Selon un communiqué publié le 12 juin 2026, l’entreprise aura d’abord accès à une première tranche de 110 millions de dollars américains afin de financer notamment ses achats de carburant, les coûts liés à la restructuration et ses dépenses courantes et éviter ainsitoute interruption de ses activités à la mine Mary River et au port de Milne.
Baffinland affirme que la saison de transport maritime de 2026 se déroulera comme prévu et souhaite également maintenir la possibilité de faire progresser la composante Steensby de son projet Mary River.
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La restructuration se poursuit
La minière demeure toutefois sous la protection de la Loi sur les arrangements avec les créanciers des compagnies (LACC). Cette période de restructuration doit lui permettre d’évaluer différentes options stratégiques tout en conservant le contrôle et en stabilisant ses activités. Ces options pourraient inclure une recapitalisation ou une éventuelle vente.
Le tribunal devait également se pencher le 30 juin sur le maintien du financement accordé par EDC ou sur son remplacement par des fonds provenant de prêteurs spécialisés.
Peter Akman, responsable des relations avec les parties prenantes et des communications de Baffinland, estime que ce financement témoigne de l’importance de la minière pour le Nunavut, les communautés inuit ainsi que ses employés, ses fournisseurs et ses entrepreneurs. L’entreprise demeure en « dialogue actif » avec l’ensemble des acteurs concernés.
Il a cependant refusé de commenter plus en détail le processus de restructuration, affirmant que ceux-ci figurent déjà dans les documents déposés devant le tribunal.
De son côté, Zoé de Bellefeuille, conseillère principale aux communications externes d’EDC, a indiqué que l’organisme n’était pas en mesure de se prononcer sur les raisons ayant mené à cette décision. Elle a toutefois rappelé qu’EDC soutient Baffinland depuis 2014 et qu’un prêt existant a été renouvelé en novembre 2025 afin d’aider l’entreprise à maintenir ses liquidités tout en poursuivant ses activités. L’organisme espère par ailleurs que le processus supervisé par le tribunal assurera un avenir viable au projet minier.
Un navire amarré aux installations portuaires de Baffinland lors d’opérations de chargement.
Des retombées multiples
Le président-directeur général de la Chambre des mines des Territoires du Nord-Ouest et du Nunavut, Paul Hébert, considère que Baffinland demeure « l’un des plus importants employeurs du secteur privé et l’un des principaux moteurs économiques du Nunavut ». L’importance de la mine Mary River « va bien au-delà du site minier », compte tenu notamment des emplois, des contrats et des retombées économiques qu’elle génère dans le territoire, estime-t-il.
Il indique qu’en 2025, Baffinland comptait en moyenne 320 employés et entrepreneurs inuit. L’entreprise a versé 27,7 millions de dollars en salaires à des travailleurs inuit et accordé 153,4 millions en contrats à 42 entreprises inuit. À cela s’ajoutent 14,2 millions de dollars versés à la Qikiqtani Inuit Association (QIA), ainsi que 9 millions versés au gouvernement du Nunavut l’an dernier.
« Ces chiffres montrent pourquoi la mine est importante pour les familles, les communautés, les entreprises et les revenus publics du territoire »
Paul Hébert souligne également que la minière soutient diverses initiatives locales, notamment un programme de repas chauds dans plusieurs collectivités de la région ainsi que le centre de formation de Pond Inlet.
Bien qu’il reconnaisse les inquiétudes entourant le processus de restructuration, le président-directeur général estime que la mine Mary River conserve un important potentiel à long terme, et que la priorité demeure de préserver les emplois et les retombéeséconomiques pour les communautés.
Sollicité pour commenter cette nouvelle étape du processus de restructuration de Baffinland, le gouvernement du Nunavut n’avait pas répondu à nos questions au moment de publier.