Depuis le 20 avril et jusqu’au 7 septembre 2026, le prix de certains carburants diminue au Nunavut en raison de la suspension de la taxe d’accise fédérale.
Cette mesure découle d’une décision du gouvernement fédéral visant à atténuer le coût de la vie, alors que les prix du carburant ont connu de fortes hausses et fluctuations sur les marchés mondiaux, notamment en raison des conflits au Moyen-Orient.
L’essence affiche une baisse d’environ 10 cents le litre, tandis que le diesel et le carburant d’aviation reculent d’environ 4 cents. Contrairement à d’autres régions du pays, les coûts du carburant au Nunavut sont en partie déterminés à l’avance, puisque le gouvernement territorial achète ses stocks annuellement.
Une baisse immédiate, mais encadrée
Bien que le carburant soit acheté des mois à l’avance dans le cadre du ravitaillement annuel, la taxe d’accise fédérale est appliquée uniquement au moment de la vente au consommateur. Sa suspension se traduit donc immédiatement par une baisse à la pompe.
Selon les données de la Division des produits pétroliers, cette taxe représente près de 11 cents par litre pour l’essence, pour un prix total dépassant 1,45 $ dans certaines localités du Nunavut.
Le ministère des Finances du Canada souligne toutefois que, dans des régions comme le Nunavut, où le carburant est acheté et entreposé préalablement, les répercussions de la mesure peuvent s’échelonner dans le temps, à mesure que les stocks existants sont renouvelés.
Les autorités territoriales confirment un impact immédiat, tout en précisant que les retombées réelles pour les consommateurs restent difficiles à quantifier. Elles soulignent également que cette réduction ne modifie pas le coût d’approvisionnement, déjà fixé, et que ses effets demeurent limités dans un contexte où les frais de transport et de distribution représentent une part importante du prix final dans le Nord.
Des effets limités
Si la baisse est réelle à la pompe, plusieurs acteurs rappellent que son impact demeure modeste dans le contexte nordique.
Sur le terrain, certains commerçants observent une hausse de l’achalandage. « Nos clients sont très contents de la réduction de prix de l’essence. Notre volume a augmenté au cours de la dernière semaine, mais il s’agit d’une progression légère », indique Stephane Daigle, gestionnaire chez Arctic Cooperatives Ltd. à Iqaluit. Selon lui, le beau temps contribue également à cette hausse. « Ça sent le printemps », ajoute-t-il.
Dans plusieurs communautés du territoire, où le carburant est essentiel aux déplacements et à l’acheminement des marchandises, toute variation de prix est scrutée de près.
La Ville d’Iqaluit accueille favorablement la mesure, qui pourrait permettre certaines économies pour ses véhicules et équipements. « Bien qu’il s’agisse d’un pas positif, des facteurs plus larges comme l’approvisionnement, le transport et l’acheminement continuent d’influencer les coûts du carburant dans le Nord, de sorte que l’impact global sur le budget de fonctionnement de la Ville devrait demeurer limité », explique Geoffrey Byrne, gestionnaire des communications et du service à la clientèle à la Ville d’Iqaluit.
Du côté du transport aérien, Canadian North précise que la suspension de la taxe d’accise fédérale a été prise en compte dans l’ajustement de ses surcharges de carburant, fait valoir Hance Colburne, gestionnaire des communications et des relations avec les intervenants pour l’entreprise.
Il ajoute que ces surcharges, appliquées tant aux passagers qu’au fret, visent uniquement à couvrir les hausses réelles des coûts, alors que les prix du carburant restent soumis à d’importantes pressions dans le Nord.
À titre de comparaison, les prix de l’essence dans le sud du pays se sont récemment rapprochés de la barre des 2 $ le litre, tout en fluctuant davantage qu’au Nunavut.
Malgré cette baisse, les réalités d’approvisionnement au territoire continuent de limiter les variations de prix pour les consommateurs.