le Jeudi 23 mai 2024
le Mercredi 27 mars 2024 13:00 | mis à jour le 27 mars 2024 15:22 Arctique

Les Forces armées canadiennes démontrent leur présence dans l’Arctique

  Crédit : Master Corporal Alana Morin, Joint Task Force - North, Yellowknife
Crédit : Master Corporal Alana Morin, Joint Task Force - North, Yellowknife
L’opération NANOOK-NUNALIVUT menée par les Forces armées canadiennes (FAC) s’est tenue du 1er au 17 mars dernier à Resolute Bay, à Yellowknife et dans leurs environs. Menée depuis 2007, l’opération vise à démontrer la détermination et la capacité des FAC à opérer dans l’Arctique.

Avant 2018, plusieurs exercices différents ont eu lieu dans le Nord, notamment les opérations NANOOK, NUNAKPUT et NUNALIVUT.

Puis, en 2019, ces opérations disparates ont été regroupées sous le nom d’opération NANOOK.

L’opération NANOOK-NUNALIVUT démontre la capacité des FAC à projeter et à maintenir des forces dans le Haut-Arctique dans les conditions les plus difficiles ainsi qu’à tester de nouvelles capacités et l’interopérabilité avec les alliés.

En inuktitut, « nunalivut » signifie « terre qui est la nôtre ».

Les plus grands défis relatés par les participants à cette opération réfèrent à l’environnement et à la nature austère du Nord.

Crédit : Master Corporal Alana Morin, Joint Task Force - North, Yellowknife

Divers exercices réalisés

Il s’agissait de la première édition de l’année 2024 du plus important exercice de souveraineté dans l’Arctique du Canada.

Plus de 300 membres des FAC ainsi qu’une cinquantaine de membres des forces armées de l’Allemagne, de la Belgique, des États-Unis et de la France ont participé à l’exercice.

« Il est de plus en plus important d’être en mesure de projeter et de maintenir en puissance des forces dans l’Arctique canadien. L’opération NANOOK-NUNALIVUT est l’occasion pour nous de démontrer la présence et la souveraineté du Canada dans le Nord tout en nous entraînant pour opérer dans des environnements austères et difficiles », a déclaré par voie de communiqué le vice-amiral Bob Auchterlonie, commandant au Commandement des opérations interarmées du Canada. 

Une journée « type » menée lors d’une telle opération varie selon l’emplacement et le rôle.

« Les membres du Groupe-compagnie d’intervention dans l’Arctique (GCIA) effectuent des patrouilles à long rayon d’action et s’entraînent à opérer dans l’environnement arctique, tandis que les membres du Centre de formation des Forces armées canadiennes dans l’Arctique (CFFACA) pourraient soutenir le GCIA en fournissant un soutien logistique, un hébergement, une formation et une maintenance », explique le Major Jason Rheubottom, officier des affaires publiques sénior à la Force opérationnelle interarmées Nord (FOIN) aux Forces armées canadiennes.

Concernant les ressources déployées de l’Aviation royale canadienne (ARC), elles peuvent assurer le transport aérien de l’équipement, des fournitures et du personnel ou encore, effectuer du réapprovisionnement par parachutage.

La force opérationnelle de plongée (FOP) effectue de son côté des plongées sous glace pour s’entraîner.

Les Rangers canadiens offrent de la formation sur la survie dans l’Arctique et aident au contrôle des animaux si nécessaire.

Les plus grands défis relatés par les participants à cette opération réfèrent à l’environnement et à la nature austère du Nord.

« Afin d’opérer au Nunavut ou ailleurs dans la zone d’opérations de la Force opérationnelle interarmées Nord, il est nécessaire de déplacer du personnel, de l’équipement et des fournitures vers des endroits éloignés tout en faisant face à des conditions difficiles. Ceux-ci incluent, sans s’y limiter, le froid extrême, le manque d’infrastructures disponibles, les conditions météorologiques changeantes et les terrains dangereux », précise le Major Jason Rheubottom.

L’opération NANOOK-NUNALIVUT est l’une des quatre activités annuelles se déroulant du début du printemps à la fin de l’été, conçue pour mettre à l’épreuve la défense du Canada et pour protéger les régions septentrionales.

L’opération NANOOK-TATIGIIT est axée sur la coopération ; «tatigiit» signifiant «ensemble» en inuktitut.  

L’opération NANOOK-TUUGAALIK met en valeur les capacités de la Marine royale canadienne ; «tuugaalik», signifiant «narval» en inuktitut.

Enfin, l’opération NANOOK-NUNAKPUT intègre des partenaires du Nord dans une série d’activités de présence et de surveillance le long du passage du Nord-Ouest ; «nunakput» signifiant «l’eau à travers la terre», faisant référence au passage du Nord-Ouest.

Plus de 300 membres des FAC ainsi qu’une cinquantaine de membres des forces armées de l’Allemagne, de la Belgique, des États-Unis et de la France ont participé à l’exercice.

Crédit : Master Corporal Alana Morin, Joint Task Force - North, Yellowknife

Démontrer sa présence et la souveraineté du Canada

Durant l’opération, l’adjudant-chef Terence Wolaniuk s’est adressé à des militaires rassemblés au Centre de formation des Forces armées canadiennes dans l’Arctique (CFFACA) situé à Resolute Bay.

Il a entre autres déclaré que les menaces se situent sous la glace, sur la glace, au-dessus de la glace et dans l’espace en précisant que celles-ci sont présentes et qu’elles sont réelles. 

« La région se trouve actuellement à un point d’inflexion où le changement climatique, les intérêts économiques et la géopolitique suscitent de l’intérêt, de l’activité et de la compétition croissante », souligne le Major Jason Rheubottom.

Par exemple, les changements climatiques affectent les infrastructures et équipements de défense essentiels qui soutiennent la mobilité et les capacités d’intervention rapide des FAC.

Les conditions météorologiques extrêmes et les catastrophes naturelles imposent un stress supplémentaire aux FAC alors qu’elles sont davantage appelées à soutenir les autorités civiles dans les interventions d’urgence nationales et les opérations de recherche et de sauvetage.

Les changements dans l’environnement physique produisent aussi des effets sur l’environnement stratégique. Le Major Jason Rheubottom soulève qu’avec le déclin annuel de la glace de mer, la perception d’accès à l’Arctique attire de nouveaux acteurs dans la région et accroît la concurrence.

« Alors que les États arctiques et non arctiques cherchent à partager le potentiel de ressources naturelles et la position stratégique de la région, il devient de plus en plus important de maintenir la stabilité régionale et de promouvoir un ordre international fondé sur des règles », soutient-il.

Afin de répondre à ces menaces, une collaboration efficace entre tous les niveaux de gouvernement s’avère nécessaire, ce qui inclue les partenaires territoriaux et les communautés autochtones, ainsi qu’entre les Alliés.

Une présence et des capacités renforcées dans le Nord sont essentielles, selon lui.  

« À cette fin, l’opération NANOOK offre une occasion précieuse d’améliorer et d’élargir les capacités, l’empreinte et la préparation des FAC dans la région, d’affirmer la souveraineté du Canada dans l’Arctique et de développer des partenariats et une interopérabilité nationale et multinationale », conclut le Major Jason Rheubottom.