le Mercredi 29 mai 2024
le Mercredi 25 octobre 2023 16:04 | mis à jour le 8 mars 2024 16:10 Société

La violence fondée sur le sexe : un défi social enraciné

  Crédit : Femmes et Égalité des genres Canada
Crédit : Femmes et Égalité des genres Canada
Les gouvernements du Canada et du Nunavut ont signé deux accords bilatéraux pour mettre fin à la violence fondée sur le sexe le 29 septembre dernier. Des données révèlent que les Inuit du Nunavut sont victimes de crimes violents à un taux 12 à 13 fois plus élevé que les femmes des autres provinces et territoires du Canada.

L’honorable Marci Ien, ministre des Femmes et de l’Égalité des genres et de la Jeunesse (gauche), avec l’honorable Margaret Nakashuk, ministre responsable de la Condition féminine du Nunavut, ont signé deux accords bilatéraux pour mettre fin à la violence fondée sur le sexe.

Crédit : Femmes et Égalité des genres Canada

La violence fondée sur le sexe (VFS) représente encore de nos jours l’une des violations des droits de la personne les plus répandues, les plus mortelles et les plus profondément enracinées de notre époque.

Elle affecte les gens de tous les milieux, de tous les genres et de tous les âges. 

Le mois passé, un investissement historique s’élevant jusqu’à 16,4 millions $ sur quatre ans pour aider les victimes ainsi que les personnes survivantes de la violence fondée sur le sexe a été annoncé.

En 2019, les taux de violence entre partenaires intimes déclarés par les services de police ont montré que les femmes du Nunavut étaient près de sept fois plus susceptibles d’être victimes de violence entre partenaires intimes que les hommes.

Cette statistique démontre la plus grande différence signalée entre les provinces et les territoires du Canada.

Toujours en 2019, le Nunavut a déclaré les taux les plus élevés de violence familiale contre les enfants et les jeunes.

L’honorable Marci Ien, ministre des Femmes et de l’Égalité des genres et de la Jeunesse (centre), avec l’honorable Margaret Nakashuk, ministre responsable de la Condition féminine du Nunavut, et l’honorable John Main, ministre de la Santé pour le gouvernement de Nunavut.

Crédit : Femmes et Égalité des genres Canada

Une aide culturellement pertinente

Marci Ien, ministre des Femmes et de l’Égalité des genres et de la Jeunesse, Margaret Nakashuk, ministre responsable de la Condition féminine du Nunavut et John Main, ministre de la Santé du Nunavut étaient réunis le 29 septembre dernier pour annoncer ce financement historique.

La somme de 16,4 millions $ contribuera à appuyer la mise en œuvre du Plan d’action national pour mettre fin à la VFS au Nunavut.

Le rapport final de l’Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées a montré que ce type de violence est profondément enracinée dans le colonialisme et a créé un héritage de violence dans les foyers, les relations et les institutions.

Le gouvernement du Canada souhaite que les aides apportées soient solides, culturellement pertinentes et qu’elles répondent aux besoins des communautés autochtones.

Le financement permettra au gouvernement du Nunavut de travailler à créer et à améliorer les programmes et les mesures de soutien destinés aux personnes survivantes de VFS ainsi qu’à leurs familles.

« Les fonds du Plan d’action national pour mettre fin à la violence fondée sur le sexe aideront le gouvernement du Nunavut à comprendre et à traiter les causes profondes de la violence fondée sur le sexe sur notre territoire, en renforçant la sensibilisation et les programmes de prévention de la violence », a déclaré par voie de communiqué Margaret Nakashuk, ministre responsable de la Condition féminine du Nunavut 

« Les fonds permettront également au Conseil Qulliit de la condition féminine du Nunavut de se concentrer sur la sensibilisation à la violence fondée sur le sexe, notamment sur les raisons pour lesquelles elle est néfaste, sur ce que les membres de la communauté peuvent faire et comment s’y opposer », a-t-elle ajouté.

Cela sera accompli grâce à des campagnes de sensibilisation, des ateliers et un échange de connaissances visant à comprendre les causes profondes, les signes avant-coureurs, les répercussions et les moyens de prévenir la VFS.

Pour combattre la VFS, la coordination et la collaboration des gouvernements fédéraux, provinciaux et territoriaux demeurent essentielles.

De l’aide au bout du fil

500 000 dollars sont aussi octroyés par le gouvernement du Canada pour renforcir les lignes d’assistance téléphonique en cas de crise sur le territoire.

L’objectif est d’aider à offrir des services, des ressources et des mesures de soutien plus solides.

Des fonds seront consacrés à la formation supplémentaire pour aider le personnel de la ligne d’assistance téléphonique à répondre aux appels des personnes victimes de violence fondée sur le sexe et de celles qui ont besoin de techniques d’intervention en cas de crise, de premiers soins en santé mentale, de désescalade et d’écoute active.

« Ce financement servira également à mettre en œuvre des rôles de supervision afin d’embaucher et de former des personnes qui répondent aux appels. Les superviseurs appuieraient également les discussions sur les appels, en plus de tenir un compte rendu et de fournir un soutien émotionnel après les appels, au besoin », spécifie Danarae Sommerville, gestionnaire intérimaire des communications au ministère de la Santé du Nunavut.

Selon John Main, la mise en place d’une ligne d’assistance téléphonique en cas de crise est une étape essentielle pour apporter un soutien immédiat aux personnes qui en ont besoin.

Durant la pandémie, les organismes qui exploitent des lignes d’assistance téléphonique en cas de crise au Nunavut ont signalé une hausse des appels.

IJL – Réseau.Presse – Le Nunavoix