le Mercredi 29 mai 2024
le Mercredi 6 décembre 2023 11:18 | mis à jour le 7 mars 2024 11:21 Société

Des mesures suffisantes pour contrer la pénurie de personnel en santé ?

Jason Rochon, président du Syndicat des employés du Nunavut, et P.J. Akeeagok, premier ministre du Nunavut, lors de la signature du protocole d’entente dont l’objectif est d’améliorer le recrutement et la rétention des professionnels de la santé. — Crédit : Bureau du premier ministre du Nunavut
Jason Rochon, président du Syndicat des employés du Nunavut, et P.J. Akeeagok, premier ministre du Nunavut, lors de la signature du protocole d’entente dont l’objectif est d’améliorer le recrutement et la rétention des professionnels de la santé.
Crédit : Bureau du premier ministre du Nunavut
Un protocole d’entente a récemment été signé entre le gouvernement du Nunavut et le Syndicat des employés du Nunavut dans l’objectif d’améliorer le recrutement et la rétention des professionnels de la santé. En date de septembre 2023, des données inquiétantes révèlent que 49 % des 400 postes concernés par cette entente étaient vacants.

Par la signature de ce protocole d’entente, le ministère de la Santé souhaite améliorer l’accès des Nunavummiut à des soins de santé de qualité en encourageant le recrutement et la rétention de professionnels de la santé hautement qualifiés et dévoués. 

Pour le Syndicat des employés du Nunavut (SEN), cette collaboration représente une avancée positive dans la résolution de la crise du personnel de santé sur le territoire.

Entrée en vigueur le 2 août 2023, les mesures annoncées sont effectives jusqu’au 1er août 2025.

De nouvelles primes

« Les Nunavummiut ont besoin et ont droit à une main-d’œuvre durable et qualifiée dans le domaine de la santé. Ces mesures contribuent à un accès rapide aux soins, à de meilleurs résultats en matière de santé, à la rentabilité du système de santé et à la satisfaction des patients », a déclaré par voie de communiqué John Main, ministre de la Santé du Nunavut.

Le SEN se dit toujours prêt à travailler avec le gouvernement du Nunavut sur des incitatifs, des primes et des compensations pour rendre le territoire compétitif par rapport aux autres administrations.

« Cette première étape pourrait être ce qui permet au Nunavut de recruter et de maintenir en poste des professionnels de la santé et de créer des soins de santé dotés d’un personnel approprié dans l’ensemble du territoire », déclare le Syndicat des employés du Nunavut.

Le protocole d’entente comporte des primes sur le salaire horaire qui priorisent à la fois les postes pour lesquels le recrutement est difficile, mais aussi les collectivités confrontées à une pénurie de personnel.

Les infirmières, les infirmières praticiennes, les superviseurs des programmes de santé et les infirmières en santé communautaire figurent en tête de liste des emplois les plus recherchés sur le territoire.

À celle-ci s’ajoutent le personnel de laboratoire et d’imagerie diagnostique, les infirmières de la santé publique, les sage-femmes, les infirmières psychiatriques et les consultants en santé mentale.

D’autres bonus sont prévus pour les professionnels en poste cumulant plusieurs années de service.

« Une prime de recrutement et de maintien en poste est un incitatif financier pour garder un employé clé dans le poste dans lequel il a été embauché, pour une période de temps spécifique », précise Zachary Cook, spécialiste en multimédia au ministère de la Santé du Nunavut.

Le protocole d’entente offre une structure de primes distribuée à des étapes précises de l’embauche telles que la date du début de l’emploi puis, à la suite de six mois, un an et deux ans de travail.

Une remise de prêt étudiant du Programme d’aide financière aux études du Nunavut (PAFÉN) pouvant aller jusqu’à 20 % fait aussi partie des mesures annoncées.

Jason Rochon, président du Syndicat des employés du Nunavut, et John Main, ministre de la Santé du Nunavut.

Crédit : Bureau du premier ministre du Nunavut

Des conditions de travail difficiles

Selon le Syndicat, le principal défi auquel sont confrontées les petites collectivités est de recruter et de maintenir en poste des infirmières.

Du côté des communautés ayant un centre de santé et/ou correctionnel, le problème de recrutement et de maintien en poste est constant autant pour les infirmières que pour d’autres professionnels de la santé.  

« Le manque de personnel a constamment entraîné du stress au travail. Les taux de roulement élevés ont rendu difficile le maintien de milieux de travail sains qui favorisent des résultats sains », estime le Syndicat.

L’organisation souhaite à présent que cet accord constitue la première étape du bon maintien des services, en particulier dans les communautés pour lesquelles le recrutement est particulièrement ardu.

« Cette entente permettra de s’assurer qu’une dotation en personnel et un maintien en poste adéquat atténueront la pression sur les travailleurs de la santé actuels et amélioreront l’accès aux soins de santé dans tout le Nunavut », a affirmé par voie de communiqué Jason Rochon, président du Syndicat des employés du Nunavut.

Le SEN souligne que les travailleurs de la santé ont toujours été là pour les Nunavummiut que ce soit en période de crise comme lors de la pandémie de la COVID-19, lors des épidémies de tuberculose ou tout simplement, pour la prestation des services de santé quotidiens.

À l’approche des Fêtes qui représente, avec les vacances d’été, la période la plus difficile pour la dotation en personnel, le ministère de la Santé informe que d’autres mesures sont en place afin de limiter les bris de services.

Parmi celles-ci, le programme « Fais-toi accompagner » vise à offrir le vol de retour à la personne qui accompagne un membre du personnel infirmier dans une communauté.

« Nous travaillons avec diligence pour réduire le nombre de fermetures dans les collectivités pendant la période des Fêtes. En cas de fermeture, des services d’urgence continuent d’être offerts en plus d’autres services essentiels comme les soins prénataux et les programmes de lutte contre la tuberculose », conclut Zachary Cook.

IJL – Réseau.Presse – Le Nunavoix