le Mercredi 21 octobre 2026
le Mercredi 21 octobre 2026 6:50 | mis à jour le 21 octobre 2026 6:55 Actualités

Rankin Inlet : des infrastructures améliorées, mais des défis de transport persistants

Offrant une superficie d’environ 4 300 m2, la nouvelle aérogare de Rankin Inlet est en service depuis le 23 juin 2026. — Prairie Architects Inc.
Offrant une superficie d’environ 4 300 m2, la nouvelle aérogare de Rankin Inlet est en service depuis le 23 juin 2026.
Prairie Architects Inc.

La nouvelle aérogare de Rankin Inlet a été inaugurée le 28 septembre 2026. À celle-ci s’ajoute un financement fédéral de 85,5 millions de dollars pour réhabiliter l’aérodrome. Si ces investissements sont salués, le coût élevé des billets, les retards et les annulations demeurent des préoccupations pour les voyageurs.

Rankin Inlet : des infrastructures améliorées, mais des défis de transport persistants
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En service depuis le 23 juin 2026, le bâtiment est entièrement accessible et offre une superficie d’environ 4 300 mètres carrés, contre 1000 auparavant. Cet agrandissement doit permettre d’accueillir davantage de passagers.  

Le financement fédéral servira à réhabiliter la piste, les voies de circulation et les aires de trafic.  

Une réfection préventive 

Le projet prévoit la réfection d’environ 141 000 m2 de chaussée. Selon le gouvernement fédéral, les travaux doivent améliorer la fiabilité et la sécurité du transport aérien dans le Kivalliq, prolonger la durée de vie de l’aérodrome de 15 à 20 ans et réduire les besoins d’entretien à long terme. 

Le ministère des Transports et de l’Infrastructure du Nunavut précise que la piste de Rankin Inlet n’avait pas été mise à niveau depuis 2008. Une évaluation réalisée en 2024 a conclu qu’un resurfaçage urgent était nécessaire. Des fissures ont été réparées en 2021, mais une réfection complète du revêtement reste à faire.  

Son état actuel n’a toutefois pas contribué jusqu’ici à des perturbations des vols, souligne-t-il.  

Encore à l’étape de la conception, le projet doit assurer la continuité des liaisons alors que la piste approche de la fin de sa durée de vie utile. 

Les travaux ne permettront cependant pas de réduire le coût élevé des déplacements, ajoute-t-il. Leur objectif est de maintenir une desserte fiable à Rankin Inlet et de préserver l’aérodrome à long terme.  

Les infrastructures ne suffisent pas 

Le Bureau de la concurrence n’a pas analysé en détail cet investissement et ne se prononce pas sur ses effets attendus.  

Son étude de marché sur le transport aérien au Canada, publiée en 2025, relève que la mauvaise qualité des pistes, les installations désuètes et les systèmes de surveillance météorologique peu fiables peuvent augmenter les coûts d’exploitation des transporteurs.  

« L’amélioration des infrastructures peut donc contribuer à répondre à certains des défis auxquels font face les compagnies aériennes dans le Nord », indique Rosalie Leblanc, porte-parole de l’organisme. 

Le document recommande notamment de moderniser les aéroports nordiques pour accueillir une plus grande variété d’appareils et davantage d’exploitants.  « De meilleures infrastructures ne résoudront pas à elles seules tous les défis liés aux coûts, à la concurrence et à la fiabilité du service dans le Nord », ajoute-t-elle. 

L’organisme explique que les collectivités nordiques peu peuplées et éloignées les unes des autres limitent la clientèle potentielle. Les dépenses élevées pour le carburant, la main-d’œuvre et le logement compliquent aussi la rentabilité de nombreuses liaisons.  

Il relève également que, dans certains grands aéroports nordiques, les compagnies établies contrôlent des actifs essentiels dont les nouveaux venus ont besoin pour exercer leur activité.  

Une concurrence accrue peut se traduire par des prix plus bas, un meilleur service et davantage de choix pour les voyageurs. Pour la favoriser, le Bureau recommande d’aménager des installations ouvertes à tous les transporteurs et d’adapter la réglementation au contexte nordique.  

Robert Connelly, président de la Kivalliq Trade Show Society, souligne que les retards et les annulations peuvent ralentir l’approvisionnement, l’arrivée de travailleurs et l’accès à des services spécialisés, en plus d’entraîner des coûts supplémentaires.  

Les tarifs aériens élevés pour les passagers et le fret représentent aussi, selon lui, un obstacle pour certaines entreprises, qui doivent répercuter une partie de ces dépenses sur leurs clients. Il ajoute que la croissance de Rankin Inlet et l’augmentation du nombre de personnes et de marchandises qui y transitent accentuent la pression sur les infrastructures et les services. 

Des investissements salués 

Robert Connelly estime que les investissements récents à l’aéroport ont des retombées importantes pour Rankin Inlet et les autres localités du Kivalliq qui en dépendent comme plaque tournante. Selon lui, l’agrandissement des installations et la modernisation de l’aire de trafic ont contribué à des déplacements plus efficaces et plus fiables des personnes et des marchandises, et devraient continuer à les faciliter.   

Il s’attend également à une capacité accrue des transporteurs et à une meilleure disponibilité des biens et des services. Ces aménagements pourraient aussi, à ses yeux, offrir de nouvelles occasions aux entreprises et aux fournisseurs locaux, ainsi que créer des emplois et des possibilités de formation.  

Pour Calm Air, l’état de l’aérodrome n’est qu’un des éléments qui influencent le bon déroulement des vols. Les retards et les annulations dans le Nord sont le plus souvent causés par la météo, la visibilité et d’autres facteurs opérationnels.  

« Tout investissement qui renforce la fiabilité à long terme d’un aéroport nordique clé est une bonne nouvelle pour les communautés que nous desservons », indique Calm Air.

Un avion de Calm Air devant la nouvelle aérogare de Rankin Inlet.

Calm Air International LP

La météo, toujours déterminante 

En visite pour la première fois à Rankin Inlet à l’occasion du Kivalliq Energy Forum, George Hauffe a eu une impression très positive de la nouvelle aérogare. Il décrit une arrivée sans retard, un débarquement et une récupération des bagages rapides, ainsi que des installations impeccables et un personnel courtois. 

Son départ a toutefois été plus incertain : un épais brouillard enveloppait Rankin Inlet le lundi matin. Hauffe rapporte avoir entendu que certains vols avaient été annulés. « Le brouillard était si épais que je ne pouvais pas voir de l’autre côté de la route. On nous a dit que notre avion risquait de ne pas pouvoir atterrir en raison de la météo », raconte-t-il. 

Le groupe avait prévu un plan B, mais n’avait trouvé aucune chambre disponible dans la communauté. Le soleil a finalement percé et les voyageurs ont pu repartir vers Yellowknife.  

Robert Connelly estime que d’autres investissements seront nécessaires pour rendre les déplacements plus fiables et plus abordables. Il cite un système d’atterrissage aux instruments (ILS), grâce auquel davantage d’appareils pourraient se poser par mauvais temps et lorsque la visibilité est réduite. 

Il croit que moins de retards et d’annulations pourraient diminuer certains frais d’exploitation des transporteurs. Ces économies pourraient ensuite profiter aux résidents, aux entreprises et aux voyageurs, espère-t-il.  

À ces besoins s’ajoutent, selon lui, des infrastructures opérationnelles pour le fret, la réfrigération, l’entretien des appareils, le stationnement et le soutien aux déplacements médicaux.