le Mercredi 10 juin 2026
le Mardi 9 juin 2026 17:48 Sciences et environnement

Pollution plastique : Arviat au cœur d’une nouvelle étude

Des activités de collecte et de suivi liées à la pollution plastique sont déjà menées par l’Aqqiumavvik Society et des collaborateurs d’Environnement et Changement climatique Canada dans la région d’Arviat. — Courtoisie Aqqiumavvik Society
Des activités de collecte et de suivi liées à la pollution plastique sont déjà menées par l’Aqqiumavvik Society et des collaborateurs d’Environnement et Changement climatique Canada dans la région d’Arviat.
Courtoisie Aqqiumavvik Society

La communauté d’Arviat participera à un nouveau projet de recherche visant à mieux comprendre les impacts de la pollution plastique sur le territoire et au sein de la population. L’initiative, financée par le gouvernement fédéral, doit aussi contribuer à l’élaboration d’un plan dirigé par les Inuit pour en atténuer les effets.

Pollution plastique : Arviat au cœur d’une nouvelle étude
00:00 00:00

Le gouvernement fédéral a annoncé le 12 mai dernier un financement total de près de 2,4 millions de dollars pour six projets de recherche dirigés ou codirigés par des Autochtones. Au Nunavut, le projet est mené par Nicolas D. Brunet, professeur associé à l’Université de Guelph (Ontario). En collaboration avec la communauté d’Arviat, il cherche notamment à cartographier les secteurs touchés par la pollution plastique et à évaluer ses conséquences sur les écosystèmes, les systèmes alimentaires et la population.

Les initiatives financées visent entre autres à croiser les savoirs autochtones et la recherche universitaire afin de mieux comprendre les impacts de la pollution plastique. Les connaissances qui en découleront pourraient aussi être utiles à d’autres collectivités de l’Arctique confrontées à des défis similaires.

L’objectif de cette nouvelle étude vise à mieux comprendre l’impact des déchets plastiques sur le territoire.

Courtoisie

Pourquoi Arviat ?

 Le projet vise à mieux comprendre le phénomène à Arviat et à contribuer à l’élaboration d’une approche dirigée par les Inuit pour en réduire les répercussions.

 Selon Nicolas D. Brunet, des préoccupations locales liées aux effets potentiels des plastiques sur l’alimentation et l’eau ont contribué à la mise sur pied de l’initiative, même si, d’après lui, la pollution plastique ne constitue pas encore un enjeu majeur dans ce hameau. 

Il précise que le projet a pris forme après des échanges avec l’Aqqiumavvik Society et des collaborateurs d’Environnement et Changement climatique Canada (ECCC). Ceux-ci menaient déjà des travaux de suivi de cette problématique dans la communauté avec des étudiants.

Selon des informations transmises par l’organisme d’Arviat, des recherches sur les microplastiques sont effectuées depuis plusieurs années dans la région, notamment dans l’eau marine, les sols et divers oiseaux de rivage.

Le nouveau partenariat vise d’ailleurs à mieux comprendre les impacts des déchets plastiques observés sur le territoire, tant pour l’environnement que pour la santé humaine. Des jeunes du programme Ujjiqsuiniq Young Hunters Program pourraient également participer à des travaux de suivi, dans une optique de formation et de sensibilisation environnementale.

« Arviat a été choisie en premier parce que les plastiques représentent une préoccupation locale, en raison des effets potentiellement néfastes de leur présence dans l’alimentation et l’eau. »

— Nicolas D. Brunet, professeur associé à l’Université de Guelph (Ontario)

Selon M. Brunet, l’initiative s’articulera autour de trois grandes questions : où et pourquoi la pollution plastique est présente dans et aux abords de la communauté, quels impacts elle pourrait avoir et quelles solutions permettraient d’en atténuer les conséquences.

Le professeur explique qu’une première phase de l’étude sera consacrée à la cartographie de la pollution plastique à l’aide d’observations, de relevés sur le terrain et de l, destinée aux savoirs Inuit et à la recherche. Des résidents, jeunes, chasseurs et aînés seront appelés à documenter les déchets plastiques observés sur le territoire au moyen de photos et de données géolocalisées afin d’identifier les secteurs les plus touchés.

Une deuxième étape portera sur le bien-être de la communauté. Des ateliers et des discussions locales permettront de mieux comprendre les effets potentiels des plastiques, poursuit-il. Enfin, la démarche doit mener à l’élaboration de solutions dirigées par les Inuit afin d’en limiter les répercussions.

Bien que le projet soit déjà en cours, les activités de collecte de données à Arviat devraient débuter à l’automne, une fois les autorisations nécessaires obtenues, précise Nicolas D. Brunet. 

Le chercheur souhaite que les connaissances tirées du projet puissent être utiles aux communautés inuit et aux décideurs appelés à intervenir face à la pollution plastique. Selon lui, l’initiative pourrait aussi permettre à des jeunes et à des résidents d’acquérir de l’expérience en participant à la recherche.

« Pas une préoccupation majeure » selon le maire, mais des résultats attendus

Le maire Joe Savikataaq Jr. estime que la pollution plastique ne constitue pas pour l’instant une préoccupation majeure à Arviat. « À ce stade-ci, ce n’est pas une préoccupation très importante, mais cela pourrait changer selon les résultats de cette recherche menée localement », affirme-t-il.

Selon lui, la communauté représente un terrain d’étude pertinent en raison de sa forte dépendance aux aliments traditionnels provenant de la terre et de l’eau. Il souligne que la localité approvisionne également d’autres communautés en nourriture prélevée sur le territoire, ce qui renforce l’intérêt de mieux comprendre les impacts potentiels de cette pollution.

Joe Savikataaq Jr. espère que cette recherche mènera à des retombées concrètes pour la population locale, tout en permettant à des résidents d’Arviat d’acquérir de l’expérience en participant aux travaux.