le Jeudi 23 mai 2024
le Mercredi 28 février 2024 13:00 Actualités

Un Festival du film de réputation mondiale s’arrête à Iqaluit

  Crédit : Festival du film de montagne de Banff
Crédit : Festival du film de montagne de Banff
Pour sa 48e édition, le Festival du film de montagne de Banff, qui met de l’avant tant l’aventure humaine que sportive, élargit sa tournée québécoise en offrant l’opportunité aux Iqalummiut d’assister à un événement unique le 9 mars prochain. La diffusion inclura la présentation du film A Baffin Vacation de Sarah McNair-Landry et Erik Boomer d’Iqaluit, qui seront au rendez-vous pour partager leur expérience avec la communauté.

Présenté pour la dernière fois en 2007 au Nunavut, le Festival du film de montagne de Banff se veut un événement à caractère compétitif pour lequel des réalisateurs de partout dans le monde peuvent soumettre leur film.

Cette année, près de 500 films ont été proposés, venant ainsi confirmer le statut de ce festival comme étant l’un des plus importants au monde.

Sur ces 500 propositions, 84 ont été retenus pour la sélection officielle qui s’est déroulée à Banff, puis neuf ont finalement été choisis pour la tournée.

La communauté d’Iqaluit est maintenant conviée à assister en grand nombre à cet événement qui pourrait se répéter dans le futur si la participation est jugée satisfaisante.

La montagne comme trame de fond

Stéphane Corbeil, producteur de la Tournée mondiale du Festival du film de montagne de Banff au Québec, sera présent à Iqaluit lors des deux représentations afin de mettre les films en contexte ainsi que pour partager diverses anecdotes.

Celui qui a l’habitude de questionner la foule sur leur nombre de participation au festival affirme qu’au moins 85 % de l’auditoire répondent en être minimalement à leur deuxième expérience, confirmant que les gens sont conquis et ravis.

« La matière première de ce festival-là tourne bien sûr toujours autour de la montagne, mais c’est assez large. On peut autant voir la culture de la montagne que des sports de la montagne », indique Stéphane Corbeil précisant que les sports motorisés ne font pas partie des films présentés.

Félicie Wingerter, gestionnaire de la programmation du Franco-Centre, est convaincue que ce genre d’événement rejoindra la communauté, d’autant plus que le film A Baffin Vacation, un film bien de chez nous, s’est retrouvé parmi la programmation officielle l’an dernier.

On y suit le couple formé de Sarah McNair-Landry et Erik Boomer dans une expédition de 45 jours sur l’île de Baffin à travers des moments d’expédition, d’escalade et de kayak en eau vive.

« Cette espèce de relation avec l’extérieur qu’on a au Nunavut, qu’on ressent justement dans le festival, c’est sûr que ça peut plaire aux gens d’Iqaluit », affirme Félicie Wingerter.

Les films présentés peuvent autant porter sur une expédition de plusieurs mois, que sur une sortie de sport extrême d’une fin de semaine.

Alors qu’à ses débuts, le festival était axé sur la haute montagne, les sujets traités se sont élargis au fil des ans.

L’escalade tant de glace que de rochers, le kayak d’eau vive, le vélo de montagne et le ski backcountry font partie des sports représentés.

« Moi, ce que j’essaie de faire quand je choisis les films, c’est toujours d’avoir un équilibre entre le récit humain, puis le récit sportif », précise le producteur. 

L’émotion, l’intensité, le courage, la détermination et le dépassement de soi y sont perceptibles.

Parmi les films à l’affiche, Canada Vertical suit l’expédition AKOR qui visait la traversée nord-sud du Canada.

Réalisée en 2021, l’expédition de 234 jours, dont 40 jours se sont passés sur le territoire, s’est déployée sur 7600 km en ski, en canot et en vélo.

Selon Stéphane Corbeil, l’expédition AKOR qui a mené à la création du film québécois Canada Vertical relève du triple exploit. En plus que l’expédition ait été une réussite, le film d’une durée de 35 minutes a été retenu dans la programmation officielle, puis finalement dans la tournée mondiale.

Pour ce film en particulier, il estime que les Iqalummiut vont particulièrement apprécier l’humilité des hommes et des femmes que l’on suit et qu’ils constateront que ces aventuriers ont apprécié leur parcours sur le territoire.

Canada Vertical suit l’expédition AKOR qui visait la traversée nord-sud du Canada.

Crédit : Festival du film de montagne de Banff

Soundscape suit Erik Weihenmayer, un alpiniste aventurier aveugle dans son ascension d’une imposante paroi rocheuse alpine au cœur de la Sierra Nevada.

Crédit : Festival du film de montagne de Banff

Le film Still Alive suit le grimpeur Klaas Willems atteint de fibrose kystique.

Crédit : Festival du film de montagne de Banff

Inspirer les gens

Vu le caractère compétitif du festival, l’adversité est également omniprésente, car elle permet de tirer son épingle du jeu pour ultimement, voir son film être retenu pour la tournée.

« C’est toujours très inspirant. Les films n’ont jamais rien de banal et je pense que ça incite les gens à se dépasser ou à peut-être essayer ou découvrir de nouvelles activités qui, peut-être, ils estimaient que ce n’était pas à leur portée », affirme Stéphane Corbeil. 

D’une durée de 14 minutes, le film Soundscape suit Erik Weihenmayer, un alpiniste aventurier aveugle dans son ascension d’une imposante paroi rocheuse alpine au cœur de la Sierra Nevada. 

Selon le producteur, la philosophie de vie qui se dégage de ses propos est autant applicable à un non-voyant qu’à n’importe quel individu alors que l’homme a décidé de se concentrer sur ses capacités.

Le film Still Alive durant lequel on peut voir un grimpeur atteint de fibrose kystique est tout aussi inspirant.

Alors que les médecins lui avaient donné une espérance de vie de 25 ans, Klaas Willems, maintenant âgé de 35 ans, poursuit sa passion de grimper malgré une capacité pulmonaire d’environ 50 %.

« Qu’on soit du Nunavut, ou qu’on soit du Québec ou qu’on soit d’Italie, je pense que c’est l’universalité des expériences et des émotions qui sont présentées dans les films qui vont nous toucher », conclut Stéphane Corbeil.

Les billets sont présentement en vente pour la représentation en anglais du 9 mars prochain à 13 h et celle en français, à 19 h.