le Mercredi 29 mai 2024
le Mercredi 27 septembre 2023 16:44 | mis à jour le 21 mars 2024 16:47 Francophonie

Un grand pas pour l’offre de services de formation en français au Nunavut

Marie-France Talbot, gestionnaire, lors de la consultation communautaire organisée en avril dernier pour le démarrage du Centre de formation Qaujimaniq.
Marie-France Talbot, gestionnaire, lors de la consultation communautaire organisée en avril dernier pour le démarrage du Centre de formation Qaujimaniq.
Ayant comme objectif premier d’offrir de la formation pour les adultes francophones et francophiles du Nunavut, les activités du Centre de formation Qaujimaniq sont bien entamées. En augmentant leurs compétences et leurs connaissances par le biais des différentes offres de service, les francophones pourront s’épanouir tant au niveau professionnel que personnel.

Il faut remonter vers 2018-2019 pour comprendre comment est né le Centre de formation Qaujimaniq, terme qui signifie « savoir » en inuktitut.

À l’époque, Mélanie Joly, qui était alors ministre du Tourisme, des Langues officielles et de la Francophonie, a mis en lumière une lacune importante selon laquelle il n’y avait aucune étude postsecondaire offerte en français au Nunavut et dans la province de Terre-Neuve-et-Labrador (TNL).

Afin de vérifier s’il y avait de l’intérêt pour ce type de service dans la communauté, une étude de marché a été demandée auprès de l’Association des francophones du Nunavut (AFN) ainsi qu’à l’organisation équivalente de TNL.

Avec une réponse forte positive, un plan d’affaires a été lancé et des fonds ont été obtenus par le Réseau des cégeps et des collèges francophones du Canada (RCCFC).

Puis, en novembre 2022, Marie-France Talbot est entrée en fonction comme gestionnaire du Centre de formation Qaujimaniq. Elle a pu débuter le démarchage et les rencontres avec les partenaires pour cerner les besoins de la communauté.

Le premier atelier communautaire du Centre de formation avait comme thème le cannage de compote de pommes. C’est Christine Bérubé qui l’a mené.

Crédit : Courtoisie

Une vision juste des besoins

Un plus récent sondage mené auprès de la communauté a démontré que l’intérêt pour le centre s’était accru comparativement aux données initiales de 2018-2019. 

Par exemple, 84 % des répondants ont affirmé être intéressés par de la formation continue dans un but de développement professionnel et 70 % ont démontré de l’intérêt pour de la formation linguistique en français, en anglais ou en inuktitut.

Presque la totalité des répondants, soit 95 %, s’est montrée intéressée à participer à des ateliers communautaires

À la fin avril 2023, une consultation communautaire qui avait comme objectif que le démarrage du centre soit aligné avec les besoins et les aspirations de la communauté franco-nunavoise a été réalisée.

Les participants ont entre autres soulevés qu’ils souhaitaient avoir la possibilité de faire une éducation complète sur le territoire, obtenir des formations adaptées aux réalités du Nunavut et utiliser l’expertise locale.

« Dans l’immédiat, [le Centre] est capable d’offrir des cours de langue, un petit peu de formation continue professionnelle, de l’alphabétisation aussi en français ; de la mathématique, de l’informatique de base : on est capable de l’offrir. On n’a pas tout l’éventail en partant, mais on propose quand même, je pense, une très belle offre pour une première année », indique Marie-France Talbot.

La possibilité de participer à des formations en ligne, qui s’est accrue durant la pandémie, fait en sorte d’accroître l’offre de services. La plateforme canadienne de formation à distance permet de réaliser des apprentissages de façon autonome.

Marick Romedenne, formatrice au Centre de formation Qaujimaniq y contribue en facilitant et en soutenant les apprenants dans leur parcours.

Composé de quatre associations francophones, un comité directeur a été créé afin de soutenir le centre dans la gestion de sa mise sur pied.

Il s’agit de l’AFN, le Carrefour Nunavut, le Réseau de santé en français au Nunavut (RÉSEFAN) et la Commission scolaire francophone du Nunavut (CSFN).

Étant sur le terrain, ces organisations sont à même de cerner les besoins de la communauté et la façon de faire pour les combler. Avoir plusieurs partenaires contribue à offrir des formations solides, selon Marie-France Talbot.

Par exemple, dans le cas des cours de français, une collaboration a été réalisée avec le Collège Nordique francophone aux Territoires du Nord-Ouest concernant le plan de cours et en soutien au niveau académique.

Les cours, qui commenceront au début octobre, se dérouleront au Collège de l’Arctique du Nunavut et seront dispensés par Marick Romedenne.

Ils comprendront des notions applicables au quotidien et relatives au contexte nordique.

Encore plus à venir…

Ayant débuté le 17 septembre dernier, Marick Romedenne coanime le projet-pilote pancanadien « Alpha familiale : Notre avenir! », qui comprend une série de six ateliers parents-enfants.

« L’objectif, c’est de permettre aux jeunes de créer un projet et de s’investir dans leur communauté. Puis vraiment l’idée, c’est de soutenir les parents pour aider leur jeune à créer un projet communautaire ou citoyen dans la communauté », résume-t-elle.

Deux autres sessions seront offertes à la suite du programme actuel et une formation au sujet des compétences fortes sera aussi à l’horaire prochainement.

Mettant de l’avant le partage des connaissances de membres de la communauté, les ateliers communautaires ont débuté le 10 septembre dernier avec comme thème le cannage de compote de pommes.

S’en suivra le 4 octobre, un atelier au sujet de l’investissement chez les femmes et le 21 octobre, sur la fabrication de savon.

Dans l’avenir, Marie-France Talbot espère être en mesure d’offrir une formation créditée postsecondaire en français.

« On travaille là-dessus. Ça prend du temps mettre les partenariats en place, ça va devoir se faire par le biais de partenariats étant donné la grosseur de la clientèle potentielle. On ne peut pas faire cavalier seul là-dessus, mais ça, ça fait partie des choses qui s’en viennent », conclut la gestionnaire qui désire aussi répondre de son mieux aux demandes spécifiques d’ateliers ou de formations.