le Jeudi 23 mai 2024
le Vendredi 22 septembre 2023 12:38 | mis à jour le 22 mars 2024 12:51 Communauté

Une aventure plus grande que nature

  Crédit : Désir de Découvrir
Crédit : Désir de Découvrir
En provenance de diverses communautés du territoire, treize jeunes Inuit âgés de 15 à 17 ans ont récemment vécu une expédition de canot-camping avec l’entreprise Désir de Découvrir. Pendant 12 jours, le lac Kipawa, dans la région du Témiscamingue au Québec, a permis aux adolescents de se dépasser tout en acquérant de nouvelles compétences.

Les différentes façons de faire des Nunavummiut et des Québécois dans la nature auront donné lieu à de riches échanges entre les deux cultures.

Crédit : Désir de découvrir

L’été 2023 marquait la troisième saison d’opération de l’entreprise Désir de Découvrir.

En fondant leur compagnie, les copropriétaires Jessica Zajko et Keva Bunge souhaitaient amener les gens à se découvrir et à découvrir leur propre potentiel en offrant de longues expéditions de canot-camping

Plus spécifiquement, elles ciblaient une clientèle composée de femmes et de jeunes.

Les valeurs prioritaires véhiculées par les entrepreneures sont la valorisation, la découverte et le dépassement de soi.

Les treize jeunes Nunavummiut qui ont participé à l’expédition au cours de l’été étaient séparés en deux groupes, soit l’un de filles et l’autre de garçons, encadrés par des adultes accompagnateurs. 

Les 13 jeunes inuit ont passé deux semaines en canot-camping au Lac Kipawa, dans la région du Témiscamingue au Québec.

Crédit : Désir de Découvrir
Crédit : Désir de Découvrir

Renforcer la confiance en soi

Le fait de partir plusieurs jours en expédition permet de découvrir nos forces et nos faiblesses.

« Il y a comme cet aspect-là un petit peu spécial dans l’expédition dans le fait de déconnecter complètement en nature qui nous permet de se recentrer un petit peu sur qui on est puis de sortir de notre zone de confort », souligne Jessica Zajko, copropriétaire de Désir de Découvrir et coordonnatrice de l’expédition vécue par les jeunes Inuit.

Alors que l’aventure durait près de deux semaines, les participants ont dû vivre loin de chez soi une semaine supplémentaire en raison du temps de déplacement nécessaire pour se rendre à destination.

L’expérience a été rendue possible avec le financement de la Fondation Ayalik.

Cette organisation a fait le lien avec les différents jeunes d’un peu partout au Nunavut qui présentaient de l’intérêt et un bon profil pour participer à cette expédition.

« De nombreux jeunes Inuit ont un énorme potentiel et n’ont besoin que des moyens et des possibilités de grandir et de développer leur confiance en soi pour voir une autre partie du monde et se rendre compte qu’eux aussi y ont leur place », déclarent conjointement David et Laurie Pelly, cofondateurs de la fondation Ayalik.

Cette fondation se donne comme objectif de renforcer l’estime et la confiance en soi des jeunes, pour leur permettre d’atteindre leurs objectifs comme par exemple, de retourner ou de demeurer à l’école, d’obtenir un emploi ou de développer d’autres compétences pour leur réussite future.

Dans le cadre de cette expédition, la fondation a engagé Désir de Découvrir en tant que pourvoyeurs en plus de financer les voyages des jeunes.

Puis, une équipe de direction, qui comprenait un leadeur expérimenté dans le travail avec les jeunes et un travailleur en santé mentale, a été fournie.

Depuis 2015, le Fonds Ayalik a aidé près de 200 jeunes Inuit à participer à des programmes pour renforcer leur confiance en soi.

Bien que les jeunes Inuit aient l’habitude de vivre sur le territoire, ces journées de canot-camping leur ont fait vivre de nouvelles aventures.

Les adolescents ont entre autres mentionné leur surprise face à l’abondance des arbres, la chaleur, la température de l’eau et la forte présence d’insectes.

« Ils n’avaient vraiment pas l’habitude de faire du canot-camping comme on a fait avec eux, mais ils avaient plein de compétences, comme pour la pêche », souligne Keva Bunge copropriétaire de Désir de Découvrir et instructrice du groupe des filles lors de l’expédition.

Le trajet en canot sélectionné a permis un bon mélange entre les journées passées au campement et celles sur l’eau.

Crédit : Désir de Découvrir

Une aventure plus grande que nature

Les différentes façons de faire des Nunavummiut et des Québécois dans la nature auront donné lieu à de riches échanges entre les deux cultures.

Les Inuit ont entre autres partagé leur façon de s’alimenter, leur langue et leur culture.

Se sentant parfois loin de leur famille, les jeunes se soutenaient mutuellement et racontaient des histoires familiales.

Ces moments un peu plus difficiles leur ont fait prendre conscience qu’ils se sentaient bien au Nunavut avec leur famille et leur mode de vie.

« C’est vraiment des jeunes avec des cœurs tellement immenses. Chaque jour, on a eu tellement de rires. Ils ont un bon sens de l’humour », raconte Keva Bunge.

La chimie et la cohésion se sont rapidement installées dans les deux groupes.

Le fait de partir loin et de créer une bulle étanche fait en sorte qu’ils ne peuvent compter que sur eux et les autres participants pour vivre l’expérience.

« Ça fait en sorte que ça crée une chimie plus rapidement, et, des fois, tu te retrouves à être super proche de ces gens-là puis à te confier sur des choses plus personnelles alors qu’il y a des gens dans la vie de tous les jours avec qui tu n’irais jamais là », déclare Jessica Zajko.

De retour à la maison, les jeunes aventuriers rapportent dans leur bagage des acquis qui leur seront utiles tout au long de leur vie concernant la façon de prendre soin de leur santé mentale et physique ainsi que celle d’aider son prochain.