le Mercredi 29 mai 2024
le Mercredi 17 janvier 2024 13:00 | mis à jour le 28 février 2024 11:41 Francophonie

Palmarès 2023 des personnalités influentes de la francophonie canadienne : « Un impact concret, à leur mesure »

  Montage : Chantal Lalonde
Montage : Chantal Lalonde
Pour une neuvième année, Francopresse et le réseau de journaux membres de Réseau.Presse ont choisi dix personnalités qui ont influencé la francophonie canadienne au cours de l’année, et ce, au-delà de leurs tâches professionnelles. «les lauréats proviennent d’horizons divers, mais ont en commun d’avoir eu un impact concret et à leur mesure», constate le président d’honneur du Palmarès de 2023, Martin Normand.

Les dix lauréats de 2023 rejoignent ainsi la longue liste de quelque 80 artisans de la francophonie canadienne précédemment inscrits au palmarès annuel des dix personnalités influentes de la francophonie canadienne dressé par Francopresse.

« Les lauréats ont des parcours inspirants qui témoignent de l’ampleur des efforts et de l’engagement qu’ils consacrent à assurer la pérennité et le rayonnement des communautés francophones partout au pays », commente Martin Normand, directeur de la recherche stratégique et des relations internationales à l’Association des collèges et universités de la francophonie canadienne et président d’honneur du Palmarès Francopresse de 2023. Il a lui-même été lauréat au Palmarès de 2022.

Des membres de l’équipe de Francopresse et des représentants des journaux membres de Réseau.Presse ont déterminé qui s’inscrirait dans le Palmarès final, s’appuyant sur les candidatures soumises par les journaux membres de Réseau.Presse, de Saint-Jean de Terre-Neuve à Whitehorse.

Rose-Aimée Bélanger (Ontario)

Rose-Aimée Bélanger a passé les 50 dernières années à créer du beau. Chaque biographie qui circule rappelle que la sculptrice a renoué avec l’art à l’aube de la cinquantaine, après avoir élevé une famille nombreuse.

Son envolée tardive et sa discrétion n’ont cependant pas été un frein à une carrière internationale. De son studio lumineux d’Earlton, dans le Nord de l’Ontario, elle a créé des dizaines de femmes, ses « femmes rondes », qu’elle représente amoureuses, au repos ou à la cueillette de petits fruits, toujours dans des poses qui évoquent la douceur et la chaleur. Ses plus connues sont les « Chuchoteuses », trois femmes absorbées par leur conversation, installées sur un banc du Vieux-Montréal.

Rose-Aimée Bélanger a souligné son 100anniversaire de naissance en juillet en dévoilant une nouvelle œuvre dans une galerie de Banff, quelques mois avant de rendre son dernier souffle.

Luc Bussières (Ontario)       

Depuis 25 ans, Luc Bussières se consacre à la vitalité de l’éducation universitaire dans le Nord de l’Ontario. À titre de recteur de l’Université de Hearst, poste qu’il occupe depuis 2017, il a chapeauté l’indépendance de l’établissement et joue un rôle déterminant dans la réflexion – très active – sur l’avenir de l’éducation postsecondaire en Ontario français. Le legs de Luc Bussières s’étend au-delà de l’année qui s’achève ou de son mandat de recteur.

Toujours soucieux de la pérennité de l’offre universitaire à Hearst, Kapuskasing et Timmins, il a été l’un des maitres d’œuvre de la transformation de l’établissement en participant à la mise en place d’un modèle peu commun d’enseignement par bloc.

Trèva Cousineau (Ontario)

Trèva Cousineau est une figure de proue de la francophonie ontarienne. Aujourd’hui établie dans la région d’Ottawa, elle influence l’ensemble de la francophonie ontarienne et canadienne depuis 50 ans. Elle n’en est pas à un honneur près. En décembre 2023, elle a été l’une des sept personnes nommées membres honoraires du Centre de la francophonie des Amériques.

Dans les dernières années, elle a aussi été reçue à l’Ordre de la Pléiade et à l’Ordre de la francophonie des Amériques. Enseignante, diététiste et administratrice à la retraite, cette lève-tôt demeure fortement engagée dans son milieu.

À l’heure actuelle, Trèva Cousineau siège à plusieurs comités locaux, régionaux et nationaux; elle est notamment présidente du Conseil sur le vieillissement d’Ottawa.

Olivier Hussein (Nouveau-Brunswick)

L’engagement d’Olivier Hussein dépasse largement les frontières de Dieppe, où il habite. Arrivé au Canada comme réfugié en 2009, le Congolais d’origine milite depuis plusieurs années pour la diversité et l’inclusion. Ses causes? L’immigration francophone, l’intégration communautaire des immigrants et des réfugiés et l’engagement communautaire des jeunes, en particulier des jeunes racisés.

En 2023, il a pressé la Ville de Fredericton de renforcer les relations avec l’Afrique francophone afin de stimuler l’immigration. Il a aussi été nommé ambassadeur du Canada au Salon de la Diaspora africaine, une plateforme qui s’intéresse au développement de l’Afrique. Il y a présenté un atelier sur l’importance du bénévolat dans l’intégration professionnelle des jeunes de la diaspora.

Leslie Larbalestrier (Yukon)          

Dans le cadre de ses fonctions à la Garderie du petit cheval blanc de Whitehorse, Leslie Larbalestier a dû relever le défi du manque de personnel. Étant passée elle-même par le parcours de l’immigration, elle est en mesure d’appuyer, comprendre et épauler efficacement les nouveaux arrivants francophones qui s’installent au Yukon. Elle a développé une trousse d’accueil, participe activement à la recherche de logements et organise des activités sociales qui visent l’intégration des personnes immigrantes à la culture franco-yukonaise.

Elle-même originaire de la Belgique, elle s’assure que l’expérience d’immigration des autres soit la plus plaisante possible. Par son approche très humaine, elle a une incidence concrète sur les nouveaux arrivants et un effet majeur sur la francophonie de Whitehorse. En février 2023, elle a reçu le prix Connexion employeurs Réseau de Développement Économique et Employabilité du Canada (RDÉE) pour son engagement envers les personnes immigrantes au Yukon.

François Larocque (Ontario)

Avocat et professeur franco-ontarien, François Larocque participe activement à la recherche sur les enjeux linguistiques et à la défense des droits linguistiques de la minorité francophone au Canada. Titulaire de la Chaire de recherche sur la francophonie canadienne en droits et enjeux linguistiques, renouvelée en 2023, il agit aussi comme conseiller dans les grandes causes linguistiques et auprès du milieu associatif et communautaire. Il a notamment contribué à faire figurer les minorités linguistiques dans le projet de loi sur l’apprentissage et les services de garde (C-35) et s’est engagé dans la réforme de la Loi sur les services en français de l’Ontario et la Loi sur les langues officielles du Canada.

Jean-Marie Nadeau (Nouveau-Brunswick)

Jean-Marie Nadeau a joué un rôle capital dans le débat entourant le changement de nom de l’Université de Moncton. Tout a commencé par une lettre ouverte, publiée en février 2023, dans laquelle il revendiquait que l’Université de Moncton soit renommée «Université de l’Acadie»; Robert Monkton, qui a donné son nom à l’établissement, a été l’un des maitres d’œuvre de la déportation des Acadiens.

Militant de longue date, il a mobilisé l’Acadie et la francophonie canadienne et a provoqué un débat d’idées. L’établissement a rejeté le changement de nom en décembre, mais qu’à cela ne tienne : il demeure un co-porte-parole très actif et déterminé du Comité citoyen pour le changement de nom de l’Université de Moncton. Soulignons par ailleurs que Jean-Marie Nadeau a consacré sa vie à la cause acadienne et à la cause syndicale.

Alexis Normand (Saskatchewan)

L’année 2023 « est un beau cru » pour l’autrice-compositrice-interprète jazz-folk et réalisatrice fransaskoise Alexis Normand. Son documentaire « Assez French » a mis en lumière le lien entre sa famille exogame et le français et il a été sacré meilleur film franco-canadien aux Rendez-vous Québec Cinéma. Elle a été porte-parole des Rendez-vous de la Francophonie 2023, au cours desquels son documentaire a été projeté.

Toujours en 2023, elle a lancé son troisième album solo, « Mementos », un acte de validation de son identité linguistique dans le contexte anglodominant de la Saskatchewan. Elle a aussi mené une campagne dans les réseaux sociaux pour faire tomber les préjugés à l’égard des accents et lutter contre l’insécurité linguistique.

Natalie Robichaud (Nouvelle-Écosse)

Natalie Robichaud porte plusieurs chapeaux : elle est directrice générale de la Société acadienne de Clare, vice-présidente du comité organisateur du Congrès mondial acadien 2024, réalisatrice et étudiante à la maitrise. Le jury du Palmarès a remarqué son souci pour la préservation du patrimoine local et acadien.

À titre de directrice générale, par exemple, elle cherche depuis longtemps à comprendre, avec ses collègues, pourquoi au juste la Baie Sainte-Marie regorge de talents. En résultent plusieurs initiatives, comme la transcription et l’archivage de l’œuvre de musiciens.

Natalie Robichaud travaille aussi à la réalisation d’un documentaire sur l’histoire de la musique de Clare et le retour des contes dans la région. La première du documentaire, produit par l’Office national du film, est espérée pour l’été 2024, soit pendant le Congrès mondial acadien.

Marguerite Tölgyesi (Yukon)

Si l’engagement jeunesse avait un visage, il aurait celui de Marguerite Tölgyesi. Depuis 10 ans, elle s’investit dans la cause francophone et pour la jeunesse. Elle a entrepris son parcours bénévole au comité Jeunesse Franco-Yukon, dont elle a été présidente, avant de s’engager au sein de la Fédération de la jeunesse canadienne-française, d’abord à titre de vice-présidente puis de présidente.

En 2023, on a pu la voir sur plusieurs plateformes, portant une trentaine de cocardes, pour montrer l’étendue des possibilités inhérentes à l’engagement citoyen. À 25 ans, elle demeure engagée dans divers organismes. Elle a notamment voyagé en Tunisie pour l’Organisation internationale de la Francophonie. Marguerite Tölgyesi œuvre maintenant comme gestionnaire, Jeunesse pour l’Association franco-yukonaise.