le Mercredi 29 mai 2024
le Mercredi 13 mars 2024 13:00 | mis à jour le 13 mars 2024 16:32 Arctique

La Transglobal Car Expedition de passage au Nunavut

  Crédit : Transglobal Car Expedition
Crédit : Transglobal Car Expedition
Partie de New York le 9 janvier dernier, la Transglobal Car Expedition a comme objectif d’effectuer le tour de la Terre en 17 mois afin d’atteindre les deux pôles, sans jamais emprunter de transports aériens. Il y a deux ans, lors de leur phase préparatoire, l’équipe avait fait les manchettes pour les mauvaises raisons après qu’un de leur véhicule ait sombré sous l’eau près de Taloyoak.

La Transglobal Car Expedition a comme objectif d’effectuer le tour de la Terre en 17 mois afin d’atteindre les deux pôles, sans jamais emprunter de transports aériens.

Crédit : Transglobal Car Expedition

Après trois ans de préparatifs, l’équipe de la TransGlobal Car Expedition a entamé officiellement ce qu’elle souhaite voir devenir une aventure qui passera à l’histoire.

Sur une distance totalisant plus de 50 000 kilomètres, les expéditeurs provenant du Canada, des États-Unis, de la Russie, de l’Ukraine, de l’Allemagne et de l’Islande traverseront plus de 30 pays au cours de leur périple.

Maintenant rendus à la phase 2 de leur mission, celle dédiée au passage dans l’Arctique, huit explorateurs doivent franchir 10 600 kilomètres sur une période de quatre mois.

L’itinéraire prévoit que la mission se dirigera ensuite en Europe de mai à septembre 2024 puis en Afrique, en Antarctique, en Amérique du Sud et en Amérique centrale.    

Lors de leur passage à Cambridge Bay, les membres de l’expédition se sont rendus au Centre pour personnes âgées où ils ont pu partager un repas, échanger avec les aînés et en apprendre davantage sur la culture inuit.

Crédit : Transglobal Car Expedition

Tisser des liens avec les communautés

L’itinéraire réalisé de Yellowknife à Resolute Bay a généralement été le même qu’il y a deux ans.

« Nous avons eu de la glace plus mince et de la glace plus rugueuse qu’en 2022, mais rien que nous n’ayons pas pu surmonter. Au total, l’itinéraire a pris environ deux jours de plus qu’en 2022 », indique le canadien Andrew Comrie-Picard, l’un des principaux membres de la Transglobal Car Expedition.

Le 23 mars 2022, sur le chemin du retour ralliant Resolute Bay à Cambridge Bay, l’équipe avait vu l’un de ses véhicules Ford F-150 modifié sombrer sous l’eau au nord-ouest de Taloyoak.

La principale différence par rapport à 2022 est que l’équipe utilise des véhicules amphibies pouvant se déplacer sur terre et sur l’eau.

« Cela permet d’éviter le problème que nous avons eu en 2022, mais en outre, nous avons des relations beaucoup plus profondes dans la communauté inuit avec des discussions en cours, et nous avons également de meilleures images satellitaires et radar que jamais. Nous utilisons activement la base de données sur les glaces siku.org », affirme Andrew Comrie-Picard.

Il y a deux ans, l’explorateur affirme que l’équipe n’avait aucune relation dans le Nord et ne savait pas qui appeler ni comment s’y prendre pour avoir des contacts.  

« C’est incroyable de voir comment il est possible d’établir des relations, mais vous devez être ici pour le faire », souligne-t-il.

Au total, la Transglobal Car Expedition aura passé environ un mois sur le territoire.

Lors de leur passage à Cambridge Bay, les membres de l’expédition se sont rendus au Centre pour personnes âgées où ils ont pu partager un repas, échanger avec les aînés et en apprendre davantage sur la culture inuit.

Ils ont aussi été invités à passer un moment avec l’aînée Bessie Omilgoetok et sa famille.

L’équipe a réalisé des présentations à la Kiilinik High School ainsi qu’à la Station canadienne de recherche dans l’Extrême-Arctique (SCREA).

Puis, la municipalité de Cambridge Bay et son maire Wayne Gregory ont organisé un défilé à travers les rues de la communauté.

Des activités semblables ont aussi eu lieu à Resolute Bay.

« C’est tellement important pour nous parce que nous savons que personne ne comprend et n’a une relation plus étroite avec la terre que les Inuit d’ici », déclare Andrew Comrie-Picard.

Crédit : Transglobal Car Expedition

Faire avancer la science

Au cours de leur aventure, l’équipe recueille des données pour plusieurs initiatives scientifiques.

La plupart des informations récoltées concernent l’épaisseur de la glace qui est mesurée à l’aide d’un dispositif électromagnétique qui détecte et enregistre constamment des données sur son passage.

Il s’agit d’une rare occasion de trianguler les données des satellites et des radars qui sont généralement moins fiables que la mesure au sol.

Une autre initiative consiste à recueillir des informations sur la pénétration et le flux des rayons cosmiques dans l’atmosphère en amassant des données qui n’ont jamais été collectées au nord du 82e degré de latitude nord.

Les rayons cosmiques sont connus pour avoir un effet sur la formation des nuages et une corrélation avec l’activité sismique, mais peu de données sont présentement disponibles sur ce mécanisme.

« Nous avons également une initiative intéressante de Citizens’ Science autour de la pollution lumineuse, mais ce n’est pas trop un problème dans le Nord ! », s’exclame enfin Andrew Comrie-Picard.