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le Mercredi 22 novembre 2023 12:36 | mis à jour le 7 mars 2024 12:40 Arctique

Le plus grand navire de pêche au Canada sera au Nunavut

Le Inuksuk II viendra remplacer le Inuksuk I qui cumule près de 37 ans de service. — Crédit : Baffin Fisheries
Le Inuksuk II viendra remplacer le Inuksuk I qui cumule près de 37 ans de service.
Crédit : Baffin Fisheries
L’Inuksuk II, un chalutier-usine congélateur de 80 mètres de long et 18 mètres de large de Baffin Fisheries, a franchi une importante étape le 31 octobre dernier par sa mise à l’eau sur le chantier naval de Tersan, en Turquie. Ayant une capacité pouvant atteindre 1 200 tonnes de flétan noir ou 800 tonnes de crevettes d’eau froide, le navire devrait arriver au Nunavut à la mi-2024.

Le début de la construction de l’Inuksuk II remonte en juillet 2022 et fait suite à deux ans de travail de planification avec le conseil d’administration de Baffin Fisheries.

Le nouveau navire a été conçu par le chantier maritime Skipsteknisk AS en Norvège et est en cours de construction par le chantier naval Tersan en Turquie; les leaders mondiaux de la conception et de la construction des chalutiers à poupe.

À titre comparatif, l’Inuksuk I et le Sivulliq, appartenant aussi à Baffin Fisheries, ont une capacité respective de 660 tonnes et de 700 tonnes de flétan noir ainsi que de 425 tonnes et 440 tonnes de crevettes.  

Quant à l’Arluk, il peut accueillir 155 tonnes de flétan noir.

Des avantages pour les Nunavummiut

L’Inuksuk II récoltera du flétan du Groenland et des crevettes de qualité supérieure, surgelées et cuites en mer ou congelées en mer.

Il viendra remplacer l’Inuksuk I, qui cumule près de 37 ans de service.

« La plus grande capacité et la technologie moderne réduiront les émissions de gaz à effet de serre et la consommation de carburant, principalement en réduisant le nombre de fois où le navire doit faire des allers-retours vers les lieux de pêche. La réduction des coûts de carburant et d’entretien augmentera la rentabilité et augmentera considérablement les redevances en espèces que la Société est en mesure de verser à ses propriétaires, les bénéficiaires inuit du Nunavut », explique Chris Flanagan, directeur général de Baffin Fisheries

Sandy Kautuq, président de Baffin Fisheries à Clyde River s’est exprimé dans le même sens.

« Ce beau nouveau bateau nous permettra d’augmenter les avantages pour les communautés du Nunavut et d’améliorer les possibilités d’emploi et les conditions de travail pour nos pêcheurs », a-t-il exprimé par voie de communiqué. 

À quelques mois de la date de livraison prévue, la construction intérieure et l’installation d’équipements se poursuivent sur le navire.

Chris Flanagan soutient que les pêches à la crevette et au flétan noir sont parmi les mieux gérées au monde et font l’objet d’une surveillance stricte de la part du Conseil de gestion des ressources fauniques du Nunavut (CGRFN) et du ministère des Pêches et des Océans Canada.

Annuellement, plus de 10 000 tonnes des deux espèces sont récoltées par Baffin Fisheries.

La Certification Pêche durable (MSC) permet de valoriser des pratiques de pêche durables dans le respect de la faune aquatique sauvage.

« Les quotas sont établis en fonction de la recherche scientifique et de la science de la gestion des pêches. La mission de l’entreprise est de maximiser les avantages et d’assurer la durabilité des ressources halieutiques pour les Inuit du Nunavut. Notre vision est d’être le premier producteur de fruits de mer sauvages d’eau froide de qualité supérieure », ajoute Chris Flanagan.

Les produits de Baffin Fisheries sont commercialisés auprès de clients du monde entier.

Favoriser l’employabilité des Inuit

Disposant de beaucoup plus d’espace d’hébergement, l’Inuksuk II sera en mesure de naviguer avec des stagiaires à son bord.

Davantage de mentorat et de formation seront aussi offerts pour permettre aux travailleurs inuit d’acquérir l’expérience nécessaire pour accéder à des postes plus élevés.

Plusieurs nouveaux postes seront créés tout en offrant de meilleures conditions aux employés.

« Le travail sera beaucoup moins exigeant en main-d’œuvre en raison de l’automatisation dans l’usine. Au lieu de soulever et d’empiler des boîtes, de nombreux travailleurs d’usine programmeront et surveilleront les contrôles de l’équipement et assureront le contrôle de la qualité du produit, ce qui ajoutera une valeur supplémentaire », précise Chris Flanagan.

IJL – Réseau.Presse – Le Nunavoix