le Mercredi 29 mai 2024
le Mercredi 24 avril 2024 10:00 | mis à jour le 25 avril 2024 14:58 Arts et culture

Apprendre l’inuktut à travers l’art inuit

Miali Coley-Sudlovenick se voue à la création d’initiatives dans le domaine du conseil autour de l’inuktut, la culture inuit et l’éducation. — Crédit : avec l'autorisation de JS Photography
Miali Coley-Sudlovenick se voue à la création d’initiatives dans le domaine du conseil autour de l’inuktut, la culture inuit et l’éducation.
Crédit : avec l'autorisation de JS Photography
En collaboration avec Miali Coley-Sudlovenick, le Musée des beaux-arts du Canada offrira le 30 avril prochain un dernier cours virtuel axé sur l’art pour apprendre l’inuktut. Puisque chaque leçon peut être suivie indépendamment des autres, il est toujours temps de s’inscrire pour participer à cette session qui viendra clôturer une série de six rencontres d’une heure portant sur des œuvres d’art du musée.

Propriétaire de l’entreprise Allurvik et détentrice d’un baccalauréat en enseignement, Miali Coley-Sudlovenick se voue à la création d’initiatives dans le domaine du conseil autour de l’inuktut, la culture inuit et l’éducation.

Il s’agit d’une première collaboration entre le Musée des beaux-arts du Canada situé à Ottawa et l’Inuk Miali Coley-Sudlovenick, qui est née en Jamaïque et qui a grandi à Iqaluit.

Basée au Nunavut, Allurvik offre une palette élargie de soutien aux gouvernements, organisations, entreprises et sociétés en matière d’apprentissage de l’inuktut et de conseil.

Nick Sikkuark, Sans titre (Chamans s’approchant l’un de l’autre?), 2005. Crayon de couleur sur papier vélin, 30,4 × 30,4 cm. Canadian Arctic Producers, Mississauga (821004577). © Succession Nick Sikkuark. 

Crédit : MBAC

Améliorer l’expérience au Musée

Offertes gratuitement, les six séances hebdomadaires ont débuté le 26 mars dernier.

Chaque cours, donné en anglais, traite d’un sujet différent et s’adresse à des participants de tous les âges et de tous les niveaux.    

« L’idée est venue lorsque les interprètes qui travaillent au Musée ont demandé une brève leçon sur la prononciation de certains mots en inuktut liés aux œuvres d’art de l’exposition Nick Sikkuark. Humour et horreur qui vient de se terminer », explique Jamie Morse, agente d’éducation, programmes autochtones et rayonnement du département Apprentissage et engagement communautaire.

Retraçant plus de quarante ans de carrière, cette exposition qui compte plus de 100 œuvres est la première rétrospective de l’artiste et retrace plus de quarante ans de carrière.

Né dans l’actuelle région de Kitikmeot, Nick Sikkuark est décédé en 2013 et a connu un succès discret en créant des sculptures, des dessins et des peintures d’une grande inventivité.

Puisque le Musée des beaux-arts du Canada possède de nombreuses œuvres inuit qui comprennent des noms, des titres et d’autres mots en inuktut, Jamie Morse a pensé que le public pourrait bénéficier de ces leçons pour que leur expérience dans l’établissement ou en ligne soit encore plus enrichissante.

Dans ses leçons, Miali Coley-Sudlovenick a d’abord passé en revue les sons de base, les règles et les lignes directrices de l’inuktut.

Elle a aussi abordé l’histoire de la langue et fait des comparaisons avec d’autres dialectes.

« Avec l’aide d’une présentation à l’écran, certaines diapositives montreront des images de matériaux utilisés dans l’art inuit, et d’autres les noms de certains artistes inuit populaires et quelques-unes de leurs œuvres d’art », précise Jamie Morse.

Les cours sont surtout théoriques, mais les participants peuvent poser des questions au besoin.

Nick Sikkuark, Sans titre (Transformation humain-caribou?), 1998. Ramure de caribou, os, pierre et fourrure, 21,5 × 7,5 × 15 cm. Musée des beaux-arts du Canada, Ottawa. Acheté en 2012. © Succession Nick Sikkuark.

Crédit : MBAC

La place de l’art inuit au Musée

L’art inuit occupe une large place dans les salles d’art autochtone et canadien ainsi que dans d’autres espaces du Musée des beaux-arts du Canada.

Deux conservatrices inuit et un autre membre du personnel inuit ont à cœur de mettre en valeur toutes les œuvres d’art autochtones, y compris les œuvres inuit.

Près de 800 peintures, sculptures, estampes, photographies, pièces d’orfèvrerie et objets d’art décoratif de tout le Canada, couvrant une période remontant à 5000 ans et se terminant en 1967, sont présentés dans les salles d’art autochtone et canadien. 

Le Musée a aussi placé des femmes artistes au centre de plusieurs dispositifs d’exposition dans ces salles.

Parmi les artistes féminines à l’honneur se retrouve Jessie Oonark, décédée en 1985.

Les œuvres de cette femme ont grandement été inspirées par la vie de nomade qu’elle a vécue avant de s’installer à Baker Lake.

Particulièrement intéressée par les costumes traditionnels, elle fut parmi les premiers artistes de sa génération reconnus comme figures majeures de l’art inuit.