le Jeudi 23 mai 2024
le Mercredi 28 février 2024 13:00 Actualités

Les Nunavummiut se montrent réticents au transport électrique

  Crédit : Pexels
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Lors de consultations communautaires, les Nunavummiut ont pu partager leur opinion concernant le passage à des modes de transport électriques sur le territoire. À la suite des commentaires reçus et des diverses discussions, le consensus des participants se veut défavorable.

La Green Resilience Project explore et agit sur les liens entre le changement climatique, la sécurité du revenu et la résilience dans les communautés à travers le Canada.

Une série de conversations communautaires organisée par la Green Resilience Project et gérée par Energy Mix Productions axées sur les transports et la transition du Canada vers des véhicules zéro émission ont présentement lieu à travers le pays.

L’organisation Amautiit Nunavut Inuit Women’s Association avait lancé une invitation par Zoom ou en présentiel pour que les Iqalummiut, peu importe le moyen de transport qu’ils utilisent, viennent en grand nombre s’exprimer sur le sujet.

Les Nunavummiut sont généralement d’avis que le transport électrique ne conviendrait pas à la réalité environnementale et économique du territoire.

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Peu réaliste pour le Nunavut

L’objectif de ces rencontres était de discuter des défis et des enjeux liés aux changements climatiques, ce qui comprend le domaine des transports. 

Plusieurs ont profité de l’occasion pour faire part de leur désaccord et de leurs inquiétudes.  

« La raison est qu’il n’est pas raisonnable d’utiliser des véhicules électriques lorsque l’électricité est produite par la production de diesel », indique Madeleine Redfern, présidente d’Amautiit Nunavut Inuit Women’s Association.

Elle estime qu’à moins d’avoir une énergie propre, abondante et abordable provenant de sources comme l’hydroélectricité, il est déraisonnable de présumer que les véhicules électriques sont une option au Nunavut.

Les Nunavummiut sont généralement d’avis que ce type de transport ne convient pas à la réalité environnementale et économique du territoire.

Pour appuyer ce propos, Madeleine Redfern souligne que certains consommateurs américains ont récemment appris à leurs dépens que, dans des températures froides, les batteries de véhicules électriques sont moins efficaces et présentent une durée d’autonomie plus courte.

Des membres de la communauté soulèvent aussi l’impossibilité de placer des bornes de recharge dans la toundra, rendant impossibles de longs déplacements sur le territoire.   

Au Groenland et dans certains pays nordiques, où l’énergie est abondante, les véhicules électriques sont pourtant utilisés à grande échelle. 

En Norvège, par exemple, 82,38 % des voitures neuves vendues en 2023 étaient électriques. Le gouvernement du pays s’est aussi donné comme cible d’entièrement décarboner le parc automobile norvégien d’ici 2025.  

Une nouveauté qui fait réagir

La motoneige électrique Ski-Doo Grand Touring a récemment fait son entrée sur le marché.

Le site Web de l’entreprise la qualifie comme étant « conçue pour de courtes visites guidées », avec une autonomie allant jusqu’à 50 kilomètres.

« Il y aurait beaucoup d’inquiétude et de peur de faire fonctionner la motoneige électrique à n’importe quelle distance de la communauté en raison des batteries qui ne fonctionnent pas bien dans des températures extrêmement froides et la nécessité d’apporter un générateur de carburant lourd pour charger votre motoneige électrique est tout simplement stupide », affirme Madeleine Redfern.

Selon elle, aucun résident n’achètera une motoneige électrique pour la même raison qu’il n’achète pas un véhicule électrique.

L’incapacité de réparer les véhicules électriques sur le territoire et la faible autonomie de ces moyens de transport ont été les principaux points à retenir à la suite des rencontres. 

« Nos résidents ont du mal à obtenir des réparations de véhicules existants avec seulement quelques garages. Certains garages ont fermé en raison de difficultés à obtenir des mécaniciens, principalement en raison du coût de la vie et du coût de faire des affaires », conclut Madeleine Redfern.

IJL — Réseau.Presse — Le Nunavoix