le Jeudi 23 mai 2024
le Mercredi 27 septembre 2023 16:35 | mis à jour le 21 mars 2024 16:43 Francophonie

Des réalisations remarquables, des défis surmontés et des liens renforcés : un bilan positif pour l’AFN

  Crédit : Vincent Desrosiers - VDOpro
Crédit : Vincent Desrosiers - VDOpro
Une brève panne de courant à Iqaluit n’aura pas eu raison de la présentation de l’Assemblée générale annuelle de l’Association des francophones du Nunavut le 16 septembre dernier. La dernière année de l’organisation a principalement été marquée par des avancées politiques, la mise sur pied du Centre de formation Qaujimaniq et les rénovations du Franco-Centre.

L’année 2022-2023 a été une fois de plus chargée pour l’Association des francophones du Nunavut (AFN).

L’Entente de collaboration avec le secteur communautaire, le Canada en fête, les Rencontres culturelles, les Rendez-vous de la francophonie, Le Nunavoix, l’Initiative de journalisme local, CFRT 107.3 FM et le Comité jeunesse franco-nunavois ne sont que quelques exemples des projets qui ont eu lieu au cours de l’année.

L’AFN poursuit son engagement à fournir constamment des services et des communications en français.

Pour 2022-2023, ce travail se traduit entre autres par 3706 mentions « J’aime » sur Facebook, 400 personnes inscrites à l’infolettre et plus de 1000 visites au total sur les sites Internet de l’AFN et de la radio CFRT.

Les membres du conseil d’administration de l’AFN. De gauche à droite : François Ouellette, Cheick Cissé, Christian Ouaka (directeur général), Marc-Antoine Guay, Safiatou Traoré, David Abernethy et Goump Djalogue (président).

Crédit : Vincent Desrosiers - VDOpro

D’importantes avancées

Au niveau du mandat de défense et de représentation des droits des Franco-Nunavummiut, la présence politique de l’AFN s’est accrue au niveau territorial et national, ce qui représente un gain important.

« On a eu plusieurs occasions de rencontrer des élus et de faire valoir nos points pour avoir des changements positifs », explique Christian Ouaka, directeur général de l’AFN.

De grands pas ont aussi été réalisés avec la révision de la Loi sur les langues officielles (LLO) fédérales.

Ces progrès concrets et ces changements positifs auront « un impact durable sur notre communauté » aux dires de Goump Djalogue, président de l’AFN.

La mise sur pied du Centre de formation Qaujimaniq offrant des formations et des ateliers aux francophones et francophiles du territoire pour élargir leurs horizons professionnels et personnels représente aussi un grand accomplissement pour l’organisation.

Au cours de la dernière année, les Iqalummiut ont pu constater le chantier majeur entourant les rénovations du Franco-Centre, qui a rouvert ses portes en avril dernier.

La gestion de ces travaux a bien sûr été l’un des dossiers importants.

Bien que cela ait mené à une perturbation de la programmation culturelle, ce sont 45 artistes et professionnels des arts de la scène et une trentaine d’événements qui ont eu lieu dans les espaces rénovés.   

« Malgré les retards, on est très content et je dirais que, quelque part, ça a valu les retards parce qu’on a été chercher des fonds qui ont permis de faire des améliorations assez intéressantes », précise Christian Ouaka.

Avec certaines lacunes qui demeurent malgré le succès des rénovations, l’organisation milite toujours pour avoir un nouveau bâtiment.

Le travail entourant la construction d’une Maison de la Francophonie se poursuit. En 2022-2023, l’AFN a reçu un financement de 74 000 $ pour mener une deuxième étude de faisabilité à ce sujet.  

Le travail à venir

Christian Ouaka a profité de l’Assemblée pour présenter les recommandations de l’AFN en lien avec la révision de la LLO au Nunavut, à la suite de l’appel du président du Comité permanent de la législature de l’Assemblée législative du Nunavut, Joe Savikataaq, en février 2023.

Ces recommandations incluent trois éléments sur lesquels l’organisation ne peut transiger.

Le premier est la création du cadre législatif permettant la signature d’une entente AFN-Nunavut pour la mise en place d’un guichet unique pour les services en français permettant d’offrir des services et communications francophones au nom du gouvernement du Nunavut.

L’AFN demande aussi la révision et l’intégration systématiques de clauses linguistiques dans les ententes Canada-Nunavut et les services gouvernementaux du gouvernement du Nunavut.

Enfin, l’organisation souhaite l’adoption de règlements découlant de la LLO pour assurer un meilleur suivi de son application.

Outre le côté politique, l’AFN veut renforcer en 2023-2024 le développement de la communauté et l’offre de services en français.

Une nouveauté à souligner est l’embauche d’un gestionnaire des politiques publiques qui se joindra à l’équipe.

Une étude sera aussi réalisée pour l’intégration définitive du Théâtre Uiviit dont les activités sont maintenant gérées par l’équipe de l’AFN et incluses dans sa programmation.

Le directeur général souhaite prioritairement stabiliser les acquis de l’organisation tout en poursuivant le développement, et ce sans jamais retourner en arrière.

Malgré la présence de défis, Christian Ouaka aborde la nouvelle année avec beaucoup de positivité et en continuant de garder l’espoir et l’esprit ouvert pour affronter les différents obstacles.

Être bien entouré

L’AGA a permis l’élection de trois postes d’administrateurs pour un mandat de deux ans, soit François Ouellette, Cheick Cissé et David Abernethy.

Marc-Antoine Guay a accepté le rôle pour une durée d’un an, prenant ainsi la relève de Nadine Petkneu.

« Je suis honoré de pouvoir servir la communauté francophone du Nunavut qui m’a si bien accueilli lorsque je suis arrivé l’année dernière. Mon implication auprès de l’AFN a été motivée par mon désir de contribuer à la promotion du français au Nunavut », affirme-t-il.

Christian Ouaka a tenu à souligner l’importance du travail d’équipe.

Dans le passé, il révèle avoir eu d’excellents administrateurs qui comprennent sa vision, son style de gestion et ses aspirations.

« Avoir des administrateurs comme ça permet de faciliter beaucoup de choses, de se sentir appuyé pour aller de l’avant. Parce que si ce n’était pas le cas, je ne pense pas qu’on aurait atteint ce niveau-là. Je me sens épaulé et entouré », conclut Christian Ouaka.

Du même coup, il relève la contribution des employés de l’AFN qui comprennent cette vision et qui se mettent au travail pour la réaliser.