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le Mercredi 8 novembre 2023 12:46 | mis à jour le 7 mars 2024 12:50 Local

Une suite dans les idées

Pour une deuxième année consécutive, Arthur s’est déplacé à St-Ours, au Québec, pour présenter son œuvre et la faire concourir lors du Salon du livre jeunesse qui en était à sa 15e édition cette année.  — Crédit : Marie-France Talbot
Pour une deuxième année consécutive, Arthur s’est déplacé à St-Ours, au Québec, pour présenter son œuvre et la faire concourir lors du Salon du livre jeunesse qui en était à sa 15e édition cette année.
Crédit : Marie-France Talbot
Quelque part à Iqaluit se cache un jeune auteur de fiction-jeunesse loin des clichés associés aux écrivains de romans fantastiques. Déjà à sa deuxième offrande, Arthur Lagacé, 14 ans, étonne par sa franchise en entrevue et la lucidité du regard qu’il porte envers son travail.

Le jeune homme est mature et avenant. Il ne se laisse pas prier pour partager ses défis et constats liés à la rédaction d’un roman complet à un âge où l’écriture d’un texte scolaire de 300 mots en rebute plusieurs.

Passionné, il n’en restera pas là. Son désir de conter des histoires et partager les fruits de son imagination, peu importe le medium, est le moteur qui l’aidera à atteindre son objectif : conteur, il sera!

C’est dans la 23e entrée de son premier roman-jeu de type « aventure dont vous êtes le héros » que l’on peut découvrir l’inspiration du second livre d’Arthur intitulé Au fond de l’arène.

Il explique : « J’avais cette case élaborée avec un menhir magique qui conduisait le gnome dans une arène où il affrontait 15 gladiateurs. Je me suis pris à imaginer un univers complet autour de cette case, comme une extension au livre. » Il ajoute : « Les deux livres n’ont rien à voir entre eux, le premier est ce que l’on appelle du high fantasy et le second, qui se déroule dans un monde similaire au nôtre dans l’Antiquité, en est un de low fantasy. »

La différence est notable, exit les arbres-épées, les anneaux magiques et les sorcières, on se retrouve maintenant dans un monde humain qui comporte sa propre géographie : « L’histoire se déroule dans un monde différent du nôtre, mais réaliste. Dans cet univers, c’est comme si l’Italie touchait l’Afrique. » Il n’y a pas de carte dans le livre, mais on devine bien le bassin méditerranéen.

Arthur précise : « Je n’ai pas fait de recherche. Puisque c’est du low fantasy, tu as toute la marge de manœuvre que tu veux. Ce n’est pas une fiction historique. En utilisant ma culture générale et mes lectures, j’ai pu laisser aller mes idées sans contraintes et soucis. »

Au fond de l’arène raconte les aventures d’un jeune garçon qui se fait prendre comme esclave en fuyant de son village attaqué par des soldats impitoyables. Il se développera auprès d’un entraîneur pour devenir un combattant redoutable et devra affronter complots, trahisons et gladiateurs pour s’affranchir et ramener la paix dans le royaume de son maître.

Crédit : Marie-France Talbot

Au fond de l’arène est l’épopée d’un jeune garçon qui se fait prendre comme esclave en fuyant de son village attaqué par des soldats impitoyables. Il se développera auprès d’un entraîneur pour devenir un combattant redoutable et devra affronter complots, trahisons et gladiateurs pour s’affranchir et ramener la paix dans le royaume de son maître.

Arthur, pour une deuxième année consécutive, s’est déplacé à St-Ours, au Québec, pour présenter son œuvre et la faire concourir lors du Salon du livre jeunesse qui en était à sa 15e édition cette année.

Soixante-douze autres jeunes entre 6 et 17 ans ont été sélectionnés avec lui sans catégorie autre que l’âge. « Les gagnants de cette année ont écrit un recueil de poésie sur les changements climatiques et une autobiographie sur un combat contre la leucémie, j’étais pas mal le seul dans mon type de fiction! », s’exclame le jeune auteur.

Gagner ou perdre semble bien loin des préoccupations de l’artisan en écriture qui se développe en lui. Il préfère continuer à s’améliorer, notamment en écoutant des tutoriels d’écrivains sur YouTube.

Il porte un regard critique honnête sur son travail : « Mes choix ne sont pas toujours optimaux, des paragraphes trop lourds, des combats trop rapides, je referais tout l’épilogue et j’enlèverais plusieurs noms au début du livre, c’est confus! »

Il regarde vers l’avant : « Quand c’est fait, je n’y touche plus… Sauf dans 15 ans peut-être! » Sûr de lui, il ajoute : « Mon prochain sera mieux, je travaille dessus à la manière d’un conte de fée, mais ça devrait dévier en high fantasy. »

Arthur met de plus en plus de temps pour écrire et peaufiner ses textes, mais espère terminer son prochain ouvrage d’ici février 2024 et le présenter l’an prochain à St-Ours.

D’ici là, il souhaite écouler les dernières copies de son roman qui a été tiré à 50 exemplaires. Un beau cadeau à offrir pour Noël qui s’en vient!