le Mercredi 29 mai 2024
le Mercredi 17 janvier 2024 13:00 | mis à jour le 23 février 2024 17:12 Local

Petit geste, grand impact !

Renaud Lagacé accompagné de sa mamie Lorraine qui ont participé à l'Alpha familiale. — Crédit : Marie-France Talbot
Renaud Lagacé accompagné de sa mamie Lorraine qui ont participé à l'Alpha familiale.
Crédit : Marie-France Talbot
Débuté en septembre 2022, le programme Familles engagées encourage les familles à s’impliquer activement dans leur communauté en choisissant des actions sociales, tout en favorisant le développement de compétences essentielles. À Iqaluit, il est possible de s’inscrire pour la nouvelle session qui débutera le 28 janvier et qui est ouverte aux enfants dès l’âge de 5 ans.

Auparavant nommé Alpha Familiale : Notre Avenir, le projet pilote pancanadien Familles engagées possède trois partenaires principaux, soit Pluri-Elles au Manitoba, Éducacentre en Colombie-Britannique et l’Équipe d’alphabétisation de la Nouvelle-Écosse.

Nicole Gagnon est la coordonnatrice du programme pour Pluri-Elles et est responsable de sa dispensation au Manitoba, au Nouveau-Brunswick et au Nunavut.

À ce jour, encore quelques provinces et territoires n’ont pas rejoint ce projet-pilote.

Les idées des enfants mises de l’avant

L’une des conséquences de la pandémie est que les gens sont demeurés à la maison en accordant une grande place aux écrans pour leurs échanges sociaux.

« On était rendu vraiment comme une société où on ne regardait pas qu’est-ce qui se passait nécessairement chez nos voisins », déclare d’entrée de jeu Nicole Gagnon.

Le programme, qui va bien au-delà de l’alphabétisation, se donne comme objectif d’éveiller les familles face aux problématiques présentes dans leur communauté en réfléchissant à des actions et des gestes qu’elles pourraient entreprendre pour réaliser un changement.

Il vise également à resserrer les liens familiaux, faire du réseautage et aider les nouveaux arrivants à connaître et à s’intégrer à leur communauté.

Six ateliers sont offerts, dont les quatre premiers servent à susciter une réflexion sur le projet à réaliser.

« C’est l’enfant qui va choisir quel projet qu’ils vont mettre en place et le parent est là pour guider et accompagner l’enfant », indique Nicole Gagnon.

Le cinquième atelier se déroule individuellement avec les familles et fournit des outils pour concrétiser l’idée retenue.

Enfin, la dernière rencontre se veut une célébration où tous les participants sont rassemblés pour parler de leurs réussites, de leur projet et de ce qu’ils ont aimé de l’expérience.

Une remise de certificat a aussi lieu.

L’implantation du projet dans la communauté se fait à la suite des ateliers et l’animatrice demeure toujours disponible pour accompagner les familles.

Collecter des fonds pour un refuge pour animaux par la vente de biscuits, faire du bénévolat dans une maison pour les personnes âgées, distribuer des articles aux sans-abris sont des exemples d’actions que Nicole Gagnon a vus naître au Manitoba.

Bien que le mot « projet » puisse faire peur, chaque petite action compte.

« Si on peut rejoindre les enfants quand ils sont jeunes, c’est ça qui va changer le futur », souligne la coordonnatrice.

Depuis sa mise en œuvre, le programme gagne en popularité.

Vers le mois de mars 2024, la décision de faire passer ou non ce projet-pilote vers un programme permanent sera prise.

Une nouvelle cohorte en janvier à Iqaluit

Accompagnée d’Anne-Claude Lafontaine, Marick Romedenne, formatrice au Centre de formation Qaujimaniq a animé jusqu’à présent les deux cohortes du programme qui se sont tenues à Iqaluit et qui regroupaient chacune trois familles.

Un travail de recrutement est réalisé en continu.

« Il ne faut pas voir le projet comme quelque chose qui est gros. C’est pas ça qu’on veut. On ne veut pas que les parents sentent qu’ils doivent s’engager dans quelque chose qui va être long et pénible. C’est plus une prise de conscience ; c’est de voir que les petits gestes qu’on fait déjà au quotidien, ça change la dimension de chacun », explique Marick Romedenne.

Une mère ayant participé au programme en 2023 a suggéré comme questionnement à son enfant « Qu’est-ce que tu peux faire tous les jours qui va donner un sourire à quelqu’un ? » ; une phrase que l’animatrice aime bien utiliser à son tour.

Le programme à Iqaluit a entre autres amené un enfant à aller faire du bénévolat à la friperie.

D’autres jeunes démontrant une grande sensibilité pour l’environnement ont eu des idées en lien avec le ramassage des déchets.

L’objectif étant d’éprouver du plaisir en famille, les ateliers sont ludiques et se composent de discussions, de jeux, de présentation de livres, de bricolage.

À travers leur parcours, les enfants prennent aussi conscience des gestes quotidiens qu’ils font déjà pour aider leur communauté.

En décembre dernier, une célébration a eu lieu pour souligner la fin de la deuxième cohorte.

Trente enfants représentant environ une quinzaine de familles étaient présents et quelques personnes ont démontré leur intérêt pour participer au prochain programme.

« C’est pour célébrer puis nous, ça nous permet aussi de faire la promotion à ce moment-là du projet, donc on l’a ouvert à la communauté », souligne Marick Romedenne.

 L’activité aura du même coup permis de faire connaître le Centre de formation Qaujimaniq à la population.

IJL – Réseau.Presse – Le Nunavoix