le Mercredi 29 mai 2024
le Mercredi 30 août 2023 12:01 | mis à jour le 25 mars 2024 12:06 Arctique

Une Station de recherche dans l’Extrême-Arctique devient l’installation canadienne la plus au nord à obtenir une certification visant la carboneutralité

Gérée par l’agence Savoir Polaire Canada depuis juin 2023, l’obtention de la certification LEED est présentée comme un exploit sans précédent. — Crédit : Janice Lang
Gérée par l’agence Savoir Polaire Canada depuis juin 2023, l’obtention de la certification LEED est présentée comme un exploit sans précédent.
Crédit : Janice Lang
Le 13 juin 2023, la Station canadienne de recherche dans l’Extrême-Arctique (SCREA) à Cambridge Bay, au Nunavut, est devenue l’installation canadienne la plus au nord à obtenir la certification « Leadership in Energy and Environmental Design » (LEED) de niveau argent. Gérée par l’agence Savoir Polaire Canada depuis juin 2023, l’obtention de cette certification est présentée comme un exploit sans précédent.

« L’obtention de la certification LEED Argent pour la Station canadienne de recherche dans l’Extrême-Arctique est une réalisation impressionnante. Grâce à leurs efforts inspirés, collaboratifs et soutenus, les nombreux partenaires qui ont conçu et construit la SCREA ont franchi une étape importante sur la voie d’un avenir plus propre et plus vert pour l’Arctique », a déclaré L’honorable Dan Vandal, ministre des Affaires du Nord.

Pour Jennifer C. Hubbard, présidente et directrice générale de Savoir Polaire Canada depuis décembre 2020, la conception et la construction de cette structure remarquable reflètent une volonté de l’organisme de proposer des « solutions durables en matière d’énergie, de technologie et d’infrastructure pour les conditions environnementales, sociales et culturelles particulières du Nord ».

Un exemple pour les infrastructures de recherche dans l’Arctique

La station qui regroupe plusieurs bâtiments a été conçue et construite dans le but d’obtenir cette certification. D’une superficie totale de 9735 mètres² dont le bâtiment de recherche principale d’une superficie de près de 5000 mètres, la sélection des matériaux a été cruciale lors de la phase de conception des infrastructures.

Pour Asha St-Hilaire, responsable des communications à Savoir polaire Canada, la réflexion, en amont et pendant le projet « s’est portée sur la sélection des bons matériaux et l’attention portée sur les détails, comme l’utilisation d’un éclairage LED et de toilettes à faible débit, pour atteindre cet objectif. La certification LEED d’argent est toujours un très gros exploit pour n’importe quel bâtiment, mais surtout dans l’Arctique », précise-t-elle.

La SCREA a obtenu une certification de niveau argent (50-59 points cumulés) qui reflète l’adoption de stratégies de bâtiment durable dans plusieurs catégories tel que le traitement du carbone, de l’énergie, de l’eau, des déchets, du transport, des matériaux, de la santé et de la qualité de l’environnement intérieur.

Selon Mark Hutchinson, vice-président des programmes du bâtiment durable et de l’innovation au Conseil du bâtiment durable du Canada, cette station de recherche fait office de plaque tournante de classe mondiale pour la science et la technologie dans le Nord canadien.

« S’il y a une leçon à retenir de ce projet, c’est que la certification LEED n’est pas exclusive à un type de bâtiment ou à certaines zones climatiques ou régions. Les chemins et les échéances sont différents, pourvu que la motivation soit là. Chaque projet a ses propres opportunités et contraintes, mais avec le bon accompagnement et des outils adaptés, n’importe quel projet peut améliorer sa performance et réduire son impact sur l’environnement qui l’entoure, et cela est d’autant plus important dans un territoire aussi fragile que le Nord canadien. Nous espérons voir plus de projets suivre les pas de la SCREA », pense-t-il.

Il n’y a, à l’heure actuelle, que deux infrastructures ayant reçu cette certification dans le territoire du Nunavut.

Une infrastructure ancrée dans son milieu

La conception de la station de recherche a été inspirée par plusieurs éléments issus de la culture inuit. Le dôme intérieur du bâtiment principal reflète par exemple l’ingéniosité architecturale de l’iglou. La couleur cuivrée des espaces publics fait référence à l’utilisation du cuivre local par les Inuit de la région de Cambridge Bay, qui s’en servaient autrefois pour fabriquer des couteaux et des pointes de harpon.

Le Centre de partage du savoir, qui se trouve au rez-de-chaussée du bâtiment, permet aux scientifiques et aux Inuit de se réunir, de discuter et de partager leurs connaissances respectives dans un espace circulaire qui rappelle l’intérieur d’un iglou. La SCREA célèbre, autant dans son mode de fonctionnement que dans son architecture, l’importance des connaissances autochtones traditionnelles dans l’avancement de la recherche dans l’Arctique.

Depuis 2018, malgré les restrictions de voyage en vigueur lors de la pandémie de COVID, la SCREA a accueilli plus de 2 000 visiteurs. Alors que 90 % de ces visiteurs sont des scientifiques, des intervenants externes et des employés des gouvernements fédéral et territorial ont aussi bénéficié des infrastructures, principalement les hébergements et les salles de réunion accessibles sur place.