le Mercredi 29 mai 2024
le Mercredi 22 novembre 2023 12:33 | mis à jour le 7 mars 2024 12:36 Santé

Des soins en santé mentale culturellement adaptés au Nunavut

La nouvelle Loi sur la santé mentale du Nunavut se déploie graduellement et entrera pleinement en vigueur en 2024-2025. — Crédit : Priscilla du Preez – Pexels
La nouvelle Loi sur la santé mentale du Nunavut se déploie graduellement et entrera pleinement en vigueur en 2024-2025.
Crédit : Priscilla du Preez – Pexels
Ayant reçu la sanction royale en 2021, la nouvelle Loi sur la santé mentale du Nunavut se déploie graduellement et entrera pleinement en vigueur en 2024-2025. Cette loi présente d’importants changements alors que l’ancienne législation avait été reproduite à partir de celle des Territoires du Nord-Ouest et comporte des éléments datant des années 1960.

L’objectif de la nouvelle Loi sur la santé mentale du Nunavut est d’avoir un système de santé solide qui améliorera le bien-être mental des Nunavummiut et qui saura répondre aux besoins propres aux Inuit, tout en ciblant un petit segment de la population atteinte d’une maladie mentale grave nécessitant un traitement.

Alors qu’au fil des ans, des changements importants et positifs ont été réalisés dans la façon dont la santé mentale est perçue et traitée, la nouvelle loi modernisera les soins dans ce domaine.

Des modifications s’avéraient nécessaires pour régler certains problèmes et incohérences majeurs.

Une loi conçue pour les Nunavummiut

La nouvelle loi reflète les pratiques exemplaires, les réalités de la prestation de soins au Nunavut et ce que les Nunavummiut ont exprimé comme étant important dans le cadre de consultations auprès de la collectivité et des intervenants.

Les besoins, les réalités et les approches culturelles des Inuit en matière de guérison et de bien-être sont au cœur de la loi et reflète à présent l’Inuit Qaujimajatuqangit (IQ).

« Le nouveau système améliorera la façon dont les Nunavummiut interagissent avec les services de santé mentale avant, pendant et après les périodes de crise », résume Danarae Sommerville, gestionnaire intérimaire des communications au ministère de la Santé du Nunavut.

Des critères élargis pour l’admission involontaire, permettant aux professionnels de la santé d’intervenir plus tôt lorsqu’une personne atteinte d’une maladie mentale est susceptible de se détériorer, figurent parmi les modifications apportées à la loi.

Des services postvention, visant à réduire le risque de suicide et à promouvoir la guérison après un décès, en particulier auprès des personnes directement touchées par un suicide seront aussi offerts.

Grâce à une ordonnance de traitement assisté dans la collectivité, les Nunavummiut pourront, selon la nouvelle loi, recevoir des soins supervisés dans leur communauté plutôt que de rester à l’hôpital dans une autre province ou un autre territoire.

Enfin, parmi la liste des autres changements majeurs se retrouve l’amélioration des communications et de l’échange d’information entre les professionnels de la santé, les membres de la collectivité, les familles et les clients.

Les Nunavummiut invités à siéger sur le nouveau Conseil

Le ministère de la Santé est présentement à la recherche de personnes intéressées à siéger au nouveau Conseil de révision en santé mentale (CRSM).

Actuellement, le Nunavut est la seule administration canadienne qui n’a pas de commission pour demander d’interjeter appel d’une décision ou de faire examiner une admission involontaire.

Ces requêtes sont présentement soumises à la Cour de justice du Nunavut.

« La création d’un conseil est nécessaire environ un an avant l’entrée en vigueur complète de la loi, afin de s’assurer que le conseil est pleinement fonctionnel et prêt à examiner les demandes lorsque le reste de la loi entre en vigueur », précise Danarae Sommerville.

Le CSRM est un conseil quasi judiciaire et indépendant qui se penchera sur des questions telles que l’identité du tikkuaqtaujuq, qui est le représentant choisi du client ayant accès à des soins de santé mentale; l’exemption d’aviser le tikkuaqtaujuq d’une tentative de suicide; le consentement à des formes irréversibles de traitement; la capacité de consentir au traitement et l’examen des admissions involontaires à long terme.

Dans le Sud du pays, la formation de ce genre de comité comprend habituellement des avocats et des professionnels de la santé reflétant l’attente d’une prise de décisions techniques appropriées d’un point de vue juridique et médical.

En plus de cette expertise technique, le CSRM sera également culturellement approprié et sécuritaire.

Il sera composé de juristes et de professionnels de la santé incluant au moins trois psychiatres, d’un minimum de trois membres de la communauté et d’un minimum de trois conseillers culturels inuit.

Les conseillers culturels ne sont pas membres du Conseil en soi et agiront plutôt comme des experts en donnant leur avis dans les cas de demandes non urgentes.

« Le rôle des conseillers culturels inuit est de rencontrer et d’évaluer la personne visée par la demande ou l’examen et, si possible, de rencontrer également son tikkuaqtaujuq, de témoigner et de conseiller le groupe d’experts sur les valeurs sociétales inuit et les perspectives inuit qui sont pertinentes à la demande ou à l’examen », spécifie Danarae Sommerville.

Conformément à l’article 64 de la nouvelle Loi sur la santé mentale, la Nunavut Tunngavik inc. est responsable de la nomination des membres de la collectivité et des conseillers culturels inuit.

Le Conseil sera appelé à se réunir pour chaque cas et se réunira d’urgence au besoin.

IJL – Réseau.Presse – Le Nunavoix