le Jeudi 5 novembre 2026
le Mercredi 4 novembre 2026 11:28 Actualités

Cancer du sein au Nunavut : mieux s’informer pour mieux agir

La marche de sensibilisation au cancer du sein, organisée le 24 octobre dernier, a débuté à l'Assemblée nationale à Iqaluit.  — Gwendoline Le Bomin
La marche de sensibilisation au cancer du sein, organisée le 24 octobre dernier, a débuté à l'Assemblée nationale à Iqaluit.
Gwendoline Le Bomin

À Iqaluit, la marche et le rassemblement organisés le samedi 24 octobre ont rappelé l’importance de la sensibilisation au cancer du sein. Au Canada, environ une femme sur huit sera atteinte de cette maladie au cours de sa vie, et une sur 35 en décédera. ¹ Ces chiffres rappellent l’importance de mieux connaître les signes à surveiller, les facteurs de risque et les ressources accessibles.

Cancer du sein au Nunavut : mieux s’informer pour mieux agir
00:00 00:00

Reconnaître les signes 

Au-delà du ruban rose, cette mobilisation portait un message concret : connaître son corps, reconnaître les changements inhabituels et savoir quelles ressources sont accessibles. Un enjeu particulièrement important au Nunavut, où les distances et la répartition des services médicaux peuvent compliquer l’accès à certains examens. 

Une masse dans le sein ou sous l’aisselle est l’un des signes possibles du cancer du sein. D’autres changements méritent également une attention particulière : une modification de la taille ou de la forme du sein, une rougeur ou un épaississement de la peau, une rétraction récente du mamelon ou un écoulement inhabituel. 

Une douleur au sein peut aussi justifier une évaluation, même si elle est souvent liée à une cause non cancéreuse. Ces signes ne signifient pas nécessairement qu’il s’agit d’un cancer, mais un changement inhabituel devrait être évalué sans attendre le prochain dépistage. 

« Connaissez votre corps afin de pouvoir reconnaître les changements », rappelle la Dre Ekua Jemaine, médecin hygiéniste en cheffe du Nunavut. L’objectif n’est pas de vivre dans l’inquiétude, mais de savoir quand demander conseil. 

La Dre Ekua Agyemang, médecin hygiéniste en chef du Nunavut, souligne que le cancer du sein peut être traité avec succès lorsqu’il est détecté tôt. « Connaissez vos risques et renseignez-vous sur les options qui s’offrent à vous. Même si nous vivons au Nunavut, une région éloignée et isolée, il existe des moyens de dépister le cancer du sein et de le traiter. »

Gwendoline Le Bomin

Le dépistage : connaître son risque 

La mammographie est un examen radiologique qui permet de détecter certaines anomalies du sein, parfois avant même qu’elles soient perceptibles. Le dépistage s’adresse aux personnes qui ne présentent aucun symptôme, tandis qu’un examen diagnostique sert à investiguer une anomalie ou un symptôme. 

L’âge et les antécédents familiaux contribuent à déterminer les recommandations appropriées. Lorsqu’une mère, une sœur ou une autre parente proche a reçu un diagnostic de cancer du sein, il est important d’en discuter avec un professionnel de la santé. Une évaluation du risque individuel permettra de déterminer si un dépistage plus précoce ou un suivi particulier est indiqué. 

Un cancer du sein peut toutefois survenir même sans antécédents familiaux. Connaître son risque est donc important, mais ne remplace ni le dépistage recommandé ni l’évaluation de symptômes éventuels. 

Des parcours de soins malgré les distances 

Au Nunavut, les mammographies ne sont pas disponibles dans toutes les régions. Cela ne signifie toutefois pas que les personnes doivent renoncer à une évaluation ou à des soins. 

Lorsqu’un changement préoccupant apparaît, la première étape consiste à communiquer avec son centre de santé. Selon la situation, une mammographie diagnostique peut être organisée et un déplacement médical prévu pour effectuer les examens nécessaires et orienter la personne vers un traitement si besoin. 

Pour les personnes sans symptômes qui souhaitent passer une mammographie de dépistage, d’autres possibilités existent. Un examen peut notamment être planifié en coordination avec un déplacement médical déjà prévu vers Iqaluit ou une ville du Sud. Les modalités dépendent de la situation individuelle et des services accessibles. 

« Nous avons plusieurs parcours possibles au Nunavut, mais il faut parler à son professionnel de la santé pour déterminer lequel convient le mieux », souligne la Dre Jemaine. 

L’essentiel est de connaître les options disponibles et de ne pas présumer qu’un examen est inaccessible en raison de son lieu de résidence. 

Le ministère de la Santé du Nunavut organisait la toute première marche de sensibilisation au cancer du sein. L’événement a rassemblé une trentaine de personnes. 

Gwendoline Le Bomin

Une responsabilité collective 

La marche et le rassemblement du 24 octobre ont également été l’occasion de reconnaître les personnes qui vivent avec un cancer du sein, celles qui en ont été guéries ainsi que les familles et les proches qui ont perdu un être cher. 

Derrière chaque diagnostic se trouvent des histoires personnelles, des familles et des communautés touchées. La peur, la gêne ou l’incertitude face aux démarches peuvent parfois rendre la recherche d’aide plus difficile. Une communauté informée et solidaire peut contribuer à briser les silences, à faciliter les conversations et à encourager les personnes touchées à obtenir du soutien. 

Écouter sans juger, accompagner un proche à un rendez-vous ou l’aider à trouver des renseignements fiables sont autant de gestes qui peuvent faire une différence. La sensibilisation se poursuit bien au-delà d’une marche ou du port d’un ruban rose : elle passe par les conversations, le soutien et le partage d’information. Reconnaître les changements inhabituels et connaître les ressources accessibles peuvent aussi favoriser un diagnostic précoce et de meilleures possibilités de traitement. 

Rappelons-nous que la sensibilisation est une responsabilité collective. S’informer, prendre soin de sa santé et soutenir les personnes touchées ainsi que leurs proches sont autant de façons de faire avancer cette cause, ici même, au Nunavut.  

Note 

¹ Société canadienne du cancer, Statistiques sur le cancer du sein. Tiré de : Statistiques sur le cancer du sein | Société canadienne du cancer le 03 novembre 2026 

Infirmière depuis plus de 15 ans, j’ai travaillé en urgence, en périnatalité et en santé scolaire, en plus d’avoir vécu près de cinq ans au Nunavik. Ces expériences m’ont donné une vision globale et humaine de la santé. Passionnée de prévention et de saines habitudes de vie, j’ai à cœur de rendre l’information accessible. Amatrice de plein air et mère de famille, j’ai le plaisir d’apporter ici une chronique santé adaptée à notre réalité nordique.