le Mercredi 29 mai 2024
le Mercredi 30 août 2023 14:05 | mis à jour le 22 mars 2024 14:09 Francophonie

Quand l’art et l’identité francophone se rencontrent

  Crédit : Courtoisie Nadin Petnkeu
Crédit : Courtoisie Nadin Petnkeu
En juillet dernier, Inez Canil d’Iqaluit s’est rendue à Victoria pour participer aux Jeux franco-canadiens du Nord et de l’Ouest en arts visuels. En plus de s’adonner à sa passion, la jeune fille, qui en était à sa première expérience, a multiplié les rencontres lors de l’événement qui vise à renforcer l’identité culturelle et à promouvoir la diversité des compétences de la jeunesse franco-canadienne.

Inez s’est bien amusée lors de ses premiers Jeux franco-canadiens du Nord et de l’Ouest.

Crédit : Courtoisie Katherine Canil

Cet été, les Jeux franco-canadiens du Nord et de l’Ouest (JFCNO) ont rassemblé 200 jeunes d’expression française âgés de 14 à 18 ans résidant dans les provinces du Nord et de l’Ouest canadien.

L’Alberta, la Colombie-Britannique, la Saskatchewan, le Manitoba, le Yukon et le Nunavut sont les six délégations qui ont participé à l’événement.

Lors de ce grand rassemblement, un total de 12 disciplines classées en trois profils, soit « artistique », « engagé » et « sportif », sont au programme.

Ce sont des jeux collaboratifs où l’entraide occupe une grande place alors que les équipes sont mélangées et composées de jeunes de différentes délégations.

En plus d’être présent les uns pour les autres, les participants doivent prendre leur place, adopter une posture de leadership au sein du groupe et oser en termes de créativité.

Une participante bien encadrée

Âgée de 16 ans, Inez Canil se passionne pour les arts visuels et plus particulièrement, pour la peinture.

Cet intérêt l’a mené à vivre l’expérience unique des JFCNO où elle a pu concourir avec 15 autres artistes. À la maison, Inez passe beaucoup de son temps à créer.

D’aussi loin qu’elle se souvienne, elle porte un fort intérêt pour les arts visuels.  

« Ça me permet de m’exprimer. Aussi, ça me permet de passer le temps et de m’amuser », souligne-t-elle.

Lors de sa participation aux Jeux, la jeune fille a pu visiter la ville de Victoria, mais aussi acquérir de nouvelles compétences.

« On a passé une journée avec un artiste qui venait de l’extérieur et on a fait des œuvres d’art avec des matériaux dehors, dans la nature », explique la jeune fille.

En soirée, il y avait toujours un spectacle ou une activité récréative qui permettait aux jeunes de socialiser entre eux.

Agissant à titre de Cheffe de délégation du Nunavut lors de l’événement, Nadine Petnkeu a servi de guide et d’accompagnatrice à Inez.

Elle faisait partie des 50 accompagnateurs lors de ces cinq jours de compétitions et de festivités.

« Mon rôle était de préparer Inez à la compétition, répondre à toutes ses questions concernant les jeux, s’assurer de son intégration et de son bien-être pendant les jeux et même après… Bref s’assurer qu’elle vit une expérience mémorable au sein de la francophonie nunavoise », résume Nadine Petnkeu.

Grâce à son expérience et son implication auprès des jeunes, elle a aidé à la mise sur pied du Comité jeunesse et continue de s’impliquer bénévolement sur tous les dossiers jeunesse dans la communauté et en particulier, auprès de l’Association des francophones du Nunavut (AFN).

 Inez ne garde que de bons souvenirs des Jeux, qui lui ont permis de forger de nouvelles amitiés.

« J’ai beaucoup aimé rencontrer de nouvelles personnes qui viennent du Canada et des jeunes artistes de mon âge », souligne-t-elle.

Crédit : Courtoisie Nadine Petkneu
Crédit : Courtoisie Katherine Canil

Construire son identité francophone

Les JFCNO représentent un moment de construction identitaire pour des jeunes vivant en situation minoritaire.

Inez a apprécié être entourée de francophones le temps de cette expérience. Elle explique que cela lui a donné la chance de s’exercer en français.

De son côté, Nadine Petnkeu s’est sentie très honorée d’avoir accompagné l’une des jeunes de la communauté dans ses premiers jeux de la francophonie.

« C’est une expérience qui a non seulement aidé Inez à construire son identité francophone, mais aussi la mienne. C’était très émotif la dernière journée de vivre la séparation entre les différentes délégations », se souvient-elle. 

Elle demeure touchée par les paroles de la jeune participante alors qu’elle disait souhaiter participer de nouveau à de tels jeux, car cela lui avait permis de parler en français.

Inez aimerait aussi organiser un événement semblable au Nunavut et s’impliquer auprès de l’AFN.

Les prochains JFCNO se dérouleront en 2025.