le Mercredi 29 mai 2024
le Mercredi 25 octobre 2023 15:41 | mis à jour le 8 mars 2024 15:45 Communauté

Rendre la réparation de moteurs accessible à tous

  Crédit : Ilitaqsiniq
Crédit : Ilitaqsiniq
Une fois de plus cette année, Ilitaqsiniq offre un programme d’une durée de cinq jours axé sur la réparation de moteurs. Financée par la Kitikmeot Inuit Association, cette initiative est proposée pour 2023 dans quatre communautés de Kitikmeot, soit Kugluktuk, Cambridge Bay, Kugaaruk et Gjoa Haven.

Au cours du programme de réparation de moteurs, les participants développent leurs compétences en matière d’entretien, de dépannage et d’utilisation de manuels de réparation.

Chaque groupe est limité à huit participants et est ouvert à tous les genres ainsi qu’à tous les niveaux de compétence.

Pour fournir la formation, Ilitaqsiniq s’associe à une entreprise détenue et exploitée par des Inuit, JL Repair, qui offre l’enseignement en anglais et en inuktitut.

Au cours du programme de réparation de moteurs, les participants développent leurs compétences en matière d’entretien, de dépannage et d’utilisation de manuels de réparation.

Crédit : Ilitaqsiniq

De nombreux aspects abordés

Au cours de ce programme, les participants apprennent des compétences pratiques de dépannage qui peuvent servir tant sur les véhicules tout-terrain que sur les motoneiges.

En raison de la facilité du travail, de leur grande utilisation et de l’accessibilité des outils et des pièces, ce sont habituellement les motoneiges qui sont utilisées.

Des aspects théoriques sont enseignés tout au long des cinq jours tels que les éléments principaux des moteurs à essence, leur fonctionnement, les différentes composantes et la façon dont le tout agit ensemble pour que les moteurs fonctionnent. 

« Ceci est important, car si vous comprenez ce dont un moteur a besoin pour fonctionner, vous pouvez résoudre et identifier les problèmes lorsque le moteur ne fonctionne pas correctement ou ne fonctionne pas du tout », explique Jackson Lindell, instructeur du programme et propriétaire de JL Repair.

Tant les moteurs deux temps que quatre temps sont abordés.

Une attention particulière est apportée à la connaissance des outils et leur utilisation appropriée pour éviter tout dommage potentiel pour les outils et les pièces sur lesquelles le travail est effectué.

Jackson Lindell s’attarde aussi sur l’importance de bien planifier un projet pour assurer un résultat positif.

« Les projets réussis sont vraiment importants pour quelqu’un qui débute. Les débutants ont besoin de ressentir cette fierté dans un travail réussi pour les garder intéressés et les encourager à continuer à apprendre et à pratiquer la mécanique », indique-t-il.

Puis, la procédure de maintenance est vue, ce qui comprend le changement de l’huile à moteur et les filtres ainsi que l’ajustement des courroies.

La vérification des niveaux d’huile de la chaîne et la qualité de l’huile, la façon de retirer la suspension arrière et la vérification des roulements qui doivent être changés ainsi que les façons de le faire font également partie des enseignements.

« Fondamentalement, je veux que les gens comprennent à quel point il est important d’entretenir les machines et comment faire ces petites choses pourrait économiser beaucoup d’argent. En trouvant des problèmes potentiels avant que la pièce ne se brise, cela peut signifier des machines plus durables et économiser de l’argent et de la frustration sur toute la ligne », affirme Jackson Lindell.

Enfin, l’utilisation des manuels d’entretien comme outil d’apprentissage ultime est démontrée.

Ilitaqsiniq affirme qu’il y a beaucoup d’intérêt de la part des femmes pour tous leurs programmes et que ceci se reflète également dans les programmes de réparation de petits moteurs.

Une formation destinée seulement aux femmes a d’ailleurs eu lieu et une instructrice s’était jointe à Jackson Lindell pour l’occasion. 

Ilitaqsiniq offre des programmes qui travaillent spécifiquement à déstigmatiser les rôles traditionnels des sexes.

« Nous sommes très heureux de soutenir les femmes dans la réparation de petits moteurs et nous l’encourageons. C’est une compétence de survie au Nunavut et les femmes sont impatientes d’acquérir ces compétences. Nous continuerons d’appuyer et d’encourager l’autonomisation des Inuit dans l’ensemble et au sein de tous nos programmes », affirme Olivia Tagalik, directrice de projet pour Ilitaqsiniq.

Crédit : Ilitaqsiniq

Offrir des programmes adaptés à la culture inuit

La dispensation du cours concernant la réparation des moteurs permet à des résidents des communautés de faire réparer et entretenir leurs motoneiges gratuitement.

« Nous essayons habituellement de choisir des motoneiges qui appartiennent à des chasseurs de subsistance ou à des aînés qui n’ont peut-être pas les fonds nécessaires pour entretenir correctement leur équipement », souligne Jackson Lindell.

Il est d’avis qu’il est extrêmement important pour chaque collectivité d’avoir des personnes fiables qui peuvent réparer et entretenir les motoneiges, surtout dans les petites collectivités isolées.

« Les motoneiges sont le principal mode de transport pour la majorité des habitants des collectivités de l’Arctique et le renforcement de cette capacité est un grand avantage pour tout le monde », conclut-il.

Les programmes Inu-vative d’Ilitaqsiniq offrent des possibilités d’apprentissage holistique et pertinent pour les Inuit d’aujourd’hui.

Ils sont adaptés aux besoins de la communauté.

« Nos programmes appliquent les compétences traditionnelles à la vie contemporaine et donnent aux Inuit les moyens d’être des participants solides dans une société en évolution. La fierté de notre culture et de notre identité est un élément central des programmes Ilitaqsiniq », affirme Olivia Tagalik.

IJL – Réseau.Presse – Le Nunavoix