le Jeudi 23 mai 2024
le Mercredi 8 mai 2024 8:00 | mis à jour le 8 mai 2024 11:04 Francophonie

Le Franco-Centre, reconnaissant de ses bénévoles

  Crédit : Vincent Desrosiers – VDOpro
Crédit : Vincent Desrosiers – VDOpro
La Semaine nationale de l’action bénévole se tenait du 14 au 20 avril 2024. Comme pour plusieurs autres organisations du Nunavut, l’implication de bénévoles pour le Franco-Centre s’avère essentielle.

Le développement actuel du Franco-Centre de l’Association des francophones du Nunavut (AFN) a pu se réaliser entre autres grâce à l’apport de plusieurs bénévoles dans le passé.

Dès ses débuts en 1981, l’organisation s’est bâtie grâce à l’implication de personnes dévouées et le bénévolat continue d’occuper une place très importante aujourd’hui.

Activités communautaires, comptabilité, radio, journal, aide pour soutenir la direction générale… Ce ne sont là que quelques exemples d’implication des quelques bénévoles qui donnent de leur temps annuellement à l’organisation.

Pour Christian Ouaka, directeur général de l’AFN, ces personnes qui ont du temps à offrir et qui ont le désir de voir le développement de la francophonie au territoire sont très précieuses.

Il en profite pour inviter davantage de personnes, dont les jeunes, à s’impliquer dans la communauté.

« Le bénévolat, c’est quelque chose qui est très important dans notre tissu communautaire. C’est une action qui permet, je dirais, à la communauté et aux organisations, même, de vivre », affirme-t-il.

Impliqué dans la grande majorité des événements du Franco-Centre, Carl-Éric Cardinal Bussières aide à l’organisation de la salle, à la porte et au bar.

Crédit : Courtoisie

Vouloir participer à la vie collective

À Iqaluit depuis un an, Carl-Éric Cardinal Bussières a fréquenté le Franco-Centre dès son arrivée pour y participer à une soirée de jeux de société.

À l’époque, se rendre dans ce lieu lui avait fait un grand bien en lui permettant de rencontrer des gens avec qui il pourrait partager son expérience et tisser des liens.

« Quand je suis arrivé au Franco-Centre, dans les deux ou trois premières fois, je trouvais ça tellement le fun. J’étais comme «Moi je veux être bénévole ici !» J’ai commencé à les achaler : «Je veux faire la porte, je veux faire le bar. Appelez-moi si vous avez besoin d’aide !» », se souvient-il.

Impliqué dans la grande majorité des événements du Franco-Centre, Carl-Éric Cardinal Bussières aide à l’organisation de la salle, à la porte et au bar.

« Pour moi, c’est important d’aller justement participer aux événements de la francophonie, d’encourager le Franco-Centre. Je trouve qu’on a tellement une belle communauté », affirme-t-il.

La serre communautaire d’Iqaluit, le Club de ski Aniirajak et la friperie Piviniit font aussi partie des organisations où il donne de son temps.

Pour lui, la raison du manque de temps pour s’impliquer vient avec le manque d’intérêt.

« Ça me fait plaisir de participer à l’effort collectif de la communauté. Pour moi, c’est de sortir de chez-moi, faire une activité, rencontrer des gens que ce soit au Franco-Centre ou au Ski Can, ce ne sont pas juste les francophones. Je trouve cela vraiment important d’être en contact avec des gens de la communauté, faire des activités ici, à Iqaluit. Pour moi, ça rend justement mon expérience encore plus dynamique », indique le dévoué bénévole.

Impliqué au Franco-Centre depuis une douzaine d’années, Tommy Tremblay donne aussi de son temps au Club de ski Aniirajak.

Crédit : Kira Dorward, Nunavut Live

Une expertise précieuse

Tommy Tremblay s’implique auprès du Franco-Centre depuis une douzaine d’années.

À cette époque, l’organisation vivait une période plus difficile financièrement, mais il souligne que la vigilance et le dévouement de membres du conseil d’administration ont aidé l’AFN à se relever.

En plus d’apporter une aide régulière pour s’assurer que le système de son du Franco-Centre ait une base de fonctionnement adéquate et venir en renfort en cas de problème, il a aussi longtemps aidé à l’organisation du Café des artistes.

Le bon fonctionnement du système de son est nécessaire aux spectacles, mais aussi lors d’activités qui nécessitent l’utilisation d’un micro.

Au fil des années, Tommy Tremblay a apporté son expertise afin que les achats d’équipements soient judicieux.

Il a aussi épaulé dans le design et l’installation du système de son lors des récentes rénovations du Franco-Centre.

« Je le fais vraiment pour la communauté », affirme-t-il humblement.

C’est l’aspect culturel du Franco-Centre qui a fait en sorte qu’il a choisi ce lieu pour donner de son temps.

« Je trouve que c’est une super place pour voir des shows », souligne-t-il.

L’homme est aussi impliqué auprès du Club de Ski Aniirajak et fait partie de son conseil d’administration.

Pour lui, le bénévolat permet d’acquérir des habiletés à l’extérieur de son cadre habituel.

« C’est vraiment une occasion d’apprendre de nouvelles choses. Aussi, c’est l’occasion de voir l’impact sur la communauté. Si c’est bien choisi, ça peut être très valorisant », estime Tommy Tremblay.  

Selon son expérience, il a remarqué que les bénévoles fonctionnent bien dans une organisation qui valorise et favorise le bénévolat.

Lorsqu’elle habitait à Igloolik en 2013, Victoria a réalisé une émission de radio bénévolement. Plus récemment, elle est surtout présente au Franco-Centre pour apporter son aide derrière le bar et lors d’événement spéciaux.

Crédit : Courtoisie

Une bénévole de longue date

Arrivée à Iqaluit en 2012, Victoria Perron a rapidement débuté son implication au Franco-Centre.

Tout comme Tommy Tremblay, elle a d’abord aidé à l’organisation du Café des artistes, mais pour sa part, en étant derrière les fourneaux.

Elle raconte que cela représentait un grand défi pour elle parce que l’objectif était d’offrir des plats pour tous, ce qui incluait la cuisine végétarienne et sans gluten.

Auparavant serveuse, elle a aussi participé au fil des ans à des événements tels que les soupers d’huitres et de homards.

« J’étais toujours prête à aider et donner un coup de main », relate-t-elle.

Plus récemment, Victoria Perron est surtout présente au Franco-Centre pour apporter son aide derrière le bar et lors d’événement spéciaux.

« J’aime parler avec les gens. Pour moi, c’est une bonne excuse de pratiquer mon français avec plusieurs personnes », exprime-t-elle.

Lorsqu’elle habitait à Igloolik en 2013, elle a aussi réalisé une émission de radio bénévolement.

Dans le passé, elle a également été impliquée auprès du Alianait Arts Festival; organisation pour laquelle elle travaille aujourd’hui à temps plein et a fait partie du conseil d’administration du Carrefour Nunavut.

« J’aime bien faire du bénévolat avec des organisations culturelles et qui sont liées avec la communauté », explique Victoria Perron.

Actuellement, elle est aussi bénévole pour la Nunavut Black History Society et est membre du conseil d’administration du Musée Nunatta Sunakkutaangit.

Elle explique que le bénévolat lui permet aussi d’ouvrir ses horizons.

« Les gens que tu rencontres sont de différentes sociétés, d’endroits, de pays. Ils ont différents points de vue. C’est cool de parler avec eux », affirme-t-elle.

Elle s’estime chanceuse d’avoir les moyens financiers lui permettant de faire du travail de façon bénévole.

Depuis près de deux ans, Florence Lapierre Poulin offre de son temps lors des divers événements du Franco-Centre pour le service du bar.

Crédit : Vincent Desrosiers – VDOpro

Sortir du cadre du travail

Depuis près de deux ans, Florence Lapierre Poulin offre de son temps lors des divers événements du Franco-Centre pour le service du bar.

Fréquemment derrière un ordinateur dans le cadre de son travail, elle désirait se retrouver dans un contexte plus actif où les échanges sociaux sont présents.

À Iqaluit depuis plus de quatre ans, elle fréquentait souvent le Franco-Centre parce qu’elle appréciait sa programmation.

« Je voulais m’impliquer dans un organisme où j’allais faire quelque chose de quand même actif, que j’allais parler aux gens. Je connaissais déjà les gens qui étaient impliqués dans le Franco-Centre, donc je voulais m’impliquer pour passer un peu plus de temps avec mes amis en même temps », affirme Florence Lapierre Poulin.

À son arrivée à Iqaluit, la femme s’était impliquée au centre alimentaire, mais avec la survenue de la pandémie, ses activités ont cessé.

Étant davantage une personne introvertie qui aime rester à la maison, le bénévolat lui a permis de développer son réseau social.

« Juste aller dans une soirée, j’ai peut-être plus de misère à parler à des gens. Mais là quand j’ai une tâche assignée qui est de répondre aux clients et de préparer les boissons, on dirait que ça donne un bon contexte pour des fois, juste commencer une conversation. Donc, ça m’a permis de rencontrer des gens et de me rapprocher de mes amis », explique la bénévole.

Elle apprécie également beaucoup les fins de soirée alors que le groupe nettoie ensemble et fait un bilan.

Partant souvent dans les communautés pour son travail, elle aime le fait qu’elle peut s’impliquer au Franco-Centre avec un horaire flexible.