le Jeudi 23 mai 2024
le Mercredi 28 février 2024 13:00 Actualités

Les résidents de Kivalliq invités à donner leur avis sur un projet routier d’envergure

  Crédit : Courtoisie GN
Crédit : Courtoisie GN
Au cours des dernières semaines, le gouvernement du Nunavut a réalisé des consultations communautaires dans le cadre de son étude pour une éventuelle route reliant cinq collectivités de la région de Kivalliq. Totalisant 725 kilomètres de passage, le projet vise la liaison entre Arviat, Whale Cove, Rankin Inlet, Chesterfield Inlet et Baker Lake.

Au cours des dernières semaines, le gouvernement du Nunavut a réalisé des consultations communautaires dans le cadre de son étude pour une éventuelle route reliant cinq collectivités de la région de Kivalliq.

Crédit : Matthew Bowler

Depuis les années 1980, les concepts routiers reliant la région de Kivalliq au Manitoba sont à l’étude.

Ces analyses antérieures ont examiné la possibilité d’une route reliant les collectivités de Kivalliq au reste du réseau de transport canadien en passant par le Manitoba.

Le plan actuellement étudié est quelque peu différent puisqu’il n’inclut aucun lien avec le Manitoba, mais bien une route qui s’étendrait entre Arviat, Whale Cove, Rankin Inlet et Chesterfield Inlet, le long de la côte ouest de la baie d’Hudson.

Ce qui constituerait le projet le plus important jamais entrepris au Nunavut comprendrait aussi une route desservant Baker Lake, situé à 320 km à l’intérieur des terres.

Rien de confirmé à ce stade

« Le corridor de la route a été élaboré en fonction du corridor d’infrastructure de 10 km inclus dans l’ébauche du Plan d’aménagement du territoire du Nunavut de 2023, qui à son tour est fondé sur des études antérieures et des ébauches antérieures du Plan d’aménagement du territoire. Le tracé se situe généralement dans le même corridor de 10 km de large que le projet hydroélectrique avancé par Nukik Corporation », explique Weichien Chan, gestionnaire des communications au ministère du Développement économique et des Transports du Nunavut.

Des alternatives ont aussi été identifiées pour l’accès à chaque collectivité.

Le tracé final à l’intérieur de ce corridor de 10 km tient compte de facteurs tels que le drainage, les changements de pente et d’altitude, les types de sol, le pergélisol, les traversées d’eau, la disponibilité de matériaux granulaires et les impacts potentiels au niveau de la faune.

Si le projet progresse, la conception finale réelle nécessitera un échantillonnage géotechnique beaucoup plus détaillé, des levés de terrain et des études sur la faune.

« Il est important de garder à l’esprit que la route n’en est actuellement qu’à sa phase d’étude et qu’elle n’est pas en cours de construction ou n’a pas été approuvée pour être construite », tient à préciser Weichien Chan.

Même si l’étude prévoit une route toutes saisons, le ministère s’attend à ce que la route, ou des segments de celle-ci, pourraient être fermées en raison de blizzards, du dégel printanier, de fortes pluies ou d’autres événements qui pourraient rendre les déplacements dangereux.

Il est également possible que des fermetures soient nécessaires pour protéger les activités de la faune.

« L’étude vise à déterminer les mesures qui devraient être prises pour mettre sur pied une division ayant l’expertise, les ressources et l’équipement nécessaires pour s’assurer que les routes peuvent être entretenues pour des opérations sécuritaires tout au long de l’année », affirme Weichien Chan.

Le ministère souhaite aussi quantifier les coûts de construction et d’exploitation.

La durée des travaux ne fait toutefois pas partie de la portée de l’étude.

Totalisant 725 kilomètres de passage, le projet vise la liaison entre Arviat, Whale Cove, Rankin Inlet, Chesterfield Inlet et Baker Lake. 

Crédit : Matthew Bowler

Des doutes demeurent…

L’étude recueille de l’information tant sur les avantages que sur les répercussions qu’une telle route pourrait avoir.

Selon l’avis du ministère, ce projet pourrait considérablement élargir les options pour les personnes et les marchandises qui se déplacent entre les communautés connectées.

« Certains voyages qui ne sont actuellement pas possibles en raison du coût ou de l’horaire des compagnies aériennes seront disponibles pour les voyages personnels, et les marchandises qui ne peuvent actuellement être transportées que par transport maritime pourront se déplacer entre les communautés par route », souligne Weichien Chan.

Le ministère souhaite maintenant recueillir des renseignements supplémentaires sur la façon dont la route pourrait potentiellement profiter au bien-être social et économique des collectivités.

Certains impacts négatifs potentiels ont aussi été identifiés.

Les coûts de construction et d’entretien, la mauvaise utilisation potentielle de la route, la poussière dans les zones proches de la route ainsi que les impacts potentiels que la route et l’augmentation de la circulation pourraient avoir sur les schémas de migration établis de la faune en font partie.  

Pour Donna Adams, résidente de Rankin Inlet, l’éventualité d’un tel projet lui rappelle de mauvais souvenirs, sans compter tout l’argent que le gouvernement devra y investir.

Vers les années 1990, alors qu’une route de glace reliait Rankin Inlet à Whale Cove, elle raconte qu’un citoyen en état d’ébriété y a fait un accident qui l’a rendu paraplégique.

Avec l’accès à l’alcool dans sa communauté, elle craint que l’histoire ne se répète.

Elle croit aussi que des jeunes pourraient tenter de rejoindre une autre communauté sans avoir de provisions ni l’équipement nécessaire.

La femme souligne néanmoins les opportunités d’emploi qui seraient créées.

Pour sa part, Reanna Johnston, également résidente de Rankin Inlet, se montre plus nuancée dans ses propos.

« Je ne suis pas contre. Je veux juste que les personnes impliquées dans le projet soient conscientes des problèmes qui pourraient survenir », exprime-t-elle.

IJL — Réseau.Presse — Le Nunavoix