le Jeudi 23 mai 2024
le Mercredi 10 avril 2024 13:00 | mis à jour le 10 avril 2024 13:10 Actualités

Un pas de plus pour la transition vers l’énergie propre dans le Kivalliq

Lors du symposium sur l’énergie et les ressources de l’Arctique, Dan Vandal, ministre des Affaires du Nord, de CanNor et de PrairiesCan, a annoncé le financement de 2,8 millions $ pour la prochaine phase d’élaboration du projet de liaison hydroélectrique et de fibre optique à Kivalliq. — Crédit : Denis Korol
Lors du symposium sur l’énergie et les ressources de l’Arctique, Dan Vandal, ministre des Affaires du Nord, de CanNor et de PrairiesCan, a annoncé le financement de 2,8 millions $ pour la prochaine phase d’élaboration du projet de liaison hydroélectrique et de fibre optique à Kivalliq.
Crédit : Denis Korol
Dan Vandal, ministre des Affaires du Nord, de CanNor et de PrairiesCan, a annoncé le 21 mars dernier que la Nukik Corporation allait recevoir un financement supplémentaire de 2,8 millions de dollars du programme canadien ARDEC Nord pour faire passer à la prochaine phase d’élaboration le projet de liaison hydroélectrique et de fibre optique à Kivalliq.

Cette annonce a été réalisée par le ministre Dan Vandal dans un discours au symposium sur l’énergie et les ressources de l’Arctique. 

Bien que le Nunavut soit le plus grand territoire du Canada, il s’agit de la seule administration canadienne qui n’est pas liée au réseau électrique du pays.

Ayant une durée de vie de plus de 60 ans, le projet de l’entreprise inuit Nukik Corporation consiste à aménager sur 1 200 km une ligne de transmission de 150 mégawatts dotée de câbles à fibre optique pour relier le réseau du Manitoba à la région de Kivalliq.

La phase de construction est prévue de 2028 à 2032.

Le projet consiste à aménager sur 1 200 km une ligne de transmission de 150 mégawatts dotée de câbles à fibre optique pour relier le réseau du Manitoba à la région de Kivalliq.

Crédit : Nukik Corporation

Cinq communautés visées

Le financement de 2,8 millions de dollars appuiera les travaux de génie, de conception et d’environnement sur le terrain et s’ajoute aux 11,6 millions de dollars accordés par Relations Couronne-Autochtones et Affaires du Nord Canada (RCAANC) et l’Agence canadienne de développement économique du Nord pour la phase antérieure de planification et de faisabilité du projet.

La Banque de l’infrastructure du Canada a également accordé un prêt à faible taux d’intérêt de sept millions de dollars afin d’accélérer les activités de développement.

« En tant que tout premier lien d’infrastructure reliant le Nunavut avec le reste du Canada, le projet permettra de créer un accès à un service à large bande abordable pour environ 10 000 habitants dans les communautés d’Arviat, de Baker Lake, de Chesterfield Inlet, de Rankin Inlet et de Whale Cove », résume Jacinthe Goulet, porte-parole pour Relations Couronne-Autochtones et Affaires du Nord Canada.

« Cela permettra de moderniser les systèmes de télécommunications de la région et de favoriser le développement économique futur, notamment grâce au commerce électronique, à la télésanté et aux possibilités d’éducation », ajoute-t-elle.

Le projet de liaison hydroélectrique et de fibre optique à Kivalliq réduira aussi considérablement les risques liés au transport de combustibles lourds sur les eaux de l’Arctique ainsi qu’aux déversements de combustibles dans les communautés.

En plus des cinq communautés citées, deux mines n’utiliseront plus de diesel pour produire de l’énergie, assurant la croissance durable de la région.

Le passage à l’énergie propre dans la région améliorera la qualité de l’air à l’échelle locale, réduira les émissions de gaz à effet de serre de 371 000 tonnes annuellement et économisera 138 millions de litres de carburant chaque année.

Le ministre Dan Vandal affirme qu’un tel changement vers l’énergie propre contribue aussi grandement à l’atténuation des changements climatiques et aux efforts d’adaptation.

« Notre peuple souhaite depuis longtemps se doter d’une électricité renouvelable et d’une connectivité fiable. Notre dépendance à l’égard du diesel n’est pas durable et entrave notre développement social et économique. Le nouveau financement accordé permettra de faire progresser un projet essentiel et d’aider les Inuit à accéder au même type d’occasions que celles dont profitent les autres Canadiens », a déclaré par voie de communiqué Kono Tattuinee, président de l’Association inuit du Kivalliq.

À lui seul, il est prévu que ce projet permette de réaliser l’objectif de réduction des émissions de gaz à effet de serre du Nunavut établi pour 2030.

Les retombées économiques

Le projet de la Nukik Corporation créera des emplois pour le temps des travaux de construction et par la suite, pour en assurer le fonctionnement.

13 650 employés seront nécessaires pour la phase de construction qui offrira aussi des possibilités de formation pour les jeunes Inuit.

Selon Jacinthe Goulet, cette réalisation sera aussi un catalyseur de possibilités de développement socioéconomique multigénérationnelles pour la région une fois qu’il sera achevé, en 2032.

Nukik Corporations estime que son projet contribuera à hauteur de 3,2 milliards de dollars au PIB du Canada seulement pendant la phase de construction et générera des revenus estimés à huit milliards de dollars sur une période de 50 ans.

« À plus long terme, le fait de fournir une énergie plus propre aura des retombées sociales, économiques et environnementales positives pour les Nunavummiut », soulève Jacinthe Goulet.

L’appui du Gouvernement du Canada dans cette réalisation s’aligne sur les objectifs du Cadre stratégique pour l’Arctique et le Nord du Canada.

Lancé en 2019, ce cadre a pour objectif de protéger le riche environnement, bâtir des communautés plus saines, respecter les droits et les intérêts des peuples autochtones et soutenir une économie forte, diversifiée, durable et dynamique dans les régions de l’Arctique et du Nord.