le Mercredi 29 mai 2024
le Mercredi 8 mai 2024 8:00 Actualités

Baker Lake fait une grande place aux adolescents dans sa programmation communautaire

Une fois par semaine, les adolescentes de 12 à 18 ans de Baker Lake se regroupent pour faire de la fabrication de bracelets, la couture et la peinture. — Crédit : The Feathered Rose – Flickr
Une fois par semaine, les adolescentes de 12 à 18 ans de Baker Lake se regroupent pour faire de la fabrication de bracelets, la couture et la peinture.
Crédit : The Feathered Rose – Flickr
Depuis quelques semaines, les adolescents et adolescentes de Baker Lake peuvent se regrouper en participant à deux programmes communautaires qui leur sont spécialement destinés. En proposant de telles activités, l’objectif est d’offrir à la communauté des occasions de création de liens et d’unité communautaires.

Une fois par semaine, les adolescentes de 12 à 18 ans de Baker Lake sont invitées au Jonah Amitnaaq Secondary School (JASS) Atrium pour le programme « Girl Talk » qui vise à discuter de divers sujets tout en réalisant des activités manuelles comme la fabrication de bracelets, la couture et la peinture.

De leur côté, les garçons de 10 à 18 ans ont accès à deux sessions par semaine pour apprendre les connaissances de base en cuisine et réaliser des plats, qui diffèrent d’une semaine à l’autre.

Des activités qui attirent les jeunes

Alors que le groupe de cuisine des garçons est nouveau, il s’agit d’un retour pour le programme « Girl Talk », qui s’était déjà tenu en 2019.

« Dans le passé, cela a créé une occasion de nouer de nouvelles amitiés, d’acquérir de nouvelles compétences et de discuter de différents sujets tels que la santé mentale, l’intimidation et les habiletés d’adaptation », affirme Tracy Nateela, travailleuse de proximité en santé mentale et en toxicomanie à Baker Lake.

L’intention était d’offrir une activité similaire aux garçons, mais il a fallu un certain temps pour en identifier une qui saurait leur plaire.

En décembre 2023, une infirmière en santé mentale de la communauté a proposé de cuisiner avec de jeunes garçons. L’activité ayant été couronnée de succès, c’est à ce moment que Tracy Nateela a réalisé qu’il serait intéressant d’offrir à répétition l’opportunité aux adolescents de se retrouver derrière les fourneaux.

Lors de la journée de lancement de ce programme en avril dernier, plus d’une vingtaine de garçons ont souhaité y prendre part.

« Malheureusement, nous n’avons pas une cuisine assez grande pour accueillir tout le monde, alors nous avons dû refuser la moitié des garçons », se désole l’intervenante.

Ayant le souhait que tous ceux qui le désirent puissent participer, une session hebdomadaire supplémentaire a été ajoutée à la programmation.   

Au vu de l’intervenante, quelques-uns des jeunes qui ont participé jusqu’à maintenant connaissent certains des outils de cuisine et possèdent déjà des compétences culinaires. 

Une fois le plat cuisiné, les adolescents peuvent manger sur place leur portion de nourriture ou la rapporter à la maison.

Au-delà de l’activité…

« Nous intégrons souvent des discussions ouvertes sur des sujets tels que la santé mentale, les habiletés d’adaptation, les émotions et l’intimidation dans nos programmes. L’un de nos objectifs est de déstigmatiser la santé mentale et l’idée que seules les femmes ont ou ressentent des émotions. Tout le monde devrait se sentir à l’aise d’exprimer ses émotions », souligne Tracy Nateela.

Présente lors des activités pour animer les discussions et soutenir les participants, elle estime que de se tenir les mains occupées par des activités manuelles rend le fait de discuter de sujets difficiles moins intimidant.

En plus de fournir un espace sûr pour parler, la participation à ces groupes crée des occasions de se faire des amis pour la vie et d’acquérir de nouvelles compétences.

« Personnellement, il y a des moments où j’aurais aimé avoir l’occasion d’aller à un programme comme celui-ci quand j’étais plus jeune ; peut-être que je n’aurais pas été aussi timide que je l’étais, aussi longtemps que je l’ai été. Peut-être que j’aurais appris certaines choses plus tôt que je ne l’ai fait. Cela aurait été comme avoir une grande sœur ou juste un autre inuk plus âgé vers qui je peux me tourner », conclut Tracy Nateela.