le Mercredi 29 mai 2024
le Mercredi 28 février 2024 13:00 Actualités

Des écrivains francophones du pays se regroupent

Réunissant une quarantaine de personnes, l’assemblée de fondation du Regroupement des écrivain-e-s du Nord et de l’Ouest canadiens (RÉNOC) s’est tenue le 10 février dernier. — Capture d’écran
Réunissant une quarantaine de personnes, l’assemblée de fondation du Regroupement des écrivain-e-s du Nord et de l’Ouest canadiens (RÉNOC) s’est tenue le 10 février dernier.
Capture d’écran
Réunissant une quarantaine de personnes, l’assemblée de fondation du Regroupement des écrivain-e-s du Nord et de l’Ouest canadiens (RÉNOC) s’est tenue le 10 février dernier. Représentant le résultat d’efforts soutenus, la création de ce groupe permet le rassemblement d’auteurs de la Colombie-Britannique, de l’Alberta, de la Saskatchewan, du Manitoba ainsi que des trois territoires.

Le RÉNOC se donne comme mission de briser l’isolement des écrivains, de créer plus d’opportunités de création et de formation en écriture ainsi que de former une structure officielle de représentation des professionnels en arts littéraires.

Comptant actuellement 220 membres, l’organisation se veut très ouverte au niveau de son membrariat.

Appuyés par Alain Jean, l’expert-conseil, le comité de mise en œuvre du Regroupement est formé des écrivains Bertrand Nayet du Manitoba, David Baudemont et Jean-Marie Michaud de la Saskatchewan, Lyne Gareau de la Colombie-Britannique, Yves Lafond et Sandra Saint-Laurent du Yukon ainsi que de Murielle Jassinthe du Nunavut.

Un engouement marqué

Le projet de la fondation du RÉNOC a débuté il y a quelques années au moment où une retraite d’écrivains de l’Ouest et du Nord canadiens, qui était organisée par le Conseil culturel fransaskois (CCF), était prévue en Saskatchewan en 2020.

« La pandémie a transformé ça en finalement, des rencontres sur Zoom qui se sont étalées sur un peu plus d’un mois en mars 2021 et qui ont montré qu’il y avait une énergie et une dynamique extraordinaires au niveau de tout l’Ouest et du Nord », explique David Beaudemont, membre du comité de formation du RÉNOC.

Ces rendez-vous virtuels ont réuni environ 180 participants autour de lectures, de rencontres, de débats et de discussions.

Selon David Beaudemont, ce haut taux de participation était en quelque sorte une surprise puisque tous ces gens ne se connaissaient pas à la base.

Cet engouement a abouti à la résolution de former le RÉNOC.  

Parmi les membres actuels, certains sont des écrivains établis, mais une grande majorité est constituée d’écrivains émergents. Certaines personnes sont plutôt à la recherche d’ateliers, d’autres sont plus orientées vers la transmission et l’émergence des arts littéraires.

L’un des premiers projets du RÉNOC à la suite de sa fondation et à la constitution de son conseil d’administration sera la tenue de sa Retraite de création en arts littéraires en juillet 2024 à l’abbaye St. Peter en Saskatchewan. Cet événement réunira 20 auteurs ainsi que trois formateurs en poésie, en récit et en roman.  

Pour le futur du RÉNOC, un plan sera réalisé sur une période de trois à cinq ans.

La recherche de financement sera bien sûr déterminante à la réalisation des divers projets. David Beaudemont estime néanmoins que le RÉNOC a de bons arguments pour convaincre les bailleurs de fonds, dont Patrimoine canadien.

« La défense du français, elle passe beaucoup par nous, par les écrivains, par les auteurs, par ceux qui sont encore des passionnés du livre et du texte », souligne-t-il.

Après la retraite littéraire, le RÉNOC souhaite réaliser des lectures en ligne et possiblement effectuer des visites dans les écoles.

« Il y a tout un volet qui est lié à la préservation et à, même plus, au développement du français et de la littérature », ajoute David Beaudemont.

Selon lui, des ateliers réalisés en classe peuvent être déterminants dans le parcours de certains jeunes.

Une invitation lancée par Murielle Jassinthe

Étant donné l’éloignement entre les provinces et territoires, le volet en ligne demeure nécessaire pour le RÉNOC.

Le désir de se rencontrer et de faire des choses ensemble est malgré tout bien présent, mais représente un défi concernant les fonds nécessaires pour y arriver.

« On s’est rendu compte, avec les rencontres de mars 2021, qu’on était extrêmement isolés et que pour un nouvel auteur, c’est très difficile de se retrouver face à lui-même. Des retraites, des contacts, des astuces, des ateliers, ça motive énormément. On a besoin de ça, nous autres, écrivains, même si on travaille en solitaire, on a vraiment besoin de nos pairs pour avancer », relate David Beaudemont.

Actuellement la seule membre écrivaine professionnelle du RÉNOC au Nunavut, Murielle Jassinthe estime que l’un des grands avantages du Regroupement est, effectivement, de briser son isolement.

Elle croit que d’autres Nunavummiut se joindront prochainement à elle au sein du groupe.

« C’est de participer à la vitalité de la culture franco-nunavoise. Peu importe où on est dans notre parcours au point de vue de l’écriture, les gens sont bienvenus à pouvoir participer aux activités ou recevoir les informations. Il va y avoir des ateliers, ils vont être les bienvenus aussi. C’est en forgeant qu’on devient forgerons », affirme Murielle Jassinthe. 

Elle voit dans le RÉNOC une opportunité de partage avec d’autres écrivains professionnels qui possèdent une expérience en écriture, dans le milieu de l’édition, dans l’implication communautaire ou dans les organisations littéraires.

Sa participation lui fournit aussi une occasion d’apprentissage aux contacts des autres membres.

Le 12 mars prochain, l’écrivaine fera la lecture d’un extrait de son poème « Mon corps pour tout royaume » publié dans le 11e numéro de la Revue À ciel ouvert, un magazine littéraire francophone diffusant des textes de l’Ouest et du Nord canadiens.

Ce poème avait été écrit pour le Mois de l’Histoire des Noirs et aborde la vie sur le territoire.

IJL — Réseau.Presse — Le Nunavoix