le Mercredi 29 mai 2024
le Mercredi 8 novembre 2023 13:59 | mis à jour le 8 mars 2024 14:20 Arctique

Biodiversité : le gouvernement fédéral et les gouvernements autochtones des Territoires du Nord-Ouest

Pour Danny Gaudet, du gouvernement des Déline Got’ine, la signature de cet accord-cadre constitue une étape majeure pour la gouvernance autochtone et la réconciliation. — Crédit : Instagram Jamie Stevenson
Pour Danny Gaudet, du gouvernement des Déline Got’ine, la signature de cet accord-cadre constitue une étape majeure pour la gouvernance autochtone et la réconciliation.
Crédit : Instagram Jamie Stevenson
Environnement et changement climatique Canada a annoncé un financement majeur à hauteur de 100 M$ pour des initiatives autochtones de protection de l’environnement aux TNO. Le cout total sur dix ans devrait s’élever à 500 M$.

Lors d’une conférence de presse le 13 octobre 2023, Steven Guilbeault, ministre de l’Environnement et du Changement climatique et ministre responsable de Parcs Canada, a déclaré que la signature de cet accord-cadre constitue un « accomplissement remarquable ».

Cet accord appelé Financement de projets pour la permanence des Territoires du Nord-Ouest (FPP) est en phase préliminaire mais devrait, à terme, permettre la création de nouvelles aires protégées et de conservation déterminées par les gouvernements autochtones, la création de 100 postes additionnels de gardiens du territoire et de poursuivre la recherche sur le changement climatique.

Des activités de surveillance et d’évaluation du climat par les communautés afin qu’elles s’adaptent aux changements climatiques et qu’elles soient préparées aux risques d’incendie, entre autres, sont aussi prises en compte dans cet accord.

Sans fournir de calendrier précis, Steven Guilbeault évoque tout de même l’objectif de doubler la superficie d’aires de conservation dans les TNO, ce qui représente au moins 2,5 % de l’objectif visant à protéger 30 % des terres et des eaux intérieures au pays d’ici 2030.

Des financements multiples

D’après Samuel Lafontaine, porte-parole à Environnement et Changement climatique Canada, un engagement initial minimum de 100 M$ a été pris par ce ministère mais le montant définitif de cette contribution sera déterminé lors de la négociation de l’accord final d’ici l’été 2024.

« Tous les fonds soutiendront les gouvernements autochtones partenaires dans les Territoires du Nord-Ouest et sont une combinaison de contributions gouvernementales et philanthropiques, les philanthropes apportant un minimum d’un dollar pour chaque quatre dollars d’investissement du gouvernement du Canada », a-t-il précisé dans un courriel.

L’institution caritative Pew Charitable Trusts, fondée en 1948 dont les bureaux se trouvent à Philadelphie et Washington, D.C. aux États-Unis, est l’un des contributeurs et représente l’ensemble les donateurs privés, y compris les organismes philanthropiques canadiens. Cette institution s’efforce de recueillir jusqu’à 100 M$.

« La signature de l’accord-cadre a constitué une étape intermédiaire vers la finalisation du FPP des Territoires du Nord-Ouest. Alors que nous nous dirigeons vers un accord final au cours des prochains mois, les partenaires continueront de travailler ensemble pour confirmer les ressources nécessaires pour soutenir les activités prévues (par cet accord) et obtenir des engagements de sources privées et publiques », a indiqué un porte-parole de l’organisme Pew Charitable Trusts.

Concrétiser la réconciliation par la conservation

Les gouvernements Tłı̨chǫ et Déline Got’ine, les Premières Nations Dehcho, le conseil tribal Gwich’in, l’alliance Métis North Slave et la nation Métis des TNO ont signé l’accord-cadre à Yellowknife le 13 octobre 2023.

À la suite de la dévastatrice saison des feux aux TNO, la signature de cet accord marque un jalon historique au Canada selon les leadeurs autochtones.

Pour Jackson Lafferty, Grand Chef du gouvernement Tłı̨chǫ, « le FPP des T. N.-O. renforcera la capacité des gouvernements autochtones à assurer l’intendance des terres de manière à protéger notre bienêtre et notre mode de vie, à rendre les communautés plus résilientes et à lutter contre les changements climatiques et la perte de biodiversité. »

Cet accord qui place sur un pied d’égalité le savoir ancestral et la science occidentale constitue un socle pour les cultures et les langues autochtones du territoire.

« Le soutien aux langues, aux cultures et aux modes de vie autochtones fait partie des retombées les plus importantes de cet accord, explique Danny Gaudet du gouvernement Déline Got’ine, (cet accord) permettra de faire progresser non seulement la conservation, mais aussi la réconciliation, dans le respect du savoir traditionnel et des processus décisionnels autochtones », poursuit-il.

En attribuant une place centrale au leadeurship autochtone, cet accord génèrera des avantages considérables, en contribuant notamment au bienêtre et au renforcement des capacités des communautés, à l’essor des programmes des gardiens, à la réconciliation et à la revitalisation culturelle. Pour le Grand Chef Jackson Lafferty, la signature de cet accord concrétise une véritable réconciliation.