le Samedi 20 juillet 2024
le Mercredi 3 juillet 2024 8:00 | mis à jour le 3 juillet 2024 19:34 Sciences et environnement

La grande luminosité du Nord : une alliée pour une meilleure alimentation

Daphnée Sansregret et Élizabeth Laroche sont toutes deux étudiantes à la maitrise en biologie végétale à l’Université Laval. — Crédit : Élise Imbeau et Brodie Larocque – Polar/Polaire
Daphnée Sansregret et Élizabeth Laroche sont toutes deux étudiantes à la maitrise en biologie végétale à l’Université Laval.
Crédit : Élise Imbeau et Brodie Larocque – Polar/Polaire
Au cours de la dernière année, les résidents de Cambridge Bay ont certainement remarqué la présence d’un dôme érigé près de la Station canadienne de recherche dans l’Extrême-Arctique (SCREA), qui est dirigée par Savoir polaire Canada. Avec l’aide précieuse de cette organisation, deux étudiantes de l’Université Laval à Québec travaillent sur différentes études liées à la culture.
La grande luminosité du Nord : une alliée pour une meilleure alimentation
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Daphnée Sansregret et Élizabeth Laroche sont toutes deux étudiantes à la maitrise en biologie végétale à l’Université Laval dans le laboratoire de Martine Dorais qui se spécialise en physiologie des cultures en serre et en horticulture biologique.

Depuis quelques années, cette professeure titulaire au Département de phytologie de la Faculté des sciences de l’agriculture et de l’alimentation de l’Université Laval réalise des projets sur la sécurité alimentaire dans le Nord.

Le projet actuel du dôme de Cambridge Bay sera source de plusieurs événements au cours de l’été dans l’objectif d’intégrer la communauté à cette initiative.

Allonger la saison de culture

Dès leur arrivée à la fin mai, les deux étudiantes qui demeureront dans la communauté jusqu’en septembre étaient à pied d’œuvre pour préparer la saison de croissance, marquant du même coup l’ouverture officielle du dôme.

Des élèves de la 9e année de la communauté ont aussi participé aux activités de plantation.

Du zucchini, de la courge butternut, du concombre, du cantaloup, des herbes, des tomates, de la laitue et des épinards pourront entre autres être cueillis tout au long de la saison de culture.

Dans les dernières semaines, par temps très ensoleillé, des températures de 35°C ont été enregistrées dans l’installation, et ce, sans chauffage d’appoint et malgré des températures extérieures froides.

« Ça prouve à quel point le dôme va être pratique pour allonger la saison de croissance », indique Daphnée Sansregret.

Cette grande chaleur peut toutefois devenir problématique pour les plantations et un système de ventilation ainsi qu’un pan de mur conçu pour éviter la surchauffe ont été installés.

Des expérimentations sont présentement réalisées avec l’oseille qui est transplantée afin de voir comment elle réagit, mais aussi dans le but de comparer sa croissance lorsqu’elle est en présence d’une légumineuse qui joue en quelque sorte le rôle d’un fertilisant.

Plusieurs autres études sont aussi en cours dont la réalisation de transplants de quatre plantes qui sont consommés par la communauté.

Une autre recherche porte sur les sources de fertilisation locale qui comprend les algues, les résidus de table et de poisson ainsi que le caca d’oie.

C’est l’appel du projet, de la nature et de l’aventure qui a convaincu Daphnée Sansregret de venir passer quelques mois dans le Nord.

Pour l’amatrice de plein air, le sujet de l’alimentation permet le contact avec l’humain, ce qu’elle apprécie particulièrement.

L’an dernier, en plus d’aider à mener à terme l’installation du dôme, la jeune femme s’était rendue à Cambridge Bay pour mener un projet sur la phénologie, qui étudie le fait de passer de la floraison à la fructification pour les plantes arctiques.

Du zucchini, de la courge butternut, du concombre, du cantaloup, des herbes, des tomates, de la laitue et des épinards pourront entre autres être cueillis tout au long de la saison de culture.

Crédit : Élise Imbeau – Polar/Polaire et Élizabeth Laroche

Inclure la communauté

Le travail de Daphnée Sansregret et d’Élizabeth Laroche est réalisé à l’aide de consultations passées menées dans les communautés, de rencontres avec des ainés et de contacts avec le Nunavut Inuit Heritage Centre.

Au cours de la saison, les étudiantes souhaitent réaliser un portrait sur le savoir ethnobotanique de la région.

Cela comprend les plantes, autant d’intérêt alimentaire, médicinal qu’au niveau, par exemple, de la fabrication de paniers.

« On se rend compte qu’il y a différents endroits dans l’Arctique qui sont mieux recensés au niveau des savoirs ethnobotaniques », souligne Daphnée Sansregret.

Actuellement, une seule étude concernant la région de Kitikmeot soutient l’utilisation et la consommation de certaines plantes traditionnelles.

À la fin de l’été, des entrevues seront réalisées avec des ainés de différentes communautés pour établir ce portrait, mais aussi pour décider avec eux de la façon dont ils désirent que ce savoir soit traduit.

Les étudiantes souhaitent démontrer quelles solutions sont applicables dans la communauté.  

« On fait beaucoup beaucoup de choses pour s’assurer qu’on est là pour une raison, puis que ça se traduise aussi au niveau de cette connexion-là avec la communauté », affirme la jeune femme qui souligne au passage l’immense soutien reçu jusqu’à maintenant.   

À la fin de la saison, une journée de récolte sera réalisée et le fruit de tout ce travail sera partagé entre les résidents.

Les résultats des différentes recherches seront quant à eux présentés à la communauté l’an prochain.

Toutes les activités de Daphnée Sansregret et Élizabeth Laroche peuvent être suivies sur leur page Facebook consacrée au projet.