le Mercredi 29 mai 2024
le Mercredi 13 septembre 2023 13:49 | mis à jour le 22 mars 2024 13:54 Arctique

La Conférence jeunesse responsable sur les changements climatiques se déroule en effectif réduit

Sept des huit participant·es qui ont pu assister au sommet sont réunis pour suivre un atelier sur le changement climatique.  — Crédit : Courtoisie Ecology North
Sept des huit participant·es qui ont pu assister au sommet sont réunis pour suivre un atelier sur le changement climatique.
Crédit : Courtoisie Ecology North
Malgré les feux et les évacuations, une dizaine de jeunes adultes se sont réunis à Cambridge Bay au Nunavut pour discuter des changements climatiques et de leurs rôles dans les communautés du Nord.

Bien qu’affectée par les feux de forêt et les évacuations du sud des Territoires du Nord-Ouest, la Conférence jeunesse responsable sur les changements climatiques de 2023 s’est déroulée telle que planifiée par l’organisation Ecology North. Seuls huit des 28 jeunes inscrits ont cependant pu assister à la totalité de l’évènement qui se déroulait à Cambridge Bay, au Nunavut, du 17 au 22 aout 2023.

« L’état d’urgence dans les TNO, dans le Nord et dans tout le Canada, était au premier plan des préoccupations de chacun », explique Brandon Pludwinski, chargé de projet en éducation à l’environnement pour Ecology North et responsable de l’évènement.

Il ajoute que, « bien que le sommet ait été plus petit que prévu, il s’est déroulé comme nous l’espérions. »

La conférence, organisée pour permettre à la jeunesse des trois territoires de se former et de s’exprimer sur les sujets liés aux changements climatiques, a été conçue cette année grâce à un conseil consultatif de dix jeunes, qui ont participé à l’élaboration du programme.

À l’agenda, détaille Pludwinski, « des apprentissages sur les changements locaux avec des ainé·es de Cambridge Bay, des discussions sur l’écoanxiété, le rôle de l’état capitaliste colonial, des sorties sur le territoire, et des rencontres avec la communauté de Cambridge Bay et avec des scientifiques qui travaillent sur le Nord. »

Une occasion pour se lier et avancer ensemble

Dans ces conditions difficiles pour les populations du nord du Canada – rappelons que les régions arctiques et subarctiques voient leur climat se réchauffer beaucoup plus rapidement que le reste de la planète, « la réunion a conservé un ton plutôt optimiste et encourageant », selon Pludwinski.

Plutôt que de se concentrer uniquement sur les causes et les décisions qui ont mené à la situation actuelle, il explique que le groupe a tenu à orienter ses discussions sur « les opportunités et les voies qui s’ouvrent ».

La première chose à faire, ajoute Pudwinski, « consiste à appeler l’évacuation à cause des feux de forêt pour ce qu’elle est : une crise climatique ».

Une première étape – nommer le problème, qui permet d’identifier et peut-être de limiter la montée de l’anxiété climatique, un phénomène qui touche aujourd’hui plus d’un·e jeune adulte sur deux au Canada, d’après une étude publiée cet hiver dans The Journal of Climate Change and Health.

D’après les organisateurs, les conversations sur le sujet ont pu aider les jeunes, en leur montrant que « même si ce n’est pas toujours l’impression qu’ils en ont, il existe un vaste réseau de personnes concernées à travers le Nord qui poussent et luttent contre les effets des changements environnementaux et climatiques ».

Un constat important au regard de l’intensité des feux de forêt de cet été 2023, qui bien qu’exceptionnels ne sont qu’un seul aspect des changements vécus par les populations nordiques : la fonte de la banquise, la hausse de la température des océans, l’érosion côtière, les changements de répartitions et de trajectoires des espèces migratoires, les sècheresses, ou encore les évènements météo extrêmes comme les inondations, sont des problèmes récurrents et visibles dans le quotidien des populations dans le Nord.

« Le changement climatique fait peur, explique Brandon Pludwinski. Aborder ces sentiments, les confronter et les partager avec d’autres a permis aux participants de se rassembler autour de leurs préoccupations et de leurs frustrations tout en leur offrant de l’espoir sous la forme d’une connexion sachant que d’autres ressentent la même chose. »

Une expérience qui a permis aux jeunes participants d’accroitre leur leadeurship et leurs connaissances du territoire, de gagner en motivation pour changer certains de leurs modes de consommation et s’engager dans une communauté de jeunes leadeurs pour le climat.

« Prioriser les initiatives communautaires qui fonctionnent en dehors des systèmes structurels et sociaux injustes qui contribuent négativement aux changements climatiques et environnementaux », c’est ce que ces jeunes leadeurs ont décidé de penser et de développer à l’avenir, conclut Brandon Pludwinski.

« Nous quittons tou·te·s le rassemblement inspiré·es, plein·es d’espoir, et plus optimiste quant à notre futur. »