le Mardi 21 juillet 2026
le Mardi 21 juillet 2026 6:08 | mis à jour le 21 juillet 2026 8:34 Actualités

Pond Inlet retenue pour le Programme de justice thérapeutique

Des activités sur le territoire et la transmission des savoirs traditionnels comptent parmi les approches privilégiées par le Programme de justice thérapeutique.  — Gouvernement du Nunavut
Des activités sur le territoire et la transmission des savoirs traditionnels comptent parmi les approches privilégiées par le Programme de justice thérapeutique.
Gouvernement du Nunavut

Le gouvernement fédéral a annoncé le 26 juin 2026 un investissement de 1,59 million de dollars au ministère de la Justice du Nunavut afin d’élargir le Programme de justice thérapeutique destiné aux jeunes ayant des démêlés avec le système judiciaire à Pond Inlet.

Pond Inlet retenue pour le Programme de justice thérapeutique
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Le financement permettra d’adapter et de mettre en œuvre le Programme de justice thérapeutique afin de soutenir les jeunes de 12 à 30 ans. Axée sur la guérison, la responsabilisation et le soutien, cette approche constitue une solution de rechange au processus judiciaire traditionnel. Il vise à réduire la récidive et à aider les participants à progresser de manière positive. 

Les participants auront notamment accès à un soutien en santé mentale, à des conseils, à une thérapie de groupe portant sur les aptitudes à la vie quotidienne ainsi qu’à des activités culturelles animées par des Aînés inuit et d’autres intervenants locaux. Ilcomprendra également des séjours sur le territoire et l’apprentissage de compétences traditionnelles. Selon le gouvernement fédéral, le projet contribuera à renforcer les liens communautaires, la résilience et la sécurité à l’échelle locale en réunissant les services cliniques, les programmes culturels et les partenaires de la collectivité. 

Un modèle qui a fait ses preuves 

Déjà implanté à Arviat et à Cambridge Bay depuis 2019, le Programme de justice thérapeutique a accompagné plus de 160 participants. Le ministère estime que cette approche s’attaque aux causes profondes de la criminalité, telles que les problèmes de santé mentale, les dépendances et les traumatismes intergénérationnels. Elle privilégie la guérison et la responsabilisation plutôt que la punition, en offrant des services adaptés. 

C’est à la suite d’une évaluation menée dans plusieurs collectivités du Qikiqtani que Pond Inlet a été retenu, explique le ministère de la Justice du Nunavut. L’analyse a notamment pris en compte le nombre d’appels effectués à la Gendarmerie royale du Canada (GRC), les taux de criminalité, la fréquence des visites des tribunaux dans ces localités, ainsi que les ressources et services disponibles pour soutenir la mise en œuvre du projet. Pond Inlet, Igloolik et Clyde River figuraient parmi les collectivités évaluées. 

Le programme devrait être opérationnel au début de l’exercice financier2027-2028, après la création de deux nouveaux postes ainsi que le recrutement d’intervenants et d’Aînés.

Jusqu’à 60 participants pourraient être dirigés au cours de la première année. Les ministères de la Justice et de la Santé collaboreront à sa mise en œuvre afin d’offrir un accompagnement adapté.  

Il est précisé que les anciens bénéficiaires continueront d’avoir accès à des services de soutien et pourront aussi agir comme mentors auprès des nouveaux inscrits.  

Dans une approche de justice réparatrice, le programme permet également aux victimes de prendre part au processus de guérison. Elles peuvent notamment être informées des progrès réalisés ou des démarches entreprises pour réparer les torts causés. 

Au-delà de l’accompagnement offert aux participants, cette initiative a eu des retombées à l’échelle locale grâce à des projets communautaires et des activités de sensibilisation auprès des jeunes.  

Selon le ministère, l’une des principales leçons tirées depuis sa création est que la justice thérapeutique est plus efficace lorsqu’elle est conçue en fonction des besoins de chaque collectivité et portée par celle-ci. La collaboration avec les autres ministères, les Aînés, les municipalités et les organismes du milieu permet de rendre les services adaptés aux Inuit plus accessibles et de favoriser la réintégration des personnes au sein de leur communauté.  

L’avenir du programme 

Le gouvernement souhaite étendre progressivement ce projet à d’autres collectivités. Une fois le programme en place à Pond Inlet, Igloolik est considérée comme la communauté suivante susceptible d’en bénéficier. Les prochaines expansions s’appuieraient sur des critères semblables à ceux ayant mené à la sélection de Pond Inlet. 

L’évaluation de l’initiative reposera sur le degré de participation, l’atteinte des objectifs des plans de mieux-être ainsi que ses retombées sur les participants, les partenariats et la communauté.

« Ce nouveau financement nous permettra d’élargir ce programme dirigé par les Inuit et de renforcer les voies locales pour obtenir des résultats en matière de justice et de sécurité publique plus adaptés à la culture », a affirmé par voie de communiqué, George Hickes, vice-premier ministre du Nunavut et ministre de la Justice et ministre des Transports et de l’Infrastructure du Nunavut. La députée du Nunavut. Lori Idlout, s’est également réjouie de cet investissement, estimant qu’il permettra d’offrir aux jeunes de Pond Inlet des solutions de rechange culturellement appropriées au système de justice pénale. 

Dans la communauté, le directeur administratif de Pond Inlet, David Stockley, accueille favorablement cette initiative. « Les programmes axés sur la guérison, la responsabilisation et les savoirs traditionnels peuvent véritablement faire une différence en s’attaquant aux causes profondes de la délinquance tout en aidant les jeunes à bâtir un avenir plus prometteur et plus sain ». La municipalité entend collaborer avec ses partenaires afin d’en assurer le succès.