le Mercredi 13 mai 2026
le Mardi 12 mai 2026 14:45 Arctique

Rangers : donner du sens à l’aventure

Dan Beaudoin et Maya Poirier ont parcouru plus de 5000 km à travers l’Arctique en motoneige. — Courtoisie
Dan Beaudoin et Maya Poirier ont parcouru plus de 5000 km à travers l’Arctique en motoneige.
Courtoisie

L’Opération NANOOK-NUNALIVUT 26 s’est terminée le 10 avril, à Churchill, au Manitoba. La patrouille longue distance du 1er Groupe de patrouilles des Rangers canadiens (1 GPRC) a parcouru plus de 5 200 km en motoneige à travers l’Arctique et travaillé aux côtés de 17 communautés nordiques. Deux Rangers francophones qui ont participé à cette expédition partagent leur expérience et leur parcours.

Rangers : donner du sens à l’aventure
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Maya Poirier est née au Yukon en 1994, d’un père québécois et d’une mère franco-ontarienne. Elle a étudié à l’École Émilie-Tremblay. Elle a fait beaucoup de voyages, mais est toujours revenue au territoire. « Ce qui me ramène ici, ce sont les gens, la nature, les milieux sauvages. C’est mon chez-moi. Je ne pourrais jamais vivre quelque part d’autre. J’adore le Yukon. J’adore où est-ce que je vis », explique la jeune franco-yukonnaise.  

Elle a joint les Rangers canadiens en juin 2025. Après avoir fait de gros changements dans sa vie, elle avait finalement le temps de s’engager avec quelque chose de nouveau. Elle voulait vraiment faire partie d’une communauté centrée sur le plein air et qui poursuivait un but plus grand que le simple loisir. La jeune femme explique que sa patrouille se rencontre une fois par mois et que les gens participent selon leurs disponibilités. « Tout le monde qui est des Rangers a d’autres jobs. Les engagements dépendent vraiment des circonstances de vie de tout le monde et quand les gens sont disponibles. »

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« Mon engagement auprès des Rangers me permet d’en apprendre beaucoup sur notre pays, sur les communautés isolées, leurs habitants, leurs cultures, à propos de nos forces armées et de la souveraineté de notre pays. J’apprends quelque chose de toutes les personnes que je rencontre. »

— Maya Poirier

Elle a découvert qu’elle adore faire partie d’une communauté de personnes qui travaillent ensemble avec fierté, qui se soutiennent et qui s’encouragent.

Maya Poirier a rejoint les Rangers en juin 2025.

Courtoisie

« Ça a vraiment changé ma vie »

Maya Poirier a de la difficulté à trouver les mots pour décrire sa participation à l’opération NANOOK-NUNALIVUT 26.

« Même après deux semaines, j’ai de la misère à réaliser ce qu’on a vécu. Ç’a vraiment changé ma vie. C’était incroyable! C’était une patrouille qui a lié tellement de communautés. Ç’a été une collaboration géante entre les forces, les Rangers et les communautés à démontrer l’unité qu’on avait comme Canadiens. Y a tellement de belles communautés fortes dans l’Arctique et c’était vraiment incroyable de pouvoir apprendre de toutes les personnes dans les communautés nordiques », se remémore la jeune femme.

Elle a joint la patrouille, avec son équipe, à Paulatuk, aux Territoires du Nord-Ouest et a continué jusqu’à Churchill.

Elle conclut en disant que la météo a été un facteur important. « Il a vraiment fait froid durant toute la patrouille, mais on était vraiment bien équipés avec nos vêtements et on était tous confortables. Ç’a été un hiver plus froid que la normale dans l’Arctique, mais, pour tous les gens dans les communautés, ils étaient tellement bien adaptés aux régions où ils vivent. Pour eux, c’était une autre journée, c’était normal. On a appris des personnes locales et on a utilisé de la fourrure dans nos vêtements, nos chapeaux et nos mitaines. »

Cette expérience, Maya s’en souviendra probablement toute sa vie.

Daniel Beaudoin, de cueilleur de morilles aux Rangers

Daniel Beaudoin est arrivé au Yukon à l’été 2000 pour cueillir des morilles et visiter le territoire avec des amis. À la fin de la saison, il a décidé de louer un avion pour se promener un peu et, comme beaucoup de personnes, tombe sous le charme de l’endroit. Il a décidé de rester pour terminer sa licence de pilote.

En 2010, alors qu’il habite à Haines Junction, un ami Rangers lui proposer de participer à une activité du groupe. Après quelques rencontres, il décide de se joindre à la patrouille locale. « J’ai toujours aimé pouvoir offrir mes services à la communauté en utilisant mes compétences et mon expérience. J’ai toujours été un gars de bois et, en arrivant là, j’avais l’opportunité d’aller dans la nature, faire des expéditions, des voyages avec d’autres gens qui avaient autant ou souvent, sinon plus d’expérience que moi au Yukon et dans le Nord. »

Son engagement auprès des Rangers lui apporte un sens de l’aventure avec un niveau de difficulté plus élevé et des défis plus grands que ses activités de loisirs habituelles.

« Il y a un côté bilingue aussi qui vient jouer là-dedans. Dans l’armée, il y a beaucoup de francophones et de gens qui sont bilingues. Ça m’a plu de pouvoir utiliser le français plus. J’ai aussi des opportunités assez uniques de voyages et j’aime beaucoup la camaraderie. Notre patrouille est quand même tissée assez serré. »

Maya Poirier, Daniel Beaudoin et d’autres Rangers durant l’expédition.

Courtoisie

« Ça m’a vraiment touché de pouvoir connecter avec toutes les communautés »

Il aime enseigner les choses qui l’intéressent et qu’il maîtrise bien. Les Rangers sont un pont entre l’Armée et la communauté. Il a pu mettre ses connaissances devant durant l’opération NANOOK-NUNALIVUT 26, où lui et sa patrouille ont agi comme guides et experts consultants.

« J’ai beaucoup de flashback des différentes parties du voyage. On a conduit de Whitehorse à Inuvik en camion et on a fait le reste du trajet jusqu’à Churchill en motoneige. Ça m’a vraiment touché de pouvoir connecter avec toutes les communautés et d’arriver en motoneige, de voyager sur le sol et la glace, c’était vraiment spécial. Et de voir les différentes cultures, de connecter avec les gens. Ça m’a marqué. C’était extraordinaire! »

Il a trouvé le voyage vraiment incroyable. « Être capable de voyager en groupe comme ça, notre groupe a vraiment grandi ensemble, on est devenu comme une famille. Malgré le froid tout le long du trajet, on s’est vraiment bien adapté. On a puisé dans nos ressources. Je me répétais comme mantra “Ne baisse pas ta garde”, car il y avait toujours tellement de choses à surveiller, à rester attentif. Ç’a aurait facile de tomber dans la complaisance du genre on tourne un coin, c’est facile, la glace est belle et tout d’un coup, il y a une craque. Je disais cela souvent à mon équipe. Je suis fier du travail que nous avons accompli », conclut-il.

L’opération NANOOK permet aux Forces armées canadiennes d’améliorer la façon dont elles mènent des opérations dans des conditions arctiques, d’accroitre la coordination entre les participant·es et de collaborer avec les partenaires de mission pour mieux réagir aux problèmes de sûreté et de sécurité.
Source : Gouvernement du Canada.