le Mardi 6 octobre 2026
le Mardi 6 octobre 2026 15:49 | mis à jour le 6 octobre 2026 17:02 Actualités

John Manzo fait vibrer la scène artistique d’Iqaluit

John Manzo, alias Galaxy Cat, multiplie les projets pour faire vivre et découvrir différentes formes d’art à Iqaluit. Selon l’artiste multidisciplinaire, la scène artistique locale gagnerait à se développer pour offrir davantage d’occasions aux artistes de se produire.  — Gwendoline Le Bomin
John Manzo, alias Galaxy Cat, multiplie les projets pour faire vivre et découvrir différentes formes d’art à Iqaluit. Selon l’artiste multidisciplinaire, la scène artistique locale gagnerait à se développer pour offrir davantage d’occasions aux artistes de se produire.
Gwendoline Le Bomin

Installé au territoire depuis 2012, John Manzo, alias Galaxy Cat, est devenu une figure incontournable de la scène artistique de la capitale du Nunavut. Le 26 septembre dernier, l’artiste a organisé la cinquième édition de la soirée « Silent Disco » au Franco-Centre, qui a attiré près de 100 personnes.

John Manzo fait vibrer la scène artistique d’Iqaluit
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Danseur, chorégraphe, DJ, organisateur de soirées, professeur de danse… John Manzo possède plus d’une corde à son arc et met ses talents au service de la communauté. Originaire de Mississauga, en banlieue de Toronto, il prend des cours de danse de salon et de danses folkloriques d’Asie du Sud-Est dès l’adolescence. Il suit en parallèle des cours de théâtre et fait partie d’un groupe de chant.  

Il multiplie ensuite les expériences professionnelles comme technicien du son et éclairagiste au Heritage Theatre, dans la région du Grand Toronto, et décroche plusieurs rôles secondaires au cinéma et à la télévision. À l’université, il étudie la danse et l’éducation et fait partie d’un groupe de steel drums. Il obtient plus tard une certification professionnelle de danse DVIDA en danses de salon et latines qui lui permet d’enseigner dans des studios professionnels prestigieux du pays tels que les studios Fred Astaire et Arthur Murray.  

John Manzo pose ses valises à Iqaluit en 2012. Ce qui ne devait être qu’une étape dans son parcours, est finalement devenu son chez-soi : l’artiste y réside toujours et multiplie les projets artistiques.   

Entre 2013 et 2015, il fait partie d’un groupe appelé « Latinos de Nieve » qui se produit principalement au Franco-Centre. C’est à ce moment-là que le groupe crée les fameuses soirées Jam Café qui ont lieu dans la même salle. « À l’époque, cet endroit s’appelait l’Arts Café, car des expositions d’arts plastiques y étaient organisées en parallèle des concerts », raconte-t-il. « Nous proposions également des pâtisseries et des boissons, ce qui donnait vraiment l’impression d’être dans un café. » 

Le groupe se produit également au Légion, chez les Elks, au Nova, au parc Sylvia Grinnel et au festival Alianait. John Manzo a également été musicien local à Iqaluit (percussions) pour le groupe Koel and the Twin Otters, ainsi que pour Kelly Fraser et Abraham Tudlik. 

Son parcours le mène également sur les scènes nationale et internationale. Il a été DJ à plusieurs reprises dans des salles de Toronto, a participé trois fois au festival Burning Man et s’est produit au Harvest Festival, notamment sur le toit d’un restaurant-bar à Pékin et dans un bar-club à Osaka, au Japon. 

Passionné par les arts, John Manzo est également peintre. Ses œuvres ont été exposées au Franco-Centre pendant tout le mois de février dernier. « C’est sous un éclairage ultraviolet que mes œuvres se révèlent le mieux », souligne-t-il.

À consulter : Photo(s) de la semaine : Le Franco-Centre aux couleurs de l’art local

Près de 100 personnes ont participé à la soirée « Silent Disco », organisée au Franco-Centre. Équipés de casques sans fil, les participants pouvaient passer d’un DJ à l’autre et choisir la musique qu’ils souhaitaient écouter parmi les trois ambiances proposées. 

Gwendoline Le Bomin 

Une scène artistique en plein essor mais de nombreux freins 

John Manzo estime que la scène artistique à Iqaluit est en plein essor, mais déplore le manque d’espaces permettant de découvrir l’art. « J’aimerais qu’il y ait plus d’opportunités », dit-il. « Il n’y a pas beaucoup d’événements artistiques au quotidien. Parfois, il faut attendre que des événements spéciaux soient annoncés », constate-t-il. « Ce serait formidable de disposer d’un espace où les artistes se sentiraient à l’aise pour être eux-mêmes, expérimenter, collaborer et partager leur travail sans avoir l’impression de devoir rentrer dans un moule particulier. Iqaluit regorge de talents créatifs et il existe tant de formes d’art différentes qui méritent d’être vues et découvertes. » 

Selon l’artiste, l’aspect financier représente un frein au développement de la scène artistique à Iqaluit. « La location d’un espace coûte très cher. Il faut donc pouvoir louer une salle, payer tous les artistes et rémunérer toutes les personnes impliquées », explique le DJ. Il avoue tirer peu de bénéfices de ses performances. « En grande partie, ce que je récolte à l’entrée revient aux artistes et au centre de répétition », avoue-t-il. « Et puis, ce qui reste sert à rembourser le matériel que j’ai acheté. Ce qui ne suffit même pas à le payer. » Il se réjouit néanmoins que chaque événement lui permet d’acquérir de l’expérience.  

Lorsqu’il organise des événements, John Manzo s’assure de réunir un large éventail d’artistes « pour que ce ne soit pas toujours les mêmes personnes, encore et encore. » Il essaie également de proposer des styles variés. « À Iqaluit, la musique est toujours la même. Les gens demandent toujours les mêmes chansons, il n’y a aucune variété. Mes soirées apportent donc des styles musicaux différents qui ne sont généralement pas diffusés de la même manière. » 

L’artiste joue notamment du drum & bass, un genre de musique électronique rapide et énergique, relativement méconnu du grand public, estime-t-il. « C’est donc une bonne occasion de faire découvrir ce genre musical en ville. Je pense que cela apporte une touched’inattendu. » Il ajoute aimer associer différentes formes d’art et créer des expériences uniques. « Qu’il s’agisse de danse, de musique, de DJing, d’arts plastiques, de costumes ou de performance, j’aime faire se rencontrer ces différents univers. » 

Il souhaiterait ainsi contribuer à créer des occasions où musiciens, danseurs, artistes plasticiens, DJ, artistes de scène et autres créateurs puissent se réunir et se soutenir mutuellement. « J’aimerais créer des occasions où les artistes confirmés peuvent entrer en contact avec ceux qui débutent, et où chacun peut apporter quelque chose d’unique à la communauté créative », partage-t-il. 

Danser en silence 

La cinquième édition de « Silent Disco » a réuni DJ Deadbbeatz en première partie de la soirée, puis DJ Miel, Galaxy Cat et DJ Will ont pris le relai. « Pour chacune des soirées “Silent Disco” que j’ai organisées, j’essaie de mélanger différentes équipes », rapporte John Manzo.  

Lors de ses soirées, l’artiste se transforme en Galaxy Cat et revêt un costume de chat lumineux, inspiré du Chat du Cheshire dans Alice au pays des merveilles, son livre préféré lorsqu’il était enfant, confie-t-il. « Les gens ont commencé à m’appeler “CosmicKitty”, puis “Galactic Cat”, avant de finalement raccourcir ce nom en “Galaxy Cat”, et ce surnom m’est resté », raconte l’artiste.  

Sur la piste du Franco Centre ce soir-là, un Deadpool se déhanchait aux côtés d’une femme pirate. Les participants étaient en effet invités à se déguiser ou à porter des tenues fluos, ou de couleurs vives. Chacun portait un casque audio qui lui permettait de basculer d’un DJ à l’autre selon ses préférences. Chaque canal de DJ était associé à une couleur spécifique. « Tu peux donc savoir quel DJ tes amis écoutent grâce à la couleur de leurs écouteurs », explique John Manzo.  

L’artiste espère organiser prochainement une nouvelle soirée de ce type et se dit également intéressé à l’idée de se produire dans d’autres communautés du Nunavut.

Retrouvez les photos de la dernière Silent Disco ci-dessous.

Gwendoline Le Bomin
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