Annie Larocque, directrice générale de la CSFN, indique que la hausse touche plusieurs niveaux. Au moment de l’entrevue, la maternelle comptait 16 enfants ; les effectifs augmentaient aussi dans les autres classes. Ce portrait pourrait toutefois évoluer au cours de l’année, au gré des arrivées et des départs.
Le secondaire accueille également de nouveaux élèves, après quelques années marquées par des groupes relativement petits. « C’est vraiment encourageant », se réjouit la directrice.
Elle constate que les jeunes sont plus nombreux à demeurer dans le réseau francophone à l’approche du secondaire. Par le passé, plusieurs quittaient l’École des Trois-Soleils vers la 6e, 7e ou 8e année pour poursuivre leur scolarité dans le système anglophone, notamment afin de rejoindre leurs amis ou d’avoir accès à davantage de services. Cette tendance semble toutefois s’atténuer.
« Nos élèves restent beaucoup plus avec nous parce qu’on est en mesure d’offrir beaucoup plus de services », affirme Annie Larocque, qui signale aussi le retour de certains jeunes après quelques années d’absence.
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La CSFN se félicite du retour d’anciens élèves.
Une offre bonifiée
La CSFN attribue notamment cette amélioration au développement des activités parascolaires. De nouveaux clubs de robotique, d’impression 3D et de danse ont vu le jour, s’ajoutant à celui de couture déjà en place. Différents sports complètent l’offre. Le choix proposé s’en trouve ainsi élargi.
Le voyage d’échange organisé en Colombie-Britannique en 2025 aurait aussi favorisé la rétention, certains élèves ayant exprimé le souhait de rester à l’école pour participer à ce type d’initiative. Un projet semblable est envisagé cette année, mais sa tenue n’avait pas encore été confirmée au moment de l’entrevue.
Annie Larocque estime que la stabilité accrue de l’équipe enseignante au cours des dernières années contribue au maintien des jeunes dans l’établissement. Les élèves ont de bonnes chances de retrouver les mêmes enseignants l’année suivante, ce qui leur permet de tisser des liens avec les membres du personnel. Cette continuité renforce, à ses yeux, leur attachement à ce milieu.
La commission scolaire a par ailleurs offert de nombreuses formations sur la diversité, l’équité et l’inclusion. Selon la dirigeante, leurs effets se font sentir dans les salles de classe. « Tout ça mis ensemble, je pense qu’on commence à voir le fruit de ça », résume-t-elle.
Le logement complique le recrutement
Au moment de l’entrevue, un poste d’enseignant restait néanmoins à pourvoir à la CSFN, non pas faute de candidats, mais en raison de l’absence d’un logement disponible.
Une demande de logement subventionné avait été présentée au gouvernement du Nunavut en mai, mais aucune unité n’avait encore été accordée. « On attend juste le logement. Sinon on est prêts à faire les entrevues, on est prêts à engager notre personne », explique Mme Larocque. Cette pénurie a également ralenti d’autres embauches cette année, ajoute-t-elle.
En parallèle, la CSFN dispose de logements en ville dont elle reloue des chambres à certains employés. Cette mesure constitue, selon la directrice générale, un important outil de recrutement et de rétention.
Dans l’intervalle, une enseignante retraitée a accepté de prendre la classe en charge. Cette solution temporaire a permis à tous les groupes de commencer l’année avec une équipe qualifiée et expérimentée.
À l’exception de ce poste toujours vacant, les effectifs sont complets au service de garde, à la bibliothèque et du côté des éducateurs spécialisés. L’école peut compter, pour une deuxième année, sur une éducatrice inuit francophone, elle-même ancienne élève de l’établissement. La directrice générale souligne que cette dernière y apporte la culture et la vision inuit.
Malgré ces difficultés, un nouvel enseignant a pu entrer en fonction pour 2026-2027. Pour la première fois, la CSFN met aussi en œuvre un programme d’accueil et d’intégration destiné aux recrues, élaboré avec l’Association des francophones du Nunavut (AFN).
Une personne l’a accompagné à sa sortie de l’avion, notamment pour ses premières courses, une visite de la ville ainsi que des passages à l’AFN et au Carrefour Nunavut. Amateur de plein air, il a également reçu de l’équipement de camping et a dormi dans la toundra, sous les aurores boréales, dès sa deuxième nuit sur place. Selon Annie Larocque, cet accompagnement lui a permis de se sentir rapidement intégré à son nouveau milieu.
Cette année, la Commission scolaire souhaite renforcer le sentiment d’appartenance des élèves au territoire en accordant davantage de place à la culture inuit et aux apprentissages dans la toundra.
Une communauté plus accueillante
Après avoir consacré la première année de son plan stratégique 2025-2030 au renforcement des compétences du personnel, la CSFN concentrera cette année ses efforts sur le quatrième pilier, celui d’une communauté accueillante.
L’objectif consiste notamment à développer le sentiment d’appartenance des jeunes au territoire et à favoriser la découverte de leur identité franco-nunavummiut. Pour y parvenir, l’école entend accroître le bénévolat et l’engagement citoyen, consolider ses partenariats avec la communauté inuit et accorder une plus grande place à la culture inuit dans ses activités.
Les parents souhaitent également que les élèves soient mieux ancrés dans la réalité locale et davantage exposés à cette culture, indique la directrice générale. La barrière linguistique a parfois compliqué cette démarche, reconnait-elle, mais la CSFN affirme travailler à des solutions. « Cette année, c’est vraiment là-dessus que je vais porter mon mandat », souligne-t-elle.
Cette volonté d’ouverture se manifeste déjà dans l’utilisation du gymnase de l’école, qui est accessible à la communauté. Le lieu accueille notamment chaque semaine des entraînements aux jeux inuit. La CSFN cherche à accorder la priorité à ce type de partenariat lorsqu’elle reçoit des demandes en ce sens.
Les apprentissages à l’extérieur devraient également gagner en importance cette année. La direction juge que cette immersion contribue à la construction identitaire des jeunes. « Si tu veux t’identifier comme un Franco-nunavummiut, il faut que tu la connaisses, la toundra, il faut que tu ailles la marcher », illustre Annie Larocque.
Au conseil d’administration, les membres actuels demeurent en fonction, avec comme objectif principal la recherche d’une plus grande autonomie. Des discussions amorcées l’année dernière avec le gouvernement du Nunavut doivent se poursuivre cette année. La commission scolaire souhaite prendre directement en charge davantage de dossiers encore gérés à l’échelle territoriale afin de pouvoir décider elle-même.