le Mercredi 29 mai 2024
le Mercredi 20 décembre 2023 13:00 | mis à jour le 28 février 2024 15:20 Société

Certaines communautés du Nunavut « épargnées » par le manque de places en garderie

  Crédit : Aglaë Thibaudeau
Crédit : Aglaë Thibaudeau
C’est la conclusion que tire le ministère de l’Éducation du Nunavut selon des données mises à jour au 31 mars 2023. Alors que des centres de diverses communautés n’ont aucune liste d’attente pour obtenir une place dans un service de garde, Iqaluit est l’endroit au Nunavut où les parents doivent se faire les plus patients.

Au Nunavut, chaque garderie agréée gère sa propre liste d’attente et les parents sont libres de placer le nom de leur enfant sur plusieurs listes à la fois.

Cette année, 72 % des centres ont répondu à la demande du ministère de l’Éducation du Nunavut pour fournir des renseignements sur le niveau d’attente dans leur service de garde.

Ces données indiquent que les noms de 1420 jeunes Nunavummiut figurent sur cette liste, dont 189 pour la région du Kivalliq, 7 pour Kitikmeot, 52 pour Qikiqtani et 1172 pour Iqaluit.

Une offre de service insuffisante 

Le ministère de l’Éducation est responsable de délivrer les permis aux garderies.

En date du 30 novembre 2023, 1297 places en garderie agréées étaient disponibles à travers le Nunavut. Elles comprennent les espaces pour les nourrissons à temps plein, les enfants d’âge préscolaire à temps plein ainsi qu’à temps partiel et les places en parascolaire.

Les régions du Kivalliq, du Kitikmeot et du Qikiqtani, en excluant Iqaluit, offrent respectivement 262, 239 et 312 places.

À elle seule, la Ville d’Iqaluit dispose de 484 espaces sous licence.

Le manque de places en garderie n’est pas sans conséquence pour des familles du Nunavut pour qui l’un des deux parents est parfois contraint de demeurer à la maison.

« Il s’agit d’une réalité qui touche les familles partout au Canada, et le Nunavut travaille d’arrache-pied pour accroître la disponibilité des places en garderie agréée », affirme Kim Foster, directrice intérimaire de la mobilisation des intervenants au ministère de l’Éducation du Nunavut.

Elle ajoute que les préoccupations concernant la main-d’œuvre des éducatrices et éducateurs de la petite enfance touchent toutes les administrations canadiennes et que le ministère s’est engagé à trouver des solutions qui permettront d’améliorer la situation au Nunavut.

Que fait le ministère ?

Des augmentations salariales et des incitatifs supplémentaires font partie des mesures mises en place par le ministère pour tenter d’améliorer la situation.

Tout comme d’autres secteurs de travail au pays, celui de l’apprentissage et de la garde des jeunes enfants est confronté de façon chronique à des problèmes de dotation en personnel.

« Le gouvernement du Nunavut, qui est en mesure d’offrir des salaires plus élevés, des avantages sociaux et parfois des logements pour le personnel, est également confronté à un déficit de personnel année après année. Les garderies agréées sont en concurrence avec d’autres employeurs pour attirer et retenir du personnel dans toutes les collectivités du Nunavut », explique Kim Foster.

En 2021-2022, un supplément salarial de 4,50 $ l’heure a été offert à tout le personnel travaillant avec des enfants dans des garderies agréées à titre de mesure provisoire.

Cette mesure s’est poursuivie et a été complétée en 2022-2023 par des primes de rétention du personnel.

Puis, le complément salarial a été prolongé jusqu’au 30 septembre 2023 et a été remplacé par le Programme de l’échelle salariale le 1er octobre dernier.

Pour l’ensemble du Canada, ces échelles salariales permettent de s’assurer que les personnes qui travaillent dans le domaine de l’éducation et de la petite enfance sont adéquatement rémunérées.

« À ce jour, c’est l’échelle salariale du Nunavut qui paie les salaires de base les plus élevés, bien que l’échelle salariale du Nunavik comprenne des incitatifs supplémentaires pour lesquels nous n’avons actuellement pas le financement nécessaire pour les offrir, comme des avantages sociaux, un régime de retraite et deux incitatifs horaires de 7,50 $ l’heure », informe Kim Foster.

Le ministère de l’Éducation a aussi entamé le processus de création d’un nouveau poste spécialisé dans le développement de la main-d’œuvre pour le secteur de l’apprentissage et de la garde des jeunes enfants.

Financé par le gouvernement fédéral, ce nouveau poste servira entre autres à l’élaboration et à la mise en œuvre de campagnes de recrutement pour les éducatrices et éducateurs de la petite enfance.

Il permettra aussi d’aider les garderies agréées à adopter l’échelle salariale.

« Nous savons qu’un certain nombre de centres d’Iqaluit ne fonctionnent actuellement pas à pleine capacité en raison de problèmes de personnel. Nous prévoyons que l’échelle salariale contribuera à réduire le taux de roulement du personnel et à augmenter la capacité d’attirer du personnel dans le secteur et de le retenir », estime Kim Foster.

En vertu des ententes de financement fédérales actuelles pour l’apprentissage et la garde des jeunes enfants, le budget de l’année en cours prévoit 800 000 $ pour l’infrastructure, 2 936 000 $ pour la mise en œuvre de l’échelle salariale, 348 206 $ pour le perfectionnement professionnel de la main-d’œuvre et 500 000 $ pour l’augmentation de la certification dans le domaine.

IJL — Réseau.Presse — Le Nunavoix