le Mercredi 4 mars 2026
le Mercredi 4 mars 2026 7:15 Sports et loisirs

Le Nunavut en piste pour Whitehorse

La délégation nunavummiut est prête pour disputer ces 28es Jeux d'hiver de l'Arctique — Crédit : NU Sport Fédération
La délégation nunavummiut est prête pour disputer ces 28es Jeux d'hiver de l'Arctique
Crédit : NU Sport Fédération

À l’aube de la 28e édition des Jeux d’hiver de l’Arctique, le Nunavut se prépare à envoyer 219 athlètes à Whitehorse du 8 au 15 mars. Au-delà des podiums, ces Jeux représentent pour plusieurs jeunes une occasion de mettre à l’épreuve leur entraînement et leurs ambitions sportives.

Le Nunavut en piste pour Whitehorse
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La délégation nunavummiut sera représentée dans plusieurs disciplines, allant du hockey au ski de fond, en passant par le basketball, le volleyball et le curling. S’y ajoutent les sports arctiques et les jeux dénés, des épreuves emblématiques qui rappellent l’ancrage nordique de l’événement.

Après avoir décroché 66 médailles lors de la dernière édition 2024, l’équipe aborde ces Jeux avec confiance, même si l’objectif dépasse le simple décompte des podiums. Plus qu’une compétition, cette rencontre est une occasion de mesurer l’entraînement, de tester le niveau de chacun et surtout : vivre une belle expérience humaine.

La délégation du Nunavut et l’équipement pour ces AWG 2026 ont été dévoilés fin février.

Crédit : NU Fédération

Une expérience marquante dans un parcours athlétique

Cette édition réunira près de 2000 participants et membres du personnel issus des différentes zones circumpolaires, transformant Whitehorse en véritable carrefour des disciplines nordiques.

Après sa solide performance il y a deux ans, Team Nunavut indique que les attentes pour ses 219 athlètes du territoire sont surtout axées autour de la fierté, le dépassement de soi et l’esprit sportif.

Paolo Gallina, responsable des communications des Jeux d’hiver 2026, indique que les sports d’équipe intérieurs comme le futsal et le volley-ball ont, au fil des ans, élargi présence dans plusieurs régions. Une croissance continue des épreuves arctiques et des jeux dénés a aussi été remarquée, reflétant une intérêt accru chez les jeunes et une résurgence culturelle. « Pour de nombreux adolescents du Nord, ce rendez-vous circumpolaire constitue une première expérience majeure dans un événement multisport », affirme-t-il. Il ajoute que l’événement contribue également à renforcer la confiance et les compétences en leadership à long terme.  

Des propos qui font écho aux commentaires de Team Nunavut, pour qui représenter le territoire est une source de fierté, un jalon dans le parcours d’un athlète et une étape déterminante pour ses ambitions futures.

Plein feu sur des participants inuit

À seulement 15 ans, Tyler Williams vivra ses premiers jeux d’hiver de l’Arctique avec l’équipe U15 de hockey masculin, où il joue au centre.  Fier de représenter le Nunavut, l’adolescent qui vit à Iqaluit souhaite « apporter sa culture et son héritage aussi loin que possible, et les montrer à tout le pays ». Le jeune hockeyeur affirme que cette expérience dépasse largement le simple tableau indicateur et sera l’occasion de « créer des souvenirs qui dureront toute une vie ». Il raconte également l’énergie de ses coéquipiers. « Ils m’apprennent à créer des liens sur la glace et en-dehors et nous nous aidons pour gagner ». En plus du hockey et de la fierté de porter les couleurs du Nunavut, Tyler partage un aperçu de ses petites habitudes : avant un match, il prend plaisir à écouter « The Show Goes On » de Lupe Fiasco pour se motiver.

Tyler Williams souhaite montrer sa culture et son héritage à tout le pays.

Courtoisie Hockey Nunavut

Pour Eliyah Laird, compétiteur en patinage de vitesse courte piste dans la catégorie U15, ce sera aussi une grande première. Ses entraîneurs ont demandé une dérogation d’âge pour qu’il puisse prendre le départ, ce qu’il attend avec impatience. L’athlète confie être très fier de représenter son territoire : « Je veux donner mon maximum, améliorer certains temps personnels et surtout, profiter pleinement de l’expérience en savourant chaque course et chaque moment avec mes partenaires ».

Kayla Tikivik en sera à sa deuxième participation. En lice dans les sports arctiques, elle confie que cela signifie beaucoup pour elle de représenter le Nunavut cette année. « Je suis fière de mettre en valeur notre culture, notre force et notre détermination », dit-elle. Sur le plan personnel, elle s’est fixé l’objectif de réussir un saut pied levé à 7 pieds lors de l’épreuve.

Eliyah Laird souhaite donner son maximum pour ses premiers Jeux. 

Crédit : Nunavut Speed

S’entraîner à contre-courant

Pour les sports individuels, la préparation a également été intense, même si des contraintes logistiques et météorologiques ont perturbé celle du club de ski. Une compétition à Gatineau, mi-février, a servi de véritable test puisqu’il s’agissait de la première et unique épreuve de la saison avant les Jeux. Callum Goddard y a décroché l’argent au 5 km, un résultat jugé encourageant pour une équipe qui n’en est qu’à sa troisième participation aux Jeux.

Si les quatre fondeurs et leurs entraîneurs qui forment la délégation de ski de fond arrivent aux Jeux fébriles, c’est dans un contexte où chaque séance d’entraînement relève presque de l’exploit. L’association doit compter largement sur ses propres ressources pour entretenir les pistes et assurer l’équipement nécessaire, souvent dans des conditions variables et exigeantes.

« On est tellement fier de ce qu’on a réussi à faire. On l’a fait à contre-courant ! »

— Benoit Havard, entraîneur

« On veut avoir le droit d’avoir nos installations, d’avoir nos pistes de ski de fond tout simplement » ajoute ce passionné de la discipline.

À quelques jours du départ pour Whitehorse, la préparation se résume à une seule chose : skier, skier, skier. Dans un territoire où les traces classiques ne peuvent pas être aménagées comme ailleurs, chaque sortie est un défi. Lors de leur passage au sud, l’équipe en a profité pour rapporter un nouveau coffre de fartage.

Le groupe espère monter sur le podium sur les 5 et 10 kilomètres. Comme le résume l’entraîneur : « On n’est jamais assez prêt pour une course, sauf que, quand tu y vas, tu arrives avec ce que tu as. En tant que coach, c’est ça qu’il faut réussir à faire : leur en donner le plus possible, sans que ça déborde ». Pour eux, chaque kilomètre parcouru se transforme en une expérience formatrice avant Whitehorse.

Callum Godd a remporté une belle médaille d’argent à Gatineau lors de l’unique épreuve de préparation.

Crédit : Iqaluit Ski Team

Une première pour Lili Havard

Parmi les quatre fondeurs qui prendront part à l’épreuve de ski de fond, Lili Havard, 13 ans, découvrira elle aussi les Jeux d’hiver de l’Arctique. La course de Gatineau a donné à la jeune athlète un premier avant-goût de l’adversité qui l’attend.  « J’étais nerveuse et excitée en même temps. Je me suis bien amusée durant la course » relate-t-elle.

Son père et entraîneur ajoute que cet événement a permis à Lili de voir à quel point le travail fourni est exigeant : « Ça fait mal, ce sont des efforts extrêmes, tu te pousses au maximum et c’est un défi de gérer tout ».

La skieuse reconnaît avoir trouvé la rencontre sportive intimidante, surtout avec de nombreuses personnes autour, mais a pu compter sur le soutien d’une de ses coéquipières. Elle pense aussi que cette étape l’a aidée à prendre conscience de ses forces et des aspects à améliorer. Malgré la fatigue, elle s’est surprise à persévérer, à mieux gérer son effort et à chercher des façons d’aller plus vite. Pour les Jeux à venir, son objectif est simple : franchir la ligne d’arrivée.