge, du personnel de soutien, une éducatrice en chef ainsi que la gestionnaire de l’établissement.  

Aucun poste n’est vacant. La directrice générale se réjouit de la stabilité des effectifs, qu’elle considère comme une très bonne nouvelle. 

François Ouellette affirme que le conseil d’administration éprouve une immense fierté envers l’ensemble de l’équipe. Le travail et la présence de chacun contribuent, selon lui, à créer « une vitalité humaine essentielle à notre communauté ».  

Attirer et retenir la main-d’œuvre demeure néanmoins une préoccupation constante. « Le coût de la vie, l’accès au logement et le recrutement à l’extérieur du territoire représentent des défis », indique Hawa T. Diallo. 

La direction souhaite bâtir une équipe francophone qui s’investisse à long terme et connaisse bien le contexte particulier du Nunavut.  

La croissance du CPE s’accompagne de besoins accrus en matériel éducatif, en formation et en entretien, auxquels s’ajoutent ceux liés à la mise en œuvre de nouveaux projets. À l’instar de plusieurs acteurs locaux, l’établissement doit composer avec les réalités financières et logistiques propres à la ville. 

La priorité demeure de veiller à ce que les services à la petite enfance en français disposent des ressources nécessaires. Selon la dirigeante, une communauté francophone forte se bâtit dès le plus jeune âge grâce à la collaboration entre le CPE, les familles, les organismes du milieu et ses partenaires. 

Une programmation renouvelée  

Le CPE prépare de nouvelles activités. L’appui de l’Association des francophones du Nunavut (AFN) et du gouvernement territorial favorise l’avancement de certains projets. Un cadre pédagogique adapté au contexte de la petite enfance au Nunavut est par ailleurs en cours d’élaboration.  

« L’objectif est vraiment de continuer à faire évoluer nos pratiques, tout en renforçant la place du français, la construction identitaire et l’ancrage des enfants dans la réalité culturelle du territoire », explique la directrice générale.  

Du côté du conseil d’administration, François Ouellette cite parmi les priorités la mise à jour du programme éducatif, le soutien au personnel éducateur et l’établissement d’ententes de collaboration plus formelles avec la Commission scolaire francophone du Nunavut (CSFN) et l’AFN. 

« Il est maintenant temps d’approfondir notre travail et d’élargir notre vision », affirme-t-il.  

À la tête du CPE depuis septembre 2024, Hawa T. Diallo dit avoir observé une importante évolution en deux ans. Le CPE s’est davantage structuré, son équipe s’est développée et ses méthodes ont changé. Plusieurs initiatives axées sur la qualité éducative et la langue française ont vu le jour.  

Garder le français vivant

La directrice générale insiste particulièrement sur le rôle de la garderie dans le parcours des familles francophones d’Iqaluit. Selon elle, le CPE est souvent le premier endroit où les enfants commencent à vivre et à grandir en français avant leur entrée à l’école. « Le travail que l’on fait dès la petite enfance contribue donc directement à garder le français vivant au Nunavut », affirme-t-elle. 

Au-delà de la croissance du CPE, Mme Diallo se dit surtout fière de voir les tout-petits progresser en français, nouer leurs premières amitiés et forger peu à peu leur identité. Elle salue les efforts déployés par son équipe dans un milieu qui exige beaucoup d’adaptation, d’engagement et de collaboration. 

« On ne réfléchit plus seulement aux besoins immédiats du CPE : on réfléchit aussi à son développement à plus long terme et, plus largement, à l’avenir de la petite enfance francophone au Nunavut », conclut-elle.