le Mercredi 8 juillet 2026
le Mercredi 8 juillet 2026 7:05 | mis à jour le 8 juillet 2026 7:07 Actualités

Le gouvernement reste vague sur la révision de la couverture de santé

L’Hôpital général Qikiqtani, à Iqaluit. Une révision de la couverture offerte par le régime d’assurance-maladie du Nunavut est en cours.  — Ministère de la Santé du Nunavut
L’Hôpital général Qikiqtani, à Iqaluit. Une révision de la couverture offerte par le régime d’assurance-maladie du Nunavut est en cours.
Ministère de la Santé du Nunavut

Le gouvernement du Nunavut confirme qu’il procède actuellement à une révision de la couverture offerte par son régime d’assurance-maladie. Bien que l’exercice puisse mener à des recommandations visant à modifier certains aspects du programme, le ministère de la Santé refuse toujours de préciser les services à l’étude et les changements envisagés.

Le gouvernement reste vague sur la révision de la couverture de santé
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Le ministère de la Santé a confirmé qu’un examen des services assurés est en cours. L’exercice devrait mener à des recommandations destinées à moderniser le régime et à clarifier la couverture offerte aux résidents du territoire.   

Jennifer Anawak, directrice des programmes d’assurance-maladie, affirme que la démarche vise à établir un cadre « clair, cohérent et durable » pour la couverture des soins de santé au Nunavut. La révision s’inscrit, ajoute-t-elle, dans une volonté d’améliorer le système de santé et d’assurer aux Nunavummiut un accès adéquat aux services assurés. 

Malgré plusieurs questions, les responsables du dossier n’ont pas précisé les volets concernés, les aspects de la couverture actuellement à l’étude et les changements qui pourraient être recommandés. Ils ont indiqué que la révision se poursuit et qu’aucune modification aux politiques existantes n’a été apportée jusqu’à présent.  

Aucune échéance n’a été fournie quant à la fin de l’examen ou à la publication de ses conclusions.  

Une évaluation qui sème des inquiétudes 

La Nunavummi Disabilities Makinnasuaqtiit Society (NDMS), qui suit le dossier de près, affirme ne pas encore disposer de suffisamment d’information pour mesurer pleinement les impacts potentiels de la révision.   

Son directeur général, Pierre Essoh, estime que tout changement aux services de santé devrait être évalué en fonction de ses répercussions sur les personnes handicapées.  

Il souligne que cette population fait souvent face à des obstacles supplémentaires liés à l’éloignement géographique, aux déplacements médicaux, à l’équipement spécialisé, aux médicaments ainsi qu’à l’accès à des soins continus. 

« Une réduction de la couverture ou l’introduction de frais d’utilisation pourrait avoir des répercussions disproportionnées pour ceux et celles qui ont déjà des besoins de santé plus importants et des dépenses plus élevées. » 

— Pierre Essoh, directeur général de la NDMS

Le dirigeant demande également au gouvernement du Nunavut de consulter les personnes concernées et les organismes qui les représentent tout au long du processus afin que tout changement favorise l’accès aux soins essentiels plutôt que de le limiter. 

Une vaste consultation réclamée 

L’Association des municipalités du Nunavut estime aussi que toute révision de la couverture des soins de santé devrait garantir un accès équitable aux services de santé pour l’ensemble des Nunavummiut, peu importe leur lieu de résidence.  

Sa directrice générale, Marla Limousin, souligne que les élus locaux observent quotidiennement les conséquences des difficultés d’accès aux soins dans les collectivités éloignées, où les coûts de prestation sont plus élevés et les services plus limités. Elle exhorte le gouvernement à tenir compte des réalités propres au Nunavut, notamment de sa géographie, de ses infrastructures, des pénuries de main-d’œuvre et des déterminants sociaux de la santé.  

 « Tout changement aux services assurés devrait renforcer plutôt que réduire l’accès aux soins de santé essentiels et ne devrait pas créer de barrières financières ou administratives supplémentaires pour les résidents », affirme-t-elle.  

Marla Limousin ajoute que les municipalités, les organisations inuit, les professionnels de la santé ainsi que la population devraient être consultés tout au long du processus afin que les mesures proposées reposent sur l’expérience vécue des collectivités du territoire. Selon elle, les retards dans les soins, les déplacements médicaux et les limites des services ont des répercussions sur le bien-être communautaire, la capacité d’action et les interventions d’urgence.