le Mercredi 29 mai 2024
le Mercredi 6 décembre 2023 10:41 | mis à jour le 8 mars 2024 14:58 Actualités

Initier les jeunes aux métiers de la pêche pour en assurer l’avenir

Kaylee Akittirq vérifie la température de l'océan par un beau matin brumeux à Itivia (Igloolik) sous le regard de Lisa Siakuluk, membre de l'équipe, et de Marikah Sanguin, employée du projet. — Crédit : Ben Arnaqjuaq
Kaylee Akittirq vérifie la température de l'océan par un beau matin brumeux à Itivia (Igloolik) sous le regard de Lisa Siakuluk, membre de l'équipe, et de Marikah Sanguin, employée du projet.
Crédit : Ben Arnaqjuaq
Âgés de 15 à 18 ans, vingt-quatre jeunes de Sanirajak et d’Igloolik se sont mobilisés dans le cadre d’une initiative de sensibilisation de la Qikiqtaaluk Corporation Fisheries Division. En attirant l’attention des élèves au domaine de la pêche, l’organisation souhaite voir naître une nouvelle génération de scientifiques, de technologues et de gestionnaires des pêches inuit.

Hailey Qamaniq montre un échantillon d’eau qu’elle a prélevé dans les eaux d’Itivia, à environ 10 minutes de route du centre-ville d’Igloolik.

Crédit : Carolyn Awa

En 2021, la Division des pêches de la Qikiqtaaluk Corporation a lancé un projet de recherche de cinq ans visant à déterminer la viabilité d’une pêche côtière dans la région du Qikiqtani.

Dans le cadre de ces recherches, une initiative de sensibilisation des jeunes a été créée afin de donner aux élèves locaux des écoles participantes l’occasion de bénéficier des activités réalisées dans leur région.

L’initiative a d’abord été mise à l’essai à l’automne 2022 avec la participation de douze élèves de l’école Arnaqjuaq de Sanirajak et de douze autres fréquentant l’école secondaire Iglulik d’Igloolik.

Puis, à l’automne 2023, une nouvelle cohorte composée de douze élèves de chacune des mêmes écoles et communautés a débuté le programme.

Brenda Kammuka présente un échantillon d’eau prélevé dans l’océan à l’aide d’un sac Whirl-Pak. Trois échantillons d’ADNe seront prélevés sur cet échantillon d’eau.

Crédit : Antoinette Fekete

Des participants intéressés à la science

« Ce projet vise à donner aux jeunes inuit l’occasion d’acquérir des compétences et des connaissances pratiques qui les prépareront ou les attireront vers des études postsecondaires qui les qualifieraient pour un éventail de postes et de carrières techniques, scientifiques et de gestion dans leur industrie locale des pêches », résume Nikhil Malik au marketing et communications internes à la Qikiqtaaluk Corporation Fisheries Division.

L’organisation a fait appel à l’entreprise Coastlines Educational Consultants Inc. pour former le personnel et les enseignants du projet local des écoles participantes.

Une fois formées, ces personnes offrent elles-mêmes le programme aux élèves de la région.

Le choix des élèves participants revient à chacune des écoles qui choisissent, selon elle, les jeunes qui retireront le plus de bénéfices de ce programme.

« Ces étudiants sont choisis en fonction de leur intérêt exprimé pour les sciences ou pour la poursuite d’études postsecondaires, ainsi que de leur leadership ou de leur potentiel académique démontré », précise Nikhil Malik.

Le programme en cours a débuté avec deux jours de sensibilisation sur la plage en septembre dernier avec des scientifiques.

L’échantillonnage de l’ADNe a ensuite été réalisé entre le 19 septembre et le 16 octobre dans chacune des deux communautés.

Puis, en novembre, l’un des instructeurs a organisé des ateliers pour préparer les élèves qui assistent ces jours-ci à la réunion scientifique annuelle (ASM) d’ArcticNet 2023.

L’opportunité d’assister à ce qui constitue la plus grande conférence canadienne sur la recherche dans le Nord, qui se déroule du 4 au 7 décembre 2023 à Iqaluit, a été proposée à six étudiants d’Igloolik et de Sanirajak.

Les élus ont été choisis en fonction de leur intérêt démontré pour les sciences, de leurs études postsecondaires et de leur fiabilité, comme l’ont démontré leurs activités d’échantillonnage de l’ADNe.

Au cours des trois prochaines années, les activités du projet devraient élargir leur portée afin d’y inclure des programmes de stages et d’autres collectivités de la région.

Crédit : Antoinette Fekete

Des activités sur le terrain

Les participants au projet ont bénéficié d’expériences d’apprentissage pratiques dans le cadre de deux activités, soit l’échantillonnage de l’ADNe et l’observation en mer.

L’échantillonnage de l’ADNe représente une technique de pointe non invasive qui prend rapidement de l’ampleur dans le monde entier pour la surveillance de la biodiversité.

En partenariat avec eDNAtec et le Centre for Environmental Genomics Applications (CEGA), situé à St. John’s à Terre-Neuve-et-Labrador, les deux écoles participantes ont reçu suffisamment de fournitures pour recueillir des échantillons d’ADNe dans quatre à six sites le long du littoral de chaque communauté.

Une fois les échantillons prélevés, ils étaient envoyés au laboratoire du CEGA pour déterminer la présence d’espèces animales dans les eaux.

« S’il se poursuit au fil du temps, l’échantillonnage de l’ADNe dans la région du Qikiqtani nous permettra de suivre les changements de la biodiversité locale, y compris l’apparition ou la disparition d’espèces. En d’autres termes, les élèves contribuent à la recherche en sciences de la vie réelle qui peut être importante pour l’avenir de leur région », souligne Nikhil Malik.

Le projet permet aussi aux étudiants de monter à bord des navires de recherche de la Qikiqtaaluk Corporation.

Les scientifiques, les opérateurs de navires et les techniciens s’adressent ainsi directement aux étudiants et leur démontrent comment utiliser divers types d’équipement pour mener leurs recherches qui déterminent si une industrie de la pêche est viable dans la région.

Pour Nikhil Malik, l’idée n’est pas seulement d’informer les étudiants des activités qui se déroulent dans leur région, mais aussi de les encourager à se projeter dans l’avenir à opérer de tels navires ou à devenir des chercheurs.

Un atelier sur les drones, dirigé par des représentants d’Arctic UAV, a finalement été intégré au projet en 2023 et a permis aux étudiants d’en apprendre davantage sur cette technologie aérienne et sous-marine et d’en faire la manipulation.

IJL – Réseau.Presse – Le Nunavoix